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Sécheresse et conduite du pâturage

Quelles alternatives pour le cheptel allaitant et le cheptel laitier ?

2018, une année comptabilisant une pluviométrie relativement élevée
Par Ma signature
Quelles alternatives pour le cheptel allaitant et le cheptel laitier ?
En comparaison avec les 5 dernières années, 2018 a bénéficié d’une pluviométrie relativement élevée (cf. figure 1). Au 31 juillet 2018, les précipitations moyennes cumulées sur le département s’élevaient à 594 mm soit, en comparaison avec 2015 et 2017, des précipitations supérieures de 70 % et 45 %.
Pour mieux comprendre l’origine de la sécheresse actuelle, il est nécessaire de s’intéresser à la répartition de la pluviométrie. La figure 2 nous montre, pour la station météorologique de Pouilly-en-Auxois, la répartition ainsi que l’intensité des précipitations depuis le 1er janvier. À noter que pour les autres stations météorologiques du département, la répartition des précipitations est similaire à celle de la station de Pouilly-en-Auxois.
Ce graphique permet d’illustrer les précipitations fréquentes enregistrées sur la période hivernale avec des conséquences sur les cultures d’hiver. Au printemps, de larges fenêtres climatiques ont été propices à la réalisation de fauches précoces (ensilage et enrubannage) ainsi qu’à une bonne valorisation des prairies temporaires. En revanche, un épisode pluvieux intense a eu lieu du 20 mai au 15 juin avec un impact fort sur les chantiers de fenaison. Ceux-ci ont en effet pu commencer aux alentours du 20 juin, après le stade floraison des graminées. Les rendements en foin ont globalement été corrects et d’après les premières analyses de fourrage réalisées la qualité semble ne pas avoir été trop dégradée par cette date de récolte tardive.
Depuis le 15 juin, les précipitations sont uniquement orageuses et surtout très localisées avec pour conséquences un fort déficit hydrique généralisé sur l’ensemble du département. Globalement, les conséquences sont les suivantes :
Sur les prairies temporaires et permanentes : Absence de repousses qui a conduit, pour de nombreuses exploitations, à une absence quasi-totale d’herbe disponible au pâturage. La valorisation des repousses n’a pu se faire que sur les prairies temporaires fauchées précocement.

Sur les ensilages de maïs plante entière : La situation est très variable selon les parcelles et il est difficile d’en tirer des généralités. L’aspect, le développement de l’appareil végétatif et le potentiel en grains varient principalement selon le type de sol, la date de semis et le précédent. Les maïs semés précocement ont généralement bénéficié de conditions propices à leur développement végétatif et ont subi un stress hydrique à partir de la floraison avec pour incidence une mauvaise fécondation et un mauvais remplissage des grains. Ces maïs ne devraient pas être riches en amidon mais récoltés au bon stade ils devraient présenter tout de même une valeur énergétique correcte grâce à une bonne digestibilité de la partie « tiges + feuilles » comme nous le montre la figure 3.
Attention : certains de ces maïs risquent d’avoir été récoltés trop secs ce qui nuit à la conservation et à la valorisation du fourrage par les animaux.

Néanmoins, certains maïs semés tardivement et/ou après une culture dérobée de type RGI ont souffert du stress hydrique dès leur implantation. Sur ces parcelles, le rendement peut être très fortement pénalisé. Il en est de même pour des semis en terres superficielles, moins adaptées à la culture du maïs. Compte-tenu de l’augmentation de la fréquence de ce type d’aléa climatique, une réflexion doit dans ce dernier cas être menée au niveau de la cohérence du système fourrager afin d’apporter plus de sécurité fourragère.

Dans tous les cas, une analyse à l’ouverture du silo, si elle n’a pas été faite en vert, est nécessaire pour juger de la valeur du fourrage qui sera distribué.