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« Protéger les agriculteurs pour conserver une alimentation de qualité »

Dans un essai intitulé « Nos paysans, dernier rempart contre la désertification et la malbouffe », Louis Goupilleau, ancien directeur de l’APCA, revient sur le rôle central des agriculteurs dans la vie des territoires et, surtout, dans la production d’une alimentation de qualité.
Par Ma signature
Si l’image de l’agriculture est régulièrement entachée, dans le contexte actuel, par les polémiques et la remise en cause des pratiques, Louis Goupilleau entend, dans son essai « Nos Paysans, dernier rempart contre la désertification et la malbouffe ! » (1), réaffirmer certains fondamentaux et en particulier, rappeler le lien fort entre le destin des agriculteurs et celui de notre alimentation. Issu d’une famille d’agriculteur, diplômé de l’Institut des Hautes Études de Droit Rural et d’Économie Agricole (IDREHA), l’auteur a mené l’essentiel de sa carrière au sein de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) dont il est devenu directeur général dans les années 1990. Témoin privilégié des évolutions du monde agricole, il dresse un constat détaillé de l’agriculture française aujourd’hui, de ses failles et de ses défis particulièrement mis en lumière lors des crises successives de 2015 et de 2016. Lucide, l’auteur rappelle avant tout la grande diversité qui caractérise le secteur, diversité qui rend le diagnostic difficile, et qui renforce la difficulté de compréhension des problématiques agricoles, par les politiques autant que par les consommateurs.

Rétablir la confiance
Revenant sur les évolutions de l’agriculture française depuis l’après-guerre, l’auteur explique les changements structurels, la révolution des années soixante, l’augmentation de la productivité, les réformes de la PAC, des transformations qui ont amené à une redéfinition du métier d’agriculteur. Aujourd’hui, le paysan est un entrepreneur, gestionnaire qui doit rester à l’affût des innovations et des attentes sociétales. Et pourtant, malgré un niveau de compétence plus élevé qu’avant, les agriculteurs ne parviennent plus à gagner leur vie correctement, soumis à des aléas plus importants : augmentation des charges, concurrence mondiale et importations de produits qui ne sont pas soumis aux mêmes normes de production, absence de stabilité des politiques agricoles… Pour l’auteur, le défi est bien de retrouver de la valeur ajoutée. L’une des clés, pour cela, semble résider dans un renforcement de la relation avec le consommateur, désireux d’une plus grande proximité avec les producteurs, en témoigne le succès des circuits courts. Néanmoins, il faudra aussi se faire entendre vis-à-vis de la grande distribution, qui reste le mode de commercialisation le plus important. Enfin, s’il est nécessaire de retrouver la confiance des consommateurs, les agriculteurs doivent eux aussi retrouver confiance en leur métier. Une dimension qui concerne la société dans son ensemble, car derrière les options de politique agricole se profile un choix de société sur le modèle alimentaire que l’on souhaite pour demain…


(1) « Nos paysans, dernier rempart contre la désertification et la malbouffe ! » de Louis Goupilleau, Éditions Sydney Laurent, 2018, 19,90 €.