Quand Agriloving rencontre l'« Apiloving »
Les ambassadeurs Agriloving de Côte-d'Or ont récemment pu (re)découvrir le métier d’apiculteur, à travers l’œil expert de Clément Huebra, producteur apicole, installé depuis janvier 2025 sur son exploitation, les Ruchers de l'Ource.
Clément Huebra, apiculteur de métier, a récemment ouvert ses portes des Ruchers de l’Ource aux ambassadeurs Agriloving de Côte-d'Or. Ce jeune professionnel a révélé les dessous de son métier aux membres de l’association, mettant en avant les échanges possibles entre les deux professions. À l’origine de cette rencontre, Juliette Martin, agricultrice et ambassadrice : « Clément est un ami mais c’est surtout quelqu’un de passionnant. Je travaille avec lui depuis quelque temps et j’ai suggéré l’idée aux autres membres de l’association pour découvrir le métier d’apiculteur. » Clément Huebra a commencé sa carrière au Parc national de Forêt, avant de se tourner vers l'apiculture. Passionné, il a entrepris l’idée de faire le tour du pays, pour rencontrer différents apiculteurs français. Décidé à se lancer dans l’aventure, Clément a suivi une formation spécialisée, en apprentissage. Il a acquis ses trois premières ruches en 2015. Salarié apicole en Ardèche, dans les Deux-Sèvres et même au Chili, il a constitué son cheptel « en prenant le temps », soit une dizaine d’années, avant de s’installer définitivement, l’année dernière sur le Châtillonnais, dans la commune de Vanvey. Aujourd’hui, ses ruchers sont complets : 180 ruches dédiées à la production de miel, 180 consacrées aux essaims (élevage) et 400 nucléis (ou mini-ruches) destinées à l’élevage de reines.
Diversifier son activité
Face à la concurrence et aux importations étrangères, les apiculteurs professionnels se retrouvent souvent en difficulté. Les locaux doivent également faire face à la multitude d’amateurs qui commercialisent leur production sur les marchés ou commerces de proximité : « Il y a 800 apiculteurs en Côte-d’Or mais seulement 12 professionnels. Au niveau national seulement 3 % des apiculteurs sont du métier. », explique Clément. Il déplore le manque de cadre imposé. Pour posséder des ruches et commercialiser le miel les seules contraintes sont : l’obligation de déclarer annuellement la détention de ruches et ce, dès la première, et de créer un Siret pour vendre le miel récolté. Cette souplesse génère une concurrence inégale. Malgré l’existence de recommandations sanitaires faites par des instances apicoles, tel que le traitement du varroa (acarien parasite de l’abeille), une des causes majeures de perte de colonies, et risquant la contamination des ruches environnantes, peu de contrôles sont effectués sur les installations : « Il est important de se former auprès d’apiculteurs expérimentés, ou de ruchers-écoles lorsque l’on acquiert des colonies d’abeilles, cela ne s’improvise pas », recommande le professionnel. Pour s’adapter à ce contexte économique complexe, Clément a choisi la diversification d’activités. Il travaille sur trois productions différentes au sein de son exploitation : le miel, l’élevage et la gelée royale.
« Travailler ensemble »
Clément Huebra est convaincu de la nécessité, pour les agriculteurs et les apiculteurs, de travailler en solidarité : « Je travaille avec 16 agriculteurs. L’échange est permanent, dès qu’ils ont une question, je suis là pour les aider et c’est réciproque. C’est essentiel de connaître le travail et les difficultés des uns et des autres. » Le sujet des traitements sur les cultures a aussi été abordé entre les ambassadeurs Agriloving et l’apiculteur : « Il faut de l’échange entre nous, nous avons tous nos contraintes, nos objectifs. Souvent les fenêtres météo sont courtes pour intervenir. Il faut se parler et trouver des solutions ensemble. » Certains ajustements sont possibles, afin de continuer à travailler efficacement tout en préservant les pollinisateurs. « Il est recommandé d’effectuer les traitements en soirée lorsque toutes les abeilles sont rentrées à la ruche ». Certaines plantes, dites mellifères, sont aussi à favoriser pour l’alimentation de l’abeille. Le colza, le tournesol, mais aussi les couverts végétaux à base de trèfle, moutarde, phacélie ou sainfoin sont très appréciées de ces dernières, qui seront de véritables alliées pour les agriculteurs. Élevage, sanitaire, commercialisation… il existe de nombreux points communs entre les professions : « On se rend compte qu’il y a plein de similitudes avec nos élevages. », constate Thomas Cotiby, éleveur de vaches Simmental et ambassadeur Agriloving. « Clément a une vraie ouverture d’esprit, c’est quelqu’un de passionné et passionnant. (…) Il faut mettre ces échanges en avant. », conclut Emmanuel Sommant, président de l’association.
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