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Transmission d’exploitation

Préparer les futurs retraités autant que les jeunes installés

Pour réussir une bonne installation, il faut une bonne transmission, tel est le credo des Chambres d’agriculture, convaincues que les «anciens» ont un rôle majeur à jouer dans l’installation des jeunes agriculteurs. En 2016, elles les inviteront plus que jamais à anticiper leur départ.
Par B.B.
Après avoir misé sur l’accompagnement des jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer, les chambres d’agriculture, «soucieuses d’encourager le renouvellement des générations», doublent leurs chances de réussite en s’adressant désormais aux futurs retraités. «En 2016, la transmission sera un sujet phare pour l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture», déclarait le 15 octobre Raymond Vial, en charge des dossiers installation-transmission à l’APCA, lors d’une visite sur une exploitation en Saône-et-Loire. Deux générations, Jacques, 62 ans, et Sébastien, 39 ans, étaient réunies sur leur ferme, ancienne pour l’un, nouvelle pour l’autre. L’occasion pour eux de témoigner de leur expérience, en présence de Gaël Pellenz, le conseiller transmission à la chambre d’agriculture qui les a accompagnés dans toutes les démarches de la transmission. La reprise d’exploitation s’est très bien passée, confient les deux hommes, et pourtant, les démarches ont mis quatre ans à aboutir. Preuve qu’une transmission, ça s’anticipe, rappelle Raymond Vial.

Chacun doit y trouver son compte
«La transmission est un acte de compromis», explique Gaël Pellenz. L’agriculteur qui cède son exploitation doit «adouber» son repreneur. Dans ce cadre, les stages de parrainage (un an maximum) permettent au jeune de finir de se former, et au futur retraité de s’assurer que le candidat à la reprise gérera son entreprise comme il le souhaite. Pour autant, l’agriculteur doit parfois faire le deuil de l’image qu’il s’était fait de la reprise, car les jeunes peuvent vouloir faire évoluer les pratiques de l’exploitation (passer en agriculture biologique, diversifier les activités...). Mais même si en matière de reprise, la demande est plus forte que l’offre, les futurs retraités doivent savoir «vendre» leur exploitation. «Certains agriculteurs sur le départ ont tendance à cesser tout investissement quelques années avant leur retraite, c’est une erreur», constate Gaël Pellenz. Il insiste : «Une exploitation rentable sera plus attractive pour un repreneur potentiel qu’une exploitation en difficulté. J’enfonce des portes ouvertes, mais c’est toujours utile de le répéter».