La Ferrandaise, de l’extinction aux projecteurs de Paris
Dans le Puy-de-Dôme, une poignée d’éleveurs passionnés a permis à la Ferrandaise de survivre. Leur travail acharné sera célébré en 2027, quand la race deviendra l’égérie du plus grand rendez-vous agricole français.
L’annonce du Salon international de l'agriculture, mi-juin, de choisir la Ferrandaise comme vache égérie, marque d'une pierre blanche l'histoire de la race. Alain Guéringer, président de l'association La Ferrandaise et les éleveurs ont reçu cette nouvelle avec « beaucoup de joie et un sentiment de consécration ». La vache originaire du Puy-de-Dôme se voit ainsi reconnue et saluée tout comme le travail de sauvegarde mené depuis plusieurs générations pour ne pas la voir disparaître. Un coup de projecteur pour le moins exceptionnel pour ce bovin, mais aussi pour tous ceux qui ont œuvré dans l’ombre. « Aujourd’hui, la Ferrandaise est mieux identifiée dans la région, mais il reste à la faire connaître auprès des métiers de bouche et du grand public. Certains bouchers ne la connaissent même pas », souligne-t-il.
Quasi-disparition
Dans les années 1980, la Ferrandaise frôlait l’extinction avec moins de 200 femelles et seulement cinq taureaux subsistant. Le programme de sauvegarde, lancé à la fin des années soixante-dix, a permis d’inverser la tendance. Aujourd’hui, on dénombre environ 4 000 femelles, dont plus de 3 000 vaches de plus de 2 ans, et 750 éleveurs en France possédant au moins un animal ferrandais. Parmi eux, 150 élèvent au moins dix vaches, principalement dans le Puy-de-Dôme, la Loire et le Cantal. « On peut considérer qu’elle a passé le cap de la sauvegarde, même si elle reste fragile », estime Alain Guéringer.
La race peut même rougir d'une belle dynamique avec une trentaine de taureaux disponibles en insémination artificielle et 50 à 60 individus en élevage. Le programme de sauvegarde de la race s'est attaché à préserver les caractéristiques de l'animal et notamment sa mixité lait et viande. « Nous n'avons nullement l'intention de créer deux rameaux distincts ». C'est d'ailleurs ce qui séduit aujourd'hui de nouveaux éleveurs.
La Ferrandaise est une vache ayant très peu évolué. Sa génétique actuelle est similaire à celle d'origine. Sa rusticité, son aptitude à la marche, ses facilités de vêlage et sa capacité à valoriser tous les types de fourrages en font une concurrente sérieuse. « Des jeunes cherchent des Ferrandaises pour des systèmes autonomes », observe le président. La Ferrandaise, une race à l'épreuve du temps et du changement climatique ? « Peut-être. Elle a toutes ses chances », affirme Alain Guéringer. Un partenariat avec l’Inrae étudie d’ailleurs le comportement de la race face aux fortes chaleurs, aux côtés d'autres races.
Le défi de la consanguinité
Cette race auvergnate a donc su rebondir, mais des défis persistent. La gestion de la consanguinité, héritée des effectifs réduits des années quatre-vingt, reste une préoccupation majeure pour la race. Avec seulement cinq mâles fondateurs, les parentés sont nombreuses et chaque éleveur doit veiller à éviter les croisements trop proches. L’Institut de l’élevage et l’association La Ferrandaise travaillent main dans la main pour éviter les risques, avec des plans de reproduction personnalisés pour chaque vache et chaque taureau en insémination artificielle. « J’ai moi-même un tableau de croisement pour connaître les risques dans mon élevage », explique Alain Guéringer. La base de données, mise à jour chaque année, permet de suivre cette diversité génétique. L'enjeu est à la fois individuel « même si les risques dans l'élevage ne sont pas visibles à court terme », mais surtout collectif. « Nous devons conserver à tout prix l'ouverture génétique reconstituée au fil des décennies grâce au plan de sauvegarde ».
Des données de production encore trop rares
Autre défi : l’absence de données suffisantes pour établir des références solides sur la production laitière ou bouchère. Peu d’éleveurs sont inscrits au contrôle laitier et le nombre d’animaux mesurés reste insuffisant pour publier des moyennes fiables. « On essaie de motiver les éleveurs, car on a besoin de ces références », insiste Alain Guéringer. Il estime que la production laitière moyenne d'une vache ferrandaise se situe autour de 4 000 litres par lactation, avec des pointes à 6 000 litres pour certains sujets. La Ferrandaise conserve ainsi son double potentiel, laitier et boucher, une mixité que les éleveurs tiennent à préserver. La consécration au Salon international de l'agriculture sera l’occasion de rappeler que la Ferrandaise, race discrète, mais résiliente, a su se relever grâce à la passion de ceux qui croient en elle. Et de prouver qu’elle a encore de beaux jours devant elle.
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Objectif : renouveler l'expérience visiteur
Pour son édition 2027 qui se tiendra porte de Versailles à Paris du 27 février au 7 mars, les organisateurs du Salon international de l'agriculture ont pour ambition de « renouveler l'expérience visiteur tout en garantissant une lisibilité optimale du parcours » en offrant « une expérience toujours plus fluide, immersive et inspirante ». Un vaste programme qui doit se composer en partie avec les travaux de modernisation du site et l'indisponibilité des pavillons 2 et 3 qui en résulte.
Dans ce nouveau parcours, l'univers « élevage » avec ses cinq rings et ses 4 000 animaux conservera ses repères. Les vaches, les moutons, les chèvres et les cochons régneront en maîtres dans le pavillon 1. Les visiteurs pourront admirer les chevaux et les ânes au pavillon 6. En revanche, les chats et les chiens rejoindront le pavillon 7.3. L’univers « cultures et filières végétales » restera positionné dans le Pavillon 4, à l’exception du secteur jardin et potager relocalisé dans le Pavillon 7.3. Les exposants de l’univers référence des « services et métiers de l’agriculture » investiront à nouveau les Pavillons 5.1 et 5.2. Quand le pôle d’attractivité de la Ferme pédagogique du SIA reviendra aux côtés des institutionnels. Enfin, les produits, agricultures et élevages du monde prendront place dans le Pavillon 7.2 et les produits de France métropolitaine et d’Outre-Mer se répartiront entre les Pavillons 4 et 7.1.