Mais faites du cochon !
Les acteurs de l'élevage porcin se sont réunis début juin à la Maison de l'agriculture de Bretenière. Des messages positifs et encourageants sont envoyés.
L'Union régionale des groupements de producteurs de porcs de Bourgogne (URGPP) et l’interprofession Interporc ont tenu leurs assemblées générales respectives à Bretenière. Plutôt que de mettre l'accent sur des habituelles « attaques » dont font face certains projets, nous nous concentrerons ici sur des éléments positifs de la production. « Oui, du positif, c'est ce que nous voulons retenir de nos différents échanges de ce jour. On nous parle sans cesse de souveraineté alimentaire avec des productions locales. Eh bien le cochon a toute sa carte à jouer ! », insistent Samuel Jeannerot, chargé de mission et Emmanuel Thiery, président des deux organismes réunis à la Maison de l'agriculture. L'éleveur d'Agencourt invite tous ses homologues ayant un projet en tête ou une simple question à contacter Samuel Jeannerot : « nous les renseignerons et les aiguillerons vers les structures adéquates pour monter un dossier. Si, dans certains cas précis, il y a des difficultés pour mener à bien un projet, dans d'autres configurations, tout se passe très bien ! ».
Le plein d'atouts
Emmanuel Thiery rappelle que la région est déficitaire en termes de production : « il y a des opportunités à saisir sachant qu'en plus, la moyenne d'âge des éleveurs va en avançant… La consommation est bien remontée en 2025 pour atteindre 31,6 kg par personne, soit le même niveau que la volaille. Aucune autre viande ne fait mieux dans notre pays ». Le responsable professionnel informe que « les résultats économiques des ateliers porcins de ces 10 ou 15 dernières années sont intéressants » : « notre production est très rentable et peut représenter un excellent complément pour les fermes céréalières qui ne peuvent pas se développer, faute de surfaces ». Emmanuel Thiery ajoute que « d'énormes efforts ont été réalisés dans le bien-être animal. Niveau technique, nous avons énormément progressé aussi. Il y a 30 ans, un éleveur qui sevrait 10 porcelets avait de quoi être content. Aujourd'hui, nous sommes régulièrement à 14, dans une certaine routine. Certains arrivent même à 15, pour une moyenne de 2,5 portées par an. Un autre atout : la consommation en antibiotiques est devenue extrêmement faible dans nos élevages ».
Un système vertueux
Le Côte-d'Orien aime également rappeler qu'un élevage porcin est « tout sauf hors-sol » : « nos systèmes sont très liés à la terre, avec des synergies positives entre les productions animales et végétales. Une partie de nos récoltes est utilisée pour nourrir nos animaux, tandis que les effluents d’élevage viennent fertiliser les cultures de la ferme. Le bilan carbone du porc est d'autant plus intéressant ! Les élevages porcins sont souvent qualifiés d'industriels mais il n'en est rien. Nous avons besoin de bâtiments pour maîtriser plusieurs paramètres d'élevage et assurer une ambiance optimale pour les porcs ». La création d'un atelier représente forcément un investissement, mais « celui-ci n'est pas si important que cela dans le coût de production d'un cochon », tempère notre interlocuteur.
Les cours vont remonter
Ces messages très positifs interviennent paradoxalement dans un contexte assez difficile lié à une baisse des prix. Emmanuel Thiery confirme : « c'est vrai, nous sommes au moment où je vous parle à un prix de base d'1,433 euros/kg, tarif auquel il faut ajouter des plus-values pouvant aller jusqu'à 20 centimes. La raison ? Il y a eu une crise sanitaire en Espagne avec de la fièvre porcine africaine, près de Barcelone, qui a fait perdre les autorisations d'exportations vers l'Asie, notamment. Une grande quantité d'animaux ont été diffusés en Europe, ce qui a fait baisser les cours… Mais nous nous attendons à une remontée assez rapide dans les prochaines semaines. Nous ne reviendrons sans doute pas à 2 euros/kg comme il y a deux ans, mais si nous arrivons à 1,60 voire 1,80 euro/kg, ce serait bien ».
Contact : Samuel Jeannerot (06 07 66 87 17, samuel.jeannerot@bfc.chambagri.fr)