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Cinéma

Au cinéma, raconter un monde qui résiste et se transforme

Longtemps considéré comme un sujet marginal, le monde agricole est devenu un thème majeur du documentaire français. Le documentaire rural occupe une place singulière dans le cinéma français. Depuis plusieurs décennies, des réalisateurs choisissent de filmer les campagnes non comme des cartes postales, mais comme des territoires vivants, traversés par des crises économiques, sociales et humaines.

Par Christophe Soulard
Au cinéma, raconter un monde qui résiste et se transforme
La ferme des Bertrand, sur un élevage laitier de Haute-Savoie, a connu, en 2024, un succès incontestable pour un documentaire en rassemblant 245 000 spectateurs.

À travers des œuvres tournées parfois sur plusieurs années, des cinéastes ont choisi de filmer les campagnes, les fermes, les éleveurs et les mutations du travail rural. Ces documentaires ne se contentent pas de montrer des paysages ou des gestes agricoles : ils interrogent la transmission, l’isolement, la modernisation, la disparition progressive des petites exploitations et le rapport que les Français entretiennent avec leurs agriculteurs, leurs campagnes et leur territoire. Parmi les figures incontournables du documentaire rural français, Raymond Depardon occupe une place centrale. Lui-même fils d’agriculteurs, il a consacré une partie essentielle de son œuvre à la ruralité française. Sa trilogie Profils paysans — composée de L’Approche (2001), Le Quotidien (2005) et La Vie moderne (2008) — constitue aujourd’hui une référence majeure du cinéma documentaire. Pendant près de dix ans, Depardon a filmé des agriculteurs vieillissants, souvent célibataires, viva...

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