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Foire-concours aux culards de Moulins-Engilbert

Prix moyens en hausse, «très belles bêtes» bien valorisées

La foire-concours aux culards de l'€™été, après celle du mois de mai, s'€™est tenue au marché au cadran de Moulins-Engilbert vendredi dernier. Tous les indicateur s sont au vert.
Par Emmanuel Coulombeix
Prix moyens en hausse, «très belles bêtes» bien valorisées
Les culards ont attiré un public nombreux, venu de toute la France pour participer à des enchères records.
On a battu de nouveaux records, le 26 juillet, à la Sicafome. Des records de participation et de prix. «Alors que l'€™on dit que le culard a tendance à régresser dans les exploitations, il y avait 365 animaux présentés, pour la plupart issus de la Nièvre, de la Saône-et-Loire et de l'€™Allier» constatait Martial Tardivon, le chef des ventes du cadran.

C'€™est un peu plus d'€™animaux que l'€™année dernière. Côté acheteurs, les pupitres de la salle N°1 avaient fait le plein, toute la matinée et jusqu'€™à 16h, en dépit de quelques gouttes de pluie puis d'€™une chaleur caniculaire. Venus de toute la France, les acheteurs sont désormais conscients que ce rendez-vous bi-annuel place Moulins-Engilbert en référence, pour ce qui est du marché des culards, des animaux recherchés pour la finesse et le goût de leur viande par des enseignes de grande distribution, mais surtout des boucheries de luxe et des grands restaurants. La foire-concours est devenue «the place to be» pour ces débouchés ou leurs intermédiaires, et ce même si, crise économique oblige, certains d'€™entre eux ont (un peu) retenu leurs enchères.

[INTER]Record battu à 4 565 euros[inter]
Le culard se valorise bien (lire encadré). Et les éleveurs ne s'€™y trompent pas. Participer à la foire-concours (et se faire primer) dégage de la valeur ajoutée. Cette année, tous les seuils de prix sont d'€™ailleurs en hausse dans chacune des catégories mises en jeu. Et même le record de l'€™animal le plus cher a été battu, passant de
4 040 euros en mai dernier à 4 565 euros cet été, pour une génisse de 24 à 36 mois passée en première position durant la vente, dénotant l'€™appétit des enchérisseurs, mais qui n'€™a même pas obtenu de prix dans le concours qui a précédé. Martial Tardivon évoque aussi deux prix moyens atteints vendredi, «et qu'€™on n'€™avait encore jamais vus à Moulins-Engilbert»: 1 génisse d'€™un an (360 kg) adjugée à 2840 euros soit 7,89 euros/kg et surtout le Prix d'€™honneur des génisses de 24 mois (574 kg) vendue 4 560 euros soit un prix moyen au kg de 7,94 euros. Ces quelques exemples, relativement anecdotiques et à tout le moins exceptionnels, ne doivent pas masquer la très bonne tenue des prix pratiqués la semaine dernière, en progression dans toutes les catégories par rapport à l'€™édition 2012.

[INTER]De 1 270 à 4 565 euros[inter]
Les fourchettes de prix, en effet, oscillent de 1 400 à 2 120 euros en boeufs de 12 à 24 mois, soit 3,62 euros/kg contre 3,38 euros en 2012. Elles vont de 1 820 à 2 500 euros en boeufs de plus de 24 mois, soit 3,27 euros/kg (contre 3,09 en 2012); de 1 270 à 2 840 euros dans les génisses 12-18 mois, soit 4,35 euros/kg (contre 4,02 en 2012); de 1 520 à 3 200 euros en génisses de 18-24 mois soit 4,23 euros/kg (contre 3,72 en 2012); de 1540 à 4 560 euros en génisses 24-36 mois soit 4,07 euros (contre 3,60 euros en 2012) et de 1 800 à 3 320 euros en génisses de plus de 36 mois soit 3,72 euros/kg (contre 3,50 en 2012). Des bons chiffres que Martial Tardivon explique d'€™abord parce qu'€™il y avait «de très belles bêtes cette année», constat partagé par Alain Guinot, le président du Comité des foires de Moulins-Engilbert: «la qualité des animaux présentés monte progressivement et il y a de plus en plus de bonnes bêtes». Mais les deux organisateurs analysent aussi les résultats comparés par rapport à ceux de 2012: «l'€™augmentation des cours commençait juste lors de la dernière édition et elle s'€™est ensuite amplifiée».

Maurice Goussot, primé à Moulins-Engilbert

A la tête de la SCEA de Bresson, à la Nocle Maulaix (58), Maurice Goussot est satisfait de sa venue, pour la deuxième fois, au concours de Moulins-Engilbert. «J'€™ai amené en tracteur 4 génisses de 18 mois et j'€™en ai vendu 3 dont 1 de 360 kg qui a été achetée 2840 euros» se félicite-t-il. C'€™est la même qui a remporté un 2ème prix d'€™honneur le matin-même à la Sicafome et c'€™est la raison pour laquelle l'€™éleveur du sud-Nivernais a décidé de participer aux concours locaux: «les prix sont des bons moyens d'€™accroître la valeur ajoutée. Les acheteurs regardent plus la plaque que l'€™animal car, en culards, ils cherchent plutôt des animaux qui iront en concours» explique-t-il. L'€™anomalie génétique de ces animaux dits culards est recherchée parce qu'€™elle favorise des arrière-trains particulièrement développés avec beaucoup de muscle. «Les formes et la finesse de la peau mais aussi la viande moins grasse et plus goûtue sont particulièrement recherchées par des acheteurs venus de toute la France qui distribuent ensuite les bêtes dans des boucheries de luxe, des restaurants gastronomiques et des certaines grandes surfaces» constate l'€™éleveur heureux. Maurice Goussot s'€™est installé en mai 2003 sur l'€™exploitation dont son père était salarié agricole. Depuis, il réalise 88 vêlages par an et fait «un peu de viande, parce que les bons broutards, que je soigne pour faire des taureaux, on les valorise mieux». Et donc, entre autres solutions, la SCEA de Bresson participe aux concours de la Sicafome et aussi celui de La Nocle Maulaix.