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Implantation du soja

Miser sur une levée rapide

Réussir l’implantation du soja repose sur trois leviers essentiels : choisir une parcelle adaptée, réaliser un travail du sol de qualité pour favoriser une levée homogène et rapide et intervenir à la bonne date de semis, dans un sol suffisamment réchauffé.

Par Clarisse Guiziou-Jaouen, Terres Inovia
Miser sur une levée rapide
L. Jung / Terres Inovia
Un travail du sol rigoureux est essentiel pour assurer un enracinement optimal et obtenir une levée rapide et homogène du soja.

Choisir une parcelle adaptée

Le choix de la parcelle doit respecter certaines conditions pour répondre aux exigences du soja :
- Éviter les sols trop calcaires (supérieur à 10 % de calcaire actif) qui provoquent des chloroses ferriques. En cas de chlorose repérée tôt, une pulvérisation ferrique permet de bien rattraper la situation.
- Une bonne alimentation en eau est primordiale pour la production du soja. Dans des situations limitantes, le rendement et la teneur en protéines risquent d’être très altérés.
- Choisir des parcelles propres au regard des adventices.

Assurer une levée rapide

Un travail du sol rigoureux est essentiel pour assurer un enracinement optimal et obtenir une levée rapide et homogène. Le sol doit être bien structuré en profondeur pour que l’enracinement soit profond, favorisant ainsi l’absorption des éléments du sol (minéraux et eau). Les interventions de type labour ou travail profond avec un outil à dents sont possibles et à adapter au contexte pédoclimatique. Un lit de semence aéré et affiné assurera un bon contact sol-graine et une levée rapide. Le travail du sol sert également à faciliter la mise en place de la symbiose entre les bactéries fixatrices d’azote et les plantes. De plus, un sol nivelé facilitera la récolte des gousses les plus basses. En effet, les pertes de rendement occasionnées par les premiers étages de gousses non récoltés peuvent représenter jusqu’à 4,5 q/ha. Ainsi, en présence de cailloux, un passage de rouleau sur le sol peut être envisagé après le semis.

À noter que la rusticité du soja ainsi que sa sensibilité modérée aux limaces en font une culture particulièrement adaptée aux techniques culturales simplifiées (TCS), y compris semis direct et strip-till. Les TCS sont donc envisageables si le sol est bien structuré.

La bonne date de semis

La date de semis est dépendante de la précocité de la variété et des conditions climatiques. Il est essentiel de semer dans un sol suffisamment réchauffé pour garantir une levée rapide, en s’assurant que la température du sol ait atteint au moins 10 °C à 5 cm de profondeur.

En zone Nord et Est, seules les variétés des groupes 000 et 00 sont adaptées. Des périodes optimales de semis sont définies en fonction de la région et du groupe de précocité (voir tableau).

Adapter l’écartement

L’utilisation d’un semoir monograine assurera une meilleure régularité à la levée et permettra un désherbage mécanique de la parcelle. L’écartement est à adapter selon le groupe de précocité : 18 à 30 cm pour le groupe 000 et 18 à 50 cm pour le groupe 00. En cas de semis réalisé avec un semoir à céréales, privilégiez les semis à faibles écartements (15 cm) pour une meilleure couverture du sol.

Dans les situations à risque sclérotinia, favorisez un grand écartement qui permet une meilleure aération du couvert.

Ajuster la profondeur et la densité de semis

Quel que soit le type de semoir utilisé, la graine doit être semée à 2 cm en semis précoce sur terre froide et battante. Pour les semis plus tardifs, sur terre chaude, ou sèche et motteuse, visez un semis plus profond à 3-4 cm.

Deux éléments sont à prendre en compte dans le choix de la densité de semis : le groupe de précocité et la conduite hydrique de la parcelle.

En cas de risque hydrique, la perte de potentiel peut être compensée par une augmentation du peuplement. Il conviendra d’ajuster le peuplement pour atteindre un objectif de 400 000 plantes par hectare pour les variétés du groupe 00 à 500 000 pour les variétés du groupe 000.

Cependant, veillez à ne pas majorer le semis au-delà des densités préconisées : cela entraînerait une concurrence entre plantes pour l’accès à l’eau et augmenterait le risque de maladies et de verse.

Inoculer pour assurer le développement des nodosités

Les rhizobiums, naturellement absents des sols européens, doivent être ajoutés dans les parcelles n’ayant jamais reçu de soja, si le dernier soja remonte à plus de 5 ans ou en situations de sol calcaire ou sableux. Plusieurs produits existent et sont à appliquer soit directement sur les semences, soit via des micro-granulés incorporés sur la ligne de semis (voir illustration).

Attention, les inocula contiennent des bactéries vivantes. Respecter le délai entre inoculation et semis permet de ne pas perdre en viabilité. Veillez également à ne pas exposer les semences inoculées à des conditions excessives de température et de lumière. Une fois semé, le contact terre-graine et l’humidité favoriseront la nodulation.