Accès au contenu
Innov’Action

Réintroduire des ovins sur les plateaux de Bourgogne

L’après-midi Innov’action du 13 novembre dernier a réuni 90 personnes venues échanger sur l’installation de troupeau ovin en système céréalier.
Par Orianne Mouton
Réintroduire des ovins sur les plateaux de Bourgogne
Une après-midi d’échanges sur la complémentarité ovins-grandes cultures à Cruzy-le-Chatel.
L’EARL des Herbues à Cruzy-le-Chatel était une exploitation de grandes cultures jusqu’à l’arrivée de Romain Bonenfant, qui a ajouté un atelier d’élevage ovin comptant aujourd’hui 450 brebis. Pâturage des couverts, apport de fumier, diversification des revenus, allongement de la rotation, l’équilibre est trouvé dans cette exploitation. C’est donc naturellement qu’elle a accueilli la journée Innov’Action sur le sujet. Le retour à la polyculture-élevage fait parler de lui et intrigue les céréaliers, qui sont venus en nombre pour assister aux échanges des quatre ateliers de la journée.

L’élevage extensif à l’herbe
Dans un premier atelier, l’initiative de 9 éleveurs et Terre d’Ovin a été présentée : un groupement d’intérêt écologique et économique (GIEE) nommé «optimiser collectivement la complémentarité ovins-cultures». L’action principale du groupement est la création d’une troupe ovine extensive en remplacement de céréales à faibles potentiels. Pour cela, ils recherchent des solutions au retour à la polyculture-élevage. Valoriser les terres peu fertiles, sécuriser leurs revenus, les avantages sont multiples, mais le métier d’éleveur ne sied pas toujours aux céréaliers. «Les marchés sont ouverts, et il y a plein d’interactions possibles entre les deux systèmes. Mais il est certain que l’élevage apporte des contraintes pour lesquelles il faut être vigilant» expriment Hubert Mony et Fabrice Trottier, éleveurs du GIEE.

Les interactions possibles
Le second atelier présentait l’association des ateliers et les interactions bénéfiques qui en ressortent. Romain Harmand de l’EARL des Fays, a présenté son système comprenant 260 ha et 430 brebis pour 1,5 UTH. «J’ai calé mes agnelages en fonction des travaux des champs. En été je suis dans les champs et en hiver je m’occupe plus des brebis». L’atelier grandes cultures est adapté aux besoins alimentaires de l’élevage : la paille et une partie des céréales sont valorisées, du méteil fournit l’enrubanné nécessaire pour l’hiver, les prairies font partie du système et bien sûr les brebis pâturent, du 15 juillet au 1er janvier, les repousses, les couverts végétaux et le colza. Rien de tel que le pâturage des brebis pour tirer profit des couverts, à condition qu’il soit adapté et bien implanté. 110 Bourgogne a présenté les bénéfices des couverts végétaux, les clés de réussite de leur implantation et les règles du pâturage.

Débouchés et chiffres clés
Débouchés, filière, infrastructures, labels, vente directe : les possibilités sont multiples. Le troisième atelier était consacré à la filière ovine du département, présentée par la Cialyn et Terre d’Ovin. Si l’Yonne comprend 23 000 brebis pour 614 éleveurs, seulement 117 ont plus de 50 brebis. «La filière est organisée dans le département, il y a les infrastructures et les débouchés pour la production ovine. Nous développons les filières de qualité telle que le Label Rouge pour valoriser au mieux la production. 44 % de la production ovine consommée en France est produite dans le pays, il a le marché pour écouler la production». Pour apporter une autre vision que celle des filières «classiques», Sébastien Dubois, éleveur de Puisaye, a présenté sa stratégie de vente directe via le Drive fermier, des colis ou encore les marchés. Entre inconvénients comme le temps de travail et plus-value, la vente directe est un choix qui se réfléchit.

Travail et bâtiments
Enfin, les participants ont pu découvrir le bâtiment de Romain Bonenfant, les spécificités de son exploitation et l’importance de l’organisation d’un bâtiment. Sans tabou, Alexis Dondaine, jeune éleveur installé en individuel avec 500 brebis depuis un an, a livré ses impressions. Pour lui, il ne faut pas hésiter à se former techniquement, et à aller voir comment ça se passe, avant de s’installer. «Je n’avais jamais fait une période complète d’agnelages, j’étais dépassé».
À la suite des ateliers, les participants ont pu rencontrer différents acteurs économiques, au cas où un projet serait né.