Pour que les éleveurs gagnent en autonomie
Pour la première fois, les 15 janvier et 23 février derniers, la Chambre d'agriculture de l'Yonne a organisé la formation « Éleveurs bovin infirmier ».
En ce début d'après-midi, nous retrouvons six salariés du Service de Remplacement ainsi que six éleveurs au sein de l'exploitation de Cédric Massot à Toucy. Accompagnée par Faten Bouaicha, vétérinaire et professeure à Maison Alfort, Marianne Ranque, conseillère en élevage à la Chambre d'agriculture de l'Yonne affirme l'importance pour les éleveurs de « savoir reconnaître les symptômes, maladies et d'avoir les bons réflexes ». À la fin de la seconde journée, les personnes ont dû se confronter à un cas pratique : « que doit-on faire lorsque nous sommes tout seuls à la ferme et que certains problèmes se font sentir ? ». L'animatrice voulait leur faire comprendre que : « observer et analyser les bons symptômes permet de donner les bonnes indications au vétérinaire par téléphone ». Pour ce faire, le 15 janvier dernier, les stagiaires se sont rendus sur l'exploitation de Coralie Fouquet, « L'amour est dans le lait », une exploitation laitière. La matinée a été dédiée à la théorie, et notamment « à l'importance de la biosécurité », dans un premier temps, et dans un second temps « aux pathologies et aux complications que l'on peut rencontrer au cours d'un vêlage ». À ses côtés, Faten Bouaicha en profite pour rappeler que pour bien préparer un vêlage, il faut : « que les vaches soient correctement nourries et complémentées ». Les stagiaires ont donc pu étudier toutes les étapes pour que le vêlage se passe bien, (alimentation, parasitisme), les étapes d'un vêlage sans aide, l'hygiène du vêlage, les gestes techniques à adopter, et toutes les complications qu'il peut y avoir pendant un vêlage.
Réaliser un vêlage en toute sécurité
Dans une seconde partie, les stagiaires sont allés sur le terrain et ont pu échanger sur leurs parcours de vie. Malheureusement, suite à la période, « les vêlages sont terminés » explique Cédric Massot. Pour s'adapter au contexte sanitaire, Marianne Ranque a souhaité faire un point sur la « FCO » en rappelant les symptômes. Il est important de vérifier les muqueuses : le mufle (congestion, nez irrité et croûteux, jetage nasal) et la bouche (muqueuses rougeâtres, ulcères, hypersalivation). De manière générale, il faut aussi voir si « la vache souffre d'hyperthermie, d'amaigrissement, de larmoiement, de boiteries, de baisse de production laitière lorsque ce sont des vaches laitières, etc. ». Après une belle fin de journée, les stagiaires font le point tout autour de la table. « C'était intéressant d'avoir un autre regard sur l'élevage, d'avoir accès à un élevage bovin laitier, et d'avoir des retours d'expérience », commente l'une des éleveuses, en passant la parole à sa collègue. « Je n’étais pas dans les vaches avant, et le fait que nous fassions des actions concrètes cela permet d'apprendre rapidement et de rafraîchir ses compétences », confie-t-elle. Pendant qu'un autre stagiaire explique que malgré le fait « de ne pas avoir pu assister à un vêlage », « tous les vêlages sont différents, c'est donc difficile de pouvoir transposer chaque geste à chaque moment ». La vétérinaire présente « était intéressante car elle donnait son point de vue, sans pour autant nous l'imposer, on pouvait échanger de manière simple et ce sont des discussions qui sont enrichissantes », concluent les salariés du service de remplacement.