Une étude menée par la Chambre d'agriculture de la Nièvre
Mesurer l'efficacité économique des systèmes herbagers
Les ingénieurs du réseau des Chambres d'agriculture observent et analysent l'évolution des élevages de races à viande sur la zone traditionnelle du grand Massif Central depuis des années. A partir des données tirées des EDE et des élevages de référence, ils analysent la santé économique des exploitations et la projection dans le temps.
La crise qui touche ce secteur et l'évolution de la PAC marquent une dégradation de leur situation depuis les années 2000. Mieux cerner les paramètres qui doivent permettre aux éleveurs d'optimiser l'efficacité de leur élevage est l'objectif des services de la Chambre d'Agriculture. Lors de la présentation aux journées de Jalogny début octobre, en session de la Chambre d'Agriculture , puis lors de la réunion des OPA le 18 novembre, Christian Bourge a présenté les observations du réseau charolais.
[INTER]Un nombre d'éleveurs qui fond et des élevages qui concentrent les animaux[inter]
Les dossiers recueillis par les services de l'EDE constituent une richesse pour mesurer l'évolution de la taille des élevages, l'âge des éleveurs, la production et bien sûr l'évolution du cheptel, richesse qu'il faut conserver. Avec une très grande amplitude dans les résultats techniques et économiques dans les élevages, il faut noter une progression technique indiscutable. C'est une note optimiste qu'il convient de souligner. Cependant, des marges de progrès restent possibles pour tous les élevages qui se situent dans la moitié inférieure dans un département où l'élevage de naisseurs et la vente de maigre restent très prédominants. Il y a très peu d'élevages engraisseurs et la finition des vaches et génisses restent stable, il est important d'analyser les évolutions économiques possibles.
[INTER]La structuration de l'économie de l'élevage allaitant[inter]
De l'exposé de Christian Bourge, on peut retenir que quatre fonctions économiques essentielles se dégagent de l'élevage.
La première fonction est en fait de rembourser les annuités LMT et ADI. Puis il faut dégager une capacité financière à l'autofinancement. La troisième fonction est d'honorer les prélèvements privés, familiaux et associés, enfin, répondre aux besoins de main d'œuvre salariée. A partir de l'EBE (avant salaire) et le produit brut, il définit l'échelle d'évolution de l'efficacité économique des systèmes herbagers en soulignant que la maitrise ne se situe entre 37 à 39 % EBE sur le produit brut.
Par ailleurs, si l'on étudie le ratio LMT sur le produit, la plage optimisée se situe entre 15 et 17 %. Il restera à fixer les objectifs de prélèvement privés pour évaluer la dimension de cheptel nécessaire pour atteindre ces objectifs.
En croisant toutes ces variables, force est de constater que la taille des cheptels par unité de main d'œuvre doit inéluctablement augmenter au fur et à mesure que les objectifs sont élevés. De 12000€/an ou à 24000€/an voire plus, avec le facteur limitant qu'est la main d'œuvre.
Enfin, l'étude montre qu'acquérir le capital (bâtiments et cheptel) reste une problématique importante pour les jeunes agriculteurs qui devront avoir recours à l'emprunt au détriment des autres fonctions économiques précisées plus haut. La formule retenue par certains jeunes agriculteurs est donc de s'installer sous des formes sociétaires pour étaler dans le temps la reprise du capital.
[INTER]L'audit en élevage, une nécessité[inter]
Dans un système qui reste lié à des charges opérationnelles difficilement compressibles, des charges de structures également lourdes, la productivité de la main d'œuvre reste déterminante. Elle inclut les résultats techniques de l'exploitation avec une vision de gestion globale de l'élevage (ce qui est différent d'une gestion fiscale).
Certes, les actions syndicales récentes pour faire remonter le prix de la viande bovine peut concourir à améliorer la situation. Il restera néanmoins à étudier, au cas par cas, la situation exacte des élevages. La Chambre d'Agriculture étudie la possibilité d'intervenir précisément chez les éleveurs qui le souhaiteront avec le logiciel «mon troupeau». C'est un premier pas vers des audits approfondis nécessaires dans la gestion de son exploitation.
[INTER]Un nombre d'éleveurs qui fond et des élevages qui concentrent les animaux[inter]
Les dossiers recueillis par les services de l'EDE constituent une richesse pour mesurer l'évolution de la taille des élevages, l'âge des éleveurs, la production et bien sûr l'évolution du cheptel, richesse qu'il faut conserver. Avec une très grande amplitude dans les résultats techniques et économiques dans les élevages, il faut noter une progression technique indiscutable. C'est une note optimiste qu'il convient de souligner. Cependant, des marges de progrès restent possibles pour tous les élevages qui se situent dans la moitié inférieure dans un département où l'élevage de naisseurs et la vente de maigre restent très prédominants. Il y a très peu d'élevages engraisseurs et la finition des vaches et génisses restent stable, il est important d'analyser les évolutions économiques possibles.
[INTER]La structuration de l'économie de l'élevage allaitant[inter]
De l'exposé de Christian Bourge, on peut retenir que quatre fonctions économiques essentielles se dégagent de l'élevage.
La première fonction est en fait de rembourser les annuités LMT et ADI. Puis il faut dégager une capacité financière à l'autofinancement. La troisième fonction est d'honorer les prélèvements privés, familiaux et associés, enfin, répondre aux besoins de main d'œuvre salariée. A partir de l'EBE (avant salaire) et le produit brut, il définit l'échelle d'évolution de l'efficacité économique des systèmes herbagers en soulignant que la maitrise ne se situe entre 37 à 39 % EBE sur le produit brut.
Par ailleurs, si l'on étudie le ratio LMT sur le produit, la plage optimisée se situe entre 15 et 17 %. Il restera à fixer les objectifs de prélèvement privés pour évaluer la dimension de cheptel nécessaire pour atteindre ces objectifs.
En croisant toutes ces variables, force est de constater que la taille des cheptels par unité de main d'œuvre doit inéluctablement augmenter au fur et à mesure que les objectifs sont élevés. De 12000€/an ou à 24000€/an voire plus, avec le facteur limitant qu'est la main d'œuvre.
Enfin, l'étude montre qu'acquérir le capital (bâtiments et cheptel) reste une problématique importante pour les jeunes agriculteurs qui devront avoir recours à l'emprunt au détriment des autres fonctions économiques précisées plus haut. La formule retenue par certains jeunes agriculteurs est donc de s'installer sous des formes sociétaires pour étaler dans le temps la reprise du capital.
[INTER]L'audit en élevage, une nécessité[inter]
Dans un système qui reste lié à des charges opérationnelles difficilement compressibles, des charges de structures également lourdes, la productivité de la main d'œuvre reste déterminante. Elle inclut les résultats techniques de l'exploitation avec une vision de gestion globale de l'élevage (ce qui est différent d'une gestion fiscale).
Certes, les actions syndicales récentes pour faire remonter le prix de la viande bovine peut concourir à améliorer la situation. Il restera néanmoins à étudier, au cas par cas, la situation exacte des élevages. La Chambre d'Agriculture étudie la possibilité d'intervenir précisément chez les éleveurs qui le souhaiteront avec le logiciel «mon troupeau». C'est un premier pas vers des audits approfondis nécessaires dans la gestion de son exploitation.