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Recensement général agricole 2010

Moins d'€™exploitations mais des exploitations agrandies

La DRAAF est venue dévoiler les premières tendances du RGA 2010 dans la Nièvre, le 18 octobre au lycée de Challuy. Ce recensement, réalisé tous les dix ans dans toute la France, permet d'€™affiner les évolutions de l'€™agriculture dans les territoires.
Par E.C. Avec Agreste
Moins d'€™exploitations mais des exploitations agrandies
Nicolas Quillet, dont c'était la dernière réunion publique en tant que préfet de la Nièvre, a introduit les résultats du RGA 2010 présentés par Dominique Degueurce et Samuel Bruley, de la Draaf.
Ce que révèle l'€™étude, c'€™est une tendance lourde qui se confirme. En dix ans, la Nièvre a perdu des exploitations agricoles. En 2010, 3 500 d'€™entre elles ont été recensées dans le département, ce qui constitue une diminution de 21% par rapport à 2000. Elles sont en réalité 900 à avoir disparu depuis 2000, ce qui revient à un peu moins de deux sur trois en quarante ans. Si elles représentent 17,1% du total bourguignon et 0,7% du total en France métropolitaine, elles résistent pourtant mieux qu'€™ailleurs puisque la baisse s'€™est élevée à 23% en Bourgogne et 26% en France. Ces disparitions ont surtout concerné les petites exploitations, dont le nombre a diminué de 37% (40% au niveau régional), tandis que les exploitations ayant un potentiel de production supérieur à 25 000 euros ne baissent que de 12% (15% en Bourgogne). Le système de production dominant reste l'€™élevage bovins viande, malgré une baisse de 17% du nombre d'€™exploitations, devant le système mixte grandes cultures et élevage bovin, qui recule aussi de 17% et les grandes cultures qui résistent (-3%). Selon Dominique Degueurce, de la DRAAF Bourgogne, «la Nièvre a été plus précoce dans les restructurations, ce qui explique que les baisses du nombre d'€™exploitations y sont plus faibles».

[INTER]Superficie moyenne de 106 hectares
[inter]La deuxième tendance confirmée par le RGA 2010, c'€™est que les exploitations s'€™agrandissent. «Avec en moyenne 106 hectares par exploitation (+ 24%) et 67 vaches allaitantes par élevage (+ 29%), la Nièvre est le premier département bourguignon pour la taille de ses exploitations et le premier département français pour la taille de ses troupeaux allaitants». Les 2 500 exploitations moyennes et grandes représentent désormais 73% de l'€™ensemble, contribuent à 98% de la production agricole potentielle départementale et occupent 96,5% de la superficie agricole. Enfin, les grandes exploitations dont le potentiel de production dépasse 100 000 euros sont plus nombreuses qu'€™en 2000 (+12%) et occupent une part plus importante (33% contre 24% en 2000) de l'€™ensemble. Selon Samuel Bruley, le statisticien de la Draaf, «cette tendance s'€™accentue mais d'€™aussi grosses structures peuvent poser, à plus ou moins long terme, le problème de la reprise». Le capital nécessaire à la transmission pourrait prochainement devenir un frein. En moyenne, au cours des dix dernières années, les exploitations nivernaises se sont agrandies de deux hectares par an. La SAU moyenne, ramenée aux exploitations moyennes et grandes, atteint même les 141 hectares. La Nièvre demeure un département à vocation herbagère: la superficie toujours en herbe représente 52% de la SAU, qui, globalement, s'€™établit à 370 200 hectares en 2010 (-0,7%). Si l'€™on ajoute les prairies temporaires, la surface en herbe représente même 62% de la SAU. Enfin, malgré une baisse de 23% du nombre de détenteurs, le cheptel bovin reste au même niveau qu'€™en 2000: la taille moyenne des troupeaux s'€™est agrandie de 30%, passant de 128 bovins à 166.

[INTER]Avantage à la forme individuelle
[inter]Autre confirmation: les 2 450 exploitations individuelles forment 70% des unités. C'€™est la plus forte proportion des départements bourguignons. Elles produisent 43% du potentiel nivernais. En parallèle, les formes sociétaires, dont 550 EARL et 250 Gaec, représentent 29% des exploitations et participent à hauteur de 56% du produit agricole départemental. Les petites et moyennes exploitations conservent majoritairement le statut individuel. Les grandes structures, quant à elles, choisissent pour 37% le statut individuel, 31% l'€™EARL et 20% le Gaec. En 2010, la moitié des exploitants ont 50 ans ou plus, près d'€™un sur cinq a 60 ans ou plus. Près de la moitié des petites exploitations ainsi que 9% des moyennes et grandes sont dirigées par des sexagénaires.

[INTER]6900 personnes dans la production agricole
[inter]En 2010, 6900 personnes constituent la main d'€™oeuvre agricole nivernaise, à temps plein ou partiel. En 10 ans, ce nombre a diminué de 18%, soit un peu moins que la Bourgogne (-20%). Avec 84% des actifs issus de la famille de l'€™exploitant, le travail agricole demeure familial. Bien entendu, les 4150 exploitants constituent le pilier de cette main d'€™oeuvre, dont ils constituent les deux tiers du total. La participation du reste de la famille se réduit et n'€™équivaut plus qu'€™à 13% des effectifs contre 19% en 2000. Ces contributions familiales sont en revanche mieux reconnues: 7% des membres actifs de la famille, hors exploitant, sont salariés, ce qui est une hausse de 22%. Contrairement aux autres départements bourguignons, la baisse des actifs familiaux n'€™a pas entraîné d'€™augmentation de l'€™emploi salarié hors cadre familial. La Draaf dénombre 1 100 salariés permanents, soit autant qu'€™en 2000, qui fournissent désormais 17% du travail contre 14% en 2000. Fortement positive dans les exploitations viticoles du Val de Loire (+ 30%) cette évolution des effectifs chute dans les exploitations de grandes cultures (- 22%) et de polyculture-élevage (- 11%).