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Repas locaux dans les collèges

Les producteurs doivent s'€™organiser pour aller plus loin

Le Conseil général et la Chambre d'€™agriculture ont invité le 3 juillet les producteurs et les gestionnaires de collèges impliqués dans la fourniture de repas locaux aux collégiens du département. Montée en puissance.
Par Emmanuel Coulombeix
Les producteurs doivent s'€™organiser pour aller plus loin
Colette Mongiat et Olivier Laporte ont fait le bilan des circuits courts dans les collèges depuis le lancement du projet en 2011.
Dans le cadre de l'€™action N°26 du projet territorial Nièvre 2021, le Conseil général a engagé à la mi-2011, avec la Chambre d'€™agriculture, une expérimentation auprès de six collèges pilotes volontaires (Les Courlis à Nevers, Luzy, Donzy, La Machine, St Amand en Puisaye et Cercy-la-Tour) pour assurer un approvisionnement en produits locaux des restaurants scolaires. Au cours de l'€™année scolaire 2012-2013, qui vient de s'€™achever, un collège est sorti du dispositif (Luzy) mais cinq autres y sont entrés (Adam Billaut à Nevers, Moulins-Engilbert, Montsauche-les-Settons, Lormes et Corbigny). Eduquer les jeunes au goût, favoriser le rôle économique des producteurs locaux, mieux gérer les déchets: tels sont quelques uns des principaux atouts de cette initiative avant tout politique, transformée depuis deux ans en opportunité commerciale pour les quelques 25 agriculteurs nivernais impliqués. Autour de Colette Mongiat, conseillère générale chargée de l'€™éducation, Olivier Laporte, porteur du projet au nom de la Chambre d'€™agriculure, plusieurs producteurs et gestionnaires de collèges se sont donc réunis le 3 juillet pour faire le bilan de l'€™année écoulée.
17000 repas en deux ans
A raison de 7 repas locaux dans 6 collèges la première année, puis d'€™un par mois dans 10 collèges la seconde, «c'€™est un total de 17000 repas qui ont été servis aux jeunes Nivernais depuis le lancement du projet» a annoncé Colette Mongiat. Le Conseil général a budgeté une enveloppe de 30 000 euros en 2012 et l'€™a reconduite en 2013. Il verse aux collèges l'€™équivalent d'€™1 euro par repas servi. Pour les représentants des collèges, Roger Boulard, principal de La Machine, a tiré les premiers enseignements de deux enquêtes réalisées auprès des jeunes lors de deux des repas de l'€™année. «Le bilan est très positif. Les élèves aiment les plats. Les cuisiniers apprécient les produits frais et les cuissons plus ou moins longues. Et nous avons instauré avec les producteurs une relation de longue durée qui nous satisfait, que ce soit par la visite dans les exploitations ou la venue des producteurs dans les collèges» a-t-il d'€™emblée souligné. Reste que le projet, dont la mécanique semble aussi lourde et complexe que le nombre de repas locaux symbolique, se heurte aussi à quelques freins. «La logistique nous offre beaucoup de questions sans réponse, malgré la bonne volonté des partenaires. Certains collèges ne sont livrés que parce que le producteur se situe à proximité. Le collège de Donzy a dû lui-même aller chercher ses produits en voiture, ce qui pose un problème au regard des normes de sécurité alimentaire. Il y a aussi un manque de diversité dans la gamme des produits nivernais: nous avons manqué de fruits et légumes par exemple et lors du repas du 13/06, compte tenu des conditions météo, certains collèges se sont tournés vers les filières courtes de grossistes». Ce qui a fait dire à Colette Mongiat que «l'€™intérêt de la démarche reste quand même de proposer un repas complet 100% local de l'€™entrée au dessert». Et puis le prix du repas reste aussi assez aléatoire, ayant même explosé jusqu'€™à
6 euros à cause des intempéries de l'€™hiver dans certains établissements (moyenne en baisse de
2,96 euros en 2012 contre 3,07 euros en 2011).
Structuration de la filière
Depuis cette année, les producteurs et les collèges participants sont tenus de signer une charte d'€™engagement qui implique notamment l'€™inscription à la plateforme internet de mise en relation Loc'€™Halles, portée par le Conseil régional en faveur des circuits courts. Pour faire face aux difficultés pratiques, qui relèvent parfois de la cohabitation entre trois mondes différents (éducation, agriculture, développement durable...), l'€™idée du Conseil général et de la Chambre d'€™agriculture, en parallèle à la montée en puissance du dispositif, est de structurer la filière. Est évoquée la création d'€™une organisation de producteurs ou, à tout le moins, la désignation d'€™un coordinateur, ne serait-ce que pour se substituer au travail relationnel de la Chambre (équivalent d'€™un tiers temps plein) jugé coûteux et ne pouvant pas se voir pérenniser à long terme. Si des livraisons en commun sont déjà initiées, elle demeurent l'€™exception et Olivier Laporte entend bien les promouvoir au sein des producteurs. Surtout, les circuits courts demandent à être davantage valorisés puisque les agriculteurs participants ne livrent finalement qu'€™une petite quantité de leur production. «280 fromages de chèvre, pour moi, c'€™est symbolique» disait Jean-François Vavon lors de la réunion. Alors que le développement de ce mode d'€™approvisionnement citoyen peut intéresser plus d'€™une collectivité. Les lycées (dépendant du Conseil régional) mais surtout les maisons de retraite (qui servent des repas 365 jours par an) sont des débouchés potentiels importants. Selon Serge Athiel, le responsable «circuits courts» du Conseil général, le chiffre d'€™affaires dégagé cette année par les repas locaux dans les collèges a représenté
40 000 euros. Seulement.