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Aménagement

Ovins : produire mieux avec des bâtiments bien aménagés

Transformer des étables en bergeries, aménager des espaces mixtes, mieux loger les agneaux pour une meilleure santé : plusieurs conférences ont abordé ces sujets à Tech Ovin, salon qui se tenait en septembre en Haute-Vienne.

Par P. Dumont
Ovins : produire mieux avec des bâtiments bien aménagés
Shutterstock
La bergerie joue un rôle essentiel car elle doit permettre de répondre aux besoins physiologiques de l'agneau (abreuvement, luminosité, chaleur, ventilation).

Actuellement, 59 % de la viande ovine consommée en France est importée. Ce constat et des prix plutôt satisfaisants conduisent la filière à dire qu'il faut produire plus. Dans cette optique, un bâtiment bien pensé est essentiel. Sur le Salon Tech Ovin de septembre dernier, à Bellac, en Haute-Vienne, plusieurs conférences ont traité de la question de l'aménagement des bâtiments. La première proposée par Natera et la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire montrait plusieurs exemples de transformation ou d'adaptation des bâtiments pour les ovins. Première étape dans tout projet : établir un diagnostic de l'existant. Longueur, largeur du bâtiment, lignes d'eau, ventilation, luminosité… La priorité dans tous les cas devant être la surface d'aire paillée disponible par brebis. La ventilation est également un point très important à prendre en compte. L’idéal étant que chaque brebis dispose de 10 m³ d'air. Cette ventilation doit se faire sans courant d'air et peut donc nécessiter la pose de filets brise-vent ou de bardage ajouré. 

Transformation en bergerie

Le premier exemple choisi montrait la transformation d'une étable entravée en bergerie avec tapis d'alimentation. Une fois converti, le bâtiment de 60 m x 17 m pouvait loger 270 brebis avec un coût d'environ 200 € par brebis. Le second exemple concernait encore une étable entravée (30 m x 12 m), mais cette fois avec un couloir central, conservé lors de la transformation. À l'issue du projet, 110 brebis pouvaient être logées avec un coût d'aménagement de 110 € par brebis. Des exemples étaient également présentés pour des bâtiments mixtes bovins ovins. Dans ce cas, l'objectif est de respecter les normes pour chaque race. Un bâtiment mixte pour 135 brebis et 45 vaches a été présenté. Chaque espèce disposait de 45 m de longueur d'auge, de 540 m² d'aire paillée pour les vaches et de 315 m² d'aire paillée pour les brebis pour un coût d'aménagement de 400 € par brebis. Un second exemple de bâtiment conçu pour 140 brebis, 12 vaches et disposant d'une surface de stockage portait le coup à 440 € par brebis. Afin de calculer soi-même la surface d'aire paillée et la longueur d'auge nécessaire, un outil a été mis en ligne sur le site innovin.fr. 

Impact sur la santé des agneaux

Autre sujet abordé : le logement des agneaux et l'impact sur leur santé. Les intervenants du GDS 64 ont rappelé que 50 % de la mortalité des agneaux avaient lieu dans les 48 heures après la naissance (70 % dans les 10 premiers jours de vie) et qu’une bonne santé résulte d’un équilibre entre l'animal, l'éleveur et l'environnement. La bergerie joue un rôle essentiel car elle doit permettre de répondre aux besoins physiologiques de l'agneau (abreuvement, luminosité, chaleur, ventilation). À titre d'exemple, un agneau de 48 heures va devoir mobiliser ses ressources pour lutter contre le froid à partir d'une température de 15 °C. Différents moyens permettent de lutter contre l'hypothermie : l'administration de colostrum, la présence de cases d’agnelage, de protection thermique et d'isolation ainsi que le paillage. Pour un troupeau de 100 brebis, 15 à 20 cases sont nécessaires, notamment pour assurer une meilleure prise de colostrum. Comme pour les brebis adultes, le bâtiment doit être exempt de courants d'air et disposer d'eau à volonté pour tous, à différentes hauteurs. Il faut également veiller à ce que la litière ne chauffe pas.