Pierre Pagesse à Pouilly-sur-Loire
Plaidoyer pour une agriculture plus compétitive
Le président d'honneur de Limagrain, groupement coopératif très implanté en Auvergne, Pierre Pagesse, vient de fonder le MOMAGRI, le Mouvement pour une organisation mondiale de l'agriculture. Vendredi dernier, il était l'invité de la section Grandes cultures de la FDSEA58, à Pouilly-sur-Loire, dans le cadre de la campagne pour les élections à la Chambre d'agriculture.
Se présentant comme un agriculteur en retraite qui a fait peu d'études mais s'est enrichi de son expérience professionnelle sur l'exploitation du Puy-de-Dôme et ensuite en tant que président de Limagrain, Pierre Pagesse a acquis une certaine sagesse et s'est forgé quelques convictions au cours des nombreux voyages qu'il a réalisés à travers le monde. Que ce soit pour railler l'Europe, accusée de se tirer une balle dans le pied, autant que pour parler de ces nouvelles rizicultures chinoises où les rendements atteignent les 19 t/ha, le responsable professionnel se montre à l'aise, employant, au gré d'une présentation macro-économique sur les productions végétales mondiales, un ton tout professoral. Et une pédagogie mise au service d'un véritable plaidoyer pour plus de compétitivité et de productivité.
[INTER]«L'Europe croit au Père Noël»[inter]
«Nous avons besoin de la PAC, surtout quand le moindre ajustement de l'offre et de la demande, à la marge, peut entraîner une volatilité qui fait passer les cours de 0 à 100. L'Europe doit abandonner la gestion d'un budget qui ne correspond pas à une notion de prix. Les marchés agricoles ne répondent pas aux mêmes critères que les autres productions de matières premières. L'Europe importe 25 millions d'ha, elle ne dispose plus d'autonomie alimentaire. Il faut être bien conscient que s'il n'y a plus d'autonomie alimentaire, il n'y a pas de puissance publique» assène Pierre Pagesse pour qui «la relance de la compétitivité passe par l'innovation -et la recherche dans la chimie verte- sous toutes ses formes et par une régulation des marchés. Le Brésil, l'Argentine, les Etats-Unis ne veulent pas en entendre parler, çà leur va bien comme çà, mais l'Europe, elle, croit encore au Père Noël».
Evoquant un prix d'équilibre par grandes zones, Pierre Pagesse croit à une gouvernance agricole mondiale afin de relégitimer la fonction première, nourricière, du secteur. A l'encontre d'une philosophie malthusienne qui s'insinuerait dans les logiques environnementalistes actuelles et dont Pierre Pagesse estime qu'elle anime des «Khmers verts».
[INTER]«L'Europe croit au Père Noël»[inter]
«Nous avons besoin de la PAC, surtout quand le moindre ajustement de l'offre et de la demande, à la marge, peut entraîner une volatilité qui fait passer les cours de 0 à 100. L'Europe doit abandonner la gestion d'un budget qui ne correspond pas à une notion de prix. Les marchés agricoles ne répondent pas aux mêmes critères que les autres productions de matières premières. L'Europe importe 25 millions d'ha, elle ne dispose plus d'autonomie alimentaire. Il faut être bien conscient que s'il n'y a plus d'autonomie alimentaire, il n'y a pas de puissance publique» assène Pierre Pagesse pour qui «la relance de la compétitivité passe par l'innovation -et la recherche dans la chimie verte- sous toutes ses formes et par une régulation des marchés. Le Brésil, l'Argentine, les Etats-Unis ne veulent pas en entendre parler, çà leur va bien comme çà, mais l'Europe, elle, croit encore au Père Noël».
Evoquant un prix d'équilibre par grandes zones, Pierre Pagesse croit à une gouvernance agricole mondiale afin de relégitimer la fonction première, nourricière, du secteur. A l'encontre d'une philosophie malthusienne qui s'insinuerait dans les logiques environnementalistes actuelles et dont Pierre Pagesse estime qu'elle anime des «Khmers verts».