Maires, qui êtes-vous ?
À l'approche des élections municipales, l'Insee Bourgogne Franche-Comté a dressé un panorama sociologique des maires de notre région. Les agriculteurs y sont plutôt bien représentés, en comparaison de leur poids démographique dans la population totale.
La diversité de la société française se retrouve-t-elle parmi les maires ? Cette question a été soulevée par l'organisme de statistiques Insee, à travers une étude menée à l'échelle de la Bourgogne-Franche-Comté (BFC). Le but étant de voir si ces élus locaux sont véritablement le reflet de la composition de nos sociétés, rurales ou citadines. Une bonne occasion, pour Terres de Bourgogne, d'évaluer le poids de la sphère agricole parmi ces élus, en très grande partie ruraux, en BFC. La région est « riche en maires » : on en compte 3671, soit 13 maires pour 10 000 habitants. Notre région est ainsi la mieux dotée de France dans ce domaine par rapport à son nombre d'habitants, la moyenne de la France métropolitaine étant à 5 maires pour 10 000 habitants. Cela s'explique aussi en partie par le fait que la BFC compte beaucoup de petites communes : 86 % d'entre elles ont moins de 1 000 habitants (c'est 71 % pour la moyenne française). Depuis les dernières élections de 2020, un maire sur 10 a changé dans la région : 7 % pour cause de démission. Pour le reste, la raison de ce changement est liée à un décès.
Beaucoup de retraités
Les maires sont majoritairement des personnes d'âge mûr. En BFC, deux tiers d'entre eux ont 60 ans ou plus. Près de 6 maires sur 10 sont retraités ou cadres. La première catégorie socioprofessionnelle qu'on trouve parmi les maires est celle des retraités (39 % des maires de BFC) : leur statut de personnes expérimentées et plus disponibles n'est sans doute pas étranger à cette proportion, pour des mandats qui réclament beaucoup d'investissement personnel. On trouve ensuite 19 % de cadres et 12 % de professions intermédiaires. Quant aux agriculteurs, où se situent-ils dans cet ensemble ? Avec 420 maires agriculteurs en BFC, ils représentent 11 % des maires (des personnes avec un fort ancrage territorial et souvent, la présence de leur exploitation sur la commune). Les agriculteurs sont aussi assez logiquement plus présents dans les petites communes : 14 % des maires dans les communes de moins de 500 habitants, 8 % dans celles de 500 à 999 habitants et 4 % dans celle de 1 000 à 3 500 habitants. La plus grosse proportion de maires agriculteurs se trouve dans la Nièvre (16 %, contre 11 % pour l'ensemble de la BFC), on trouve ensuite à égalité la Côte-d'Or et l'Yonne (13 %) puis le Doubs (11 %). Dans le Territoire de Belfort, ils ne sont que 2 %.
Présents chez les jeunes
Il est aussi intéressant d'observer la composition sociologique des jeunes conseillers municipaux régionaux de BFC (des élus de moins de 35 ans) qui représentent, d'une certaine manière, l'avenir : les agriculteurs représentent 15 % de ces élus, avec une pointe à 23 % dans la Nièvre contre seulement 12 % en Côte-d'Or et 14 % dans l'Yonne. Enfin, dernier point concernant le poids des agriculteurs parmi les maires de BFC : leur niveau de représentation en tant que maire, par rapport à leur poids démographique dans la population globale. Clairement, en BFC, ils sont de loin la catégorie la mieux représentée parmi les maires (11 %, alors qu'ils ne sont que 1 % de la population globale). En comparaison les cadres et professions intellectuelles supérieures représentent 19 % des maires contre 7 % de la population, et les retraités 39 % des maires contre 34 % de la population. À l’inverse, les employés, qui sont 13 % de la population, ne représentent que 7 % des maires. Au global, en dehors des retraités, des cadres et des agriculteurs, les autres catégories socioprofessionnelles représentent 19 % des maires : 7 % d'employés, 6 % d'artisans, commerçants ou chefs d'entreprise, 4 % d'ouvriers et 2 % sans activité professionnelle. Enfin, seuls 21 % des maires sont des femmes, même si la féminisation a progressé ces dernières années. L'étude de l'Insee révèle donc de vraies disparités entre le profil sociologique des maires de BFC et celui de la population dans sa globalité. Le scrutin à venir changera-t-il la donne ? Réponse le 22 mars au soir.