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COP 21

Pour Stéphane Le Foll, l’agriculture est «à la veille d’une nouvelle mutation»

Avec la COP 21 qui se tient à Paris en décembre prochain, l’agriculture compte faire entendre sa voix dans l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Dans cette perspective, le ministre de l’Agriculture a rappelé les enjeux de cet évènement, notamment la généralisation à l’échelle mondiale des solutions proposées par l’agriculture.
Par Ma signature
Pour Stéphane Le Foll, l’agriculture est  «à la veille d’une nouvelle mutation»
Stéphane Le Foll Ministre de l’Agriculture
«Notre maison brûle et nous regardons ailleurs», alertait Jacques Chirac devant le 4ème Sommet de la Terre, en 2002. «Si l’on échoue à Paris, la maison va continuer de brûler», prévient Stéphane Le Foll en présentant le 15 octobre les enjeux de la COP 21 qui se tiendra dans la capitale française du 30 novembre au 11 décembre. Dans l’objectif global d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES), l’agriculture, victime du réchauffement climatique, peut également proposer des solutions, à l’œuvre sur le terrain depuis un certain nombre d’années mais qu’il faut à présent généraliser.

Des enjeux pour l’agriculture
«L’agriculture est une solution et non un problème», tient à souligner d’emblée Stéphane Le Foll, en particulier au sujet de l’élevage, auquel les écologistes voudraient tout simplement mettre fin pour supprimer les émissions de méthane qu’il génère. Une très mauvaise idée, considère le ministre, d’une part car cela engendrerait la disparition des prairies naturelles qui captent le carbone, d’autre part car l’élevage contribue à l’équilibre des systèmes de polyculture et fertilise les sols. D’autant plus que des solutions existent. Des rations alimentaires modifiées (avec du lin par exemple) pourraient faire diminuer de 30 % les émissions de méthane des animaux.
Autre enjeu, à prendre en compte dans l’organisation du territoire, celui de l’artificialisation des terres agricoles, puisque l’urbanisation relâche en effet dans l’atmosphère le carbone qui était stocké dans les sols utilisés par l’agriculture. Le même équilibre est à trouver entre les terres agricoles et la forêt, puits de carbone qu’il faut préserver de la décomposition organique et de la déforestation qui dégagent des GES dans l’atmosphère. «Parallèlement, il faut donc que la productivité agricole soit suffisante» pour préserver ces équilibres, indique le ministre.

Solutions
Dans ce défi, l’agriculture est donc pour Stéphane Le Foll «à la veille d’une nouvelle mutation», à l’image de la révolution verte des années 1970, mais avec une différence : il n’y aura pas un seul modèle à appliquer partout. Les agriculteurs et les conditions pédoclimatiques doivent être au cœur du dispositif, à la différence de l’agriculture «climato intelligente» qui se focalise sur les industriels et la technique.
L’agroécologie, qui «utilise d’abord les mécanismes naturels et ensuite corrige si nécessaire» constitue pour lui une réponse globale : elle combine les différents enjeux (sociaux, environnementaux, techniques) en impliquant les différents acteurs, sans pour autant entraver la productivité. Le programme 4 pour 1 000, initié par la France et soutenu par les instances internationales (ONU, FAO, Banque mondiale…) vise ainsi à augmenter le stockage du carbone dans le sol, avec le double avantage de lutter contre le réchauffement climatique et de fertiliser les terres. La démarche sera lancée le 1er décembre dans le cadre de la COP 21, avec l’objectif de rallier un certain nombre de pays et d’ONG autour d’engagements concrets.
Le ministère de l’Agriculture a par ailleurs été désigné par l’ONU, les présidences de la COP 20 et de la COP 21 «organisateur officiel» de la journée dédiée à l’agriculture, ce 1er décembre. Des initiatives seront présentées sur les thèmes de l’élevage, des sols agricoles et de l’agriculture bas carbone. Si l’agriculture sera traitée en marge des grands dossiers de la COP 21, «Paris est le pari de la prise de conscience», souligne Stéphane Le Foll, qui relève trois enjeux : l’inscription dans l’Agenda des solutions, une référence à l’agriculture et l’alimentation dans le texte final, et engager une démarche globale.