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Ynovae

Pérenniser les filières

Ce mardi 16 décembre, le cinéma confluence de Sens a accueilli l'assemblée générale de la coopérative agricole Ynovae. L'opportunité de faire le bilan sur l'année difficile par laquelle est passée la coopérative.

Par Charlotte Sauvignac
Ynovae
Dirigée par Yohann Girod, directeur et Laurent Poncet, président d'Ynovae, l'AG d'Ynovae, a accueilli ce mardi 16 décembre, une centaine de personnes du côté de Sens.

« Nous vivons actuellement dans un contexte où le fait même d'exercer notre métier s'apparente à résoudre une équation à de multiples inconnues, qu'elle soit économique, géopolitique, climatique, réglementaire, politique. Parce que dans un contexte de parité euro/dollar défavorable, nous subissons une trumpisation de l'économie mondiale et les rapports de force prennent le pas sur la coopération et la solidarité », déclare Laurent Poncet, président d'Ynovae, au cours de son discours d'inauguration. Devant la centaine de personnes venues à l'occasion, le président poursuit aux côtés de Yohann Girod, directeur d'Ynovae. « On l'a vu la moisson 2024, à l'instar des campagnes 2016 et 2020, s'est révélée désastreuse et les faibles rendements en orge d'hiver et en blé se traduisent par une forte baisse de la collecte », annonce-t-il. C'est aux côtés de Georges Lemineur, directeur adjoint d'Ynovae et de sept collaborateurs que Yohann Girod poursuit la réunion d'information publique en s'intéressant à la récolte de cette année. Il interpelle Georges Lemineur sur les chiffres de cette année. « Avec une pluviométrie excessive qui a contrarié les semis, le cycle végétatif et la récolte, les mauvaises implantations, les échecs de désherbage, la pression maladie et le manque de luminosité ont contribué à des rendements historiquement bas. C'est une moisson qui a été entrecoupée par les fréquentes pluies et orages parfois violents, accompagnés de grêle et de fortes rafales de vent », constate-t-il.

« L'intelligence collective fera la différence »

Avant d'entrer dans les détails, Georges Lemineur constate que la collecte de cette année a baissé de 28 % par rapport à 2024 en conventionnel avec 240 151 tonnes récoltées et de 57 % en bio avec 4 336 tonnes récoltées. Pour la suite, il décide de faire l'état des lieux de chaque espèce et constate que, par rapport à l'année 2024, « nous avons une baisse de collecte de 43 % en orges d'hiver ; une baisse de 29 % en blé tendre ; un état similaire en ce qui concerne les colzas, une baisse de collecte de 37 % en tournesol et une augmentation de 10 % en ce qui concerne le maïs. C'est cette espèce qui tire son épingle du jeu », détaille-t-il en analysant plus en profondeur les raisons qui expliquent ces chiffres. « L'humidité et les impuretés liées aux adventices ont compliqué la récolte, la conservation et le travail du grain. Cette faible récolte, couplée à un marché encore déprimé, conduit certains producteurs à revenir à un mode de production conventionnel. Les maladies ont été moins présentes au cours du printemps 2025 qu'elles ne l'avaient été au printemps 2024, sous l'effet d'une météo plus sèche à partir du mois de mars. Une particularité du printemps 2025, ce sont les pucerons cendrés qui font leur apparition en mai-juin dans les cultures de colza, à un niveau jamais mis, provoquant un impact sur le rendement des parcelles les plus affectées dans le domaine des intrants », conclut-il en laissant la place à son président. « La capacité collective à tenir le cap, à s'adapter, à innover et à préserver la valeur que nous construisons ensemble se fait grâce à la mobilisation de tous, administrateurs, équipes opérationnelles, collaborateurs, partenaires. Les défis à venir sont nombreux, mais ils ne nous intimident pas, ils nous obligent, ils nous stimulent, ils nous poussent à nous réinventer. Parce que nous commençons à avancer collectivement avec lucidité, transparence et détermination. Je suis convaincu que nous saurons transformer ces contraintes en opportunités », manifeste-t-il.