Conjoncture
Les prix, dossier chaud de l'été
Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, prévient: si les grandes surfaces refusent de négocier une adaptation des prix de vente des produits d'origine agricole, «on va bouger dans les régions». Autrement dit, les paysans pourraient manifester dans les grandes surfaces dès la semaine du 30 juillet. Le retour de la hausse des prix des matières premières agricoles a commencé sérieusement d'handicaper les marges des éleveurs. Tous demandent aux grandes surfaces d'en tenir compte et d'ajuster leurs prix d'achat des produits agricoles ou d'origine agricole.
La formule est consacrée : l'été sera chaud. Pas seulement en termes de température mais aussi, peut-être, en termes d'action syndicale agricole sur le terrain. Le président de la FNSEA Xavier Beulin, pourtant en général moins tenté par l'action syndicale de terrain que par des négociations en direct avec les acteurs économiques, prévient : si les grandes surfaces refusent de négocier une adaptation des prix de vente des produits d'origine agricole, [I]«on va bouger dans les régions»[i].
Tout tient en une date : le 3 mai. L'accord du 3 mai 2011 engageait ses signataires (FNSEA, Industriels, FCD pour les distributeurs) à prendre en compte les variations excessives des prix de l'alimentation animale dans les négociations commerciales.
[INTER]Conditions réunies pour renégocier avec les grandes surfaces[inter]
[I]«Nous devons faire vivre l'accord du 3 mai»,[i] insiste Xavier Beulin. Qui voudrait aussi en étendre l'application aux produits laitiers. De presque tous les secteurs de l'élevage, des communiqués affluent pour tirer des sonnettes d'alarme. Le problème est d'autant plus préoccupant que la flambée des prix des matières premières semble devoir durer. Les «fondamentaux» selon le terme convenu, installe les grandes cultures dans une tendance haussière au moins pour la prochaine récolte. Sécheresse aux états-Unis, baisse de production dans la région mer Noire, poursuite de la hausse de la demande internationale... Ce ne sera pas une flambée de courte durée.
[INTER]Une question politique[inter]
Pour l'instant, les grands surfaces se font tirer l'oreille. Ou tout au moins leurs réactions sont très sporadiques.
La question n'est-elle que technique ? Non. Elle est également politique et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll en est conscient. D'une part il a déclaré publiquement qu'il faut soutenir l'accord du 3 mai. D'autre part, il compte faire d'une réunion de concertation prévue le 7 septembre sur la réforme de la Pac l'occasion d'analyser les filières de l'élevage et l'impact de la hausse de leurs coûts.
Tous cherchent à [I]«dégoupiller»[i] la grenade de la flambée des prix et de ses effets. Les raisons sont multiples, au-delà des conséquences très dures sur les éleveurs.
Dans certaines régions d'élevage, on recommence à poser la question de la contribution des céréaliers à une meilleure maîtrise des coûts d'aliment du bétail. D'autant que la conjoncture d'exportation pour la France céréalière va être excellente. Le marché mondial est plus tendu que jamais et la France est un des seuls pays à produire plus, selon les prévisions.
Enfin, côté Pouvoirs publics, à l'heure où les plans sociaux se multiplient, avec un taux de chômage qui va augmenter, il faut éviter une explosion des prix alimentaires. A défendre le revenu des éleveurs, Stéphane Le Foll risque d'être un peu seul au sein du gouvernement et surtout de manquer singulièrement de moyens en pleins période de restrictions budgétaires.
Voilà autant de raisons pour lesquelles le président de la FNSEA vient de demander un rendez-vous avec le Président de la République.
Officiellement il s'agit de voir que peut être le rôle de la France dans une planète soumise à la flambée des prix et de parler d'un [I]«pacte»[i] possible sur la stabilité des matières premières agricoles [I]«car il n'est pas admissible de jouer avec la sécurité alimentaire des peuples»[i], dit Xavier Beulin. Mais il s'agit sans doute aussi de sensibiliser François Hollande à la difficile équation de cette flambée des prix pour le monde agricole et pour la France en général. Une issue en douceur est préférable pour tous plutôt qu'un été chaud.
Tout tient en une date : le 3 mai. L'accord du 3 mai 2011 engageait ses signataires (FNSEA, Industriels, FCD pour les distributeurs) à prendre en compte les variations excessives des prix de l'alimentation animale dans les négociations commerciales.
[INTER]Conditions réunies pour renégocier avec les grandes surfaces[inter]
[I]«Nous devons faire vivre l'accord du 3 mai»,[i] insiste Xavier Beulin. Qui voudrait aussi en étendre l'application aux produits laitiers. De presque tous les secteurs de l'élevage, des communiqués affluent pour tirer des sonnettes d'alarme. Le problème est d'autant plus préoccupant que la flambée des prix des matières premières semble devoir durer. Les «fondamentaux» selon le terme convenu, installe les grandes cultures dans une tendance haussière au moins pour la prochaine récolte. Sécheresse aux états-Unis, baisse de production dans la région mer Noire, poursuite de la hausse de la demande internationale... Ce ne sera pas une flambée de courte durée.
[INTER]Une question politique[inter]
Pour l'instant, les grands surfaces se font tirer l'oreille. Ou tout au moins leurs réactions sont très sporadiques.
La question n'est-elle que technique ? Non. Elle est également politique et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll en est conscient. D'une part il a déclaré publiquement qu'il faut soutenir l'accord du 3 mai. D'autre part, il compte faire d'une réunion de concertation prévue le 7 septembre sur la réforme de la Pac l'occasion d'analyser les filières de l'élevage et l'impact de la hausse de leurs coûts.
Tous cherchent à [I]«dégoupiller»[i] la grenade de la flambée des prix et de ses effets. Les raisons sont multiples, au-delà des conséquences très dures sur les éleveurs.
Dans certaines régions d'élevage, on recommence à poser la question de la contribution des céréaliers à une meilleure maîtrise des coûts d'aliment du bétail. D'autant que la conjoncture d'exportation pour la France céréalière va être excellente. Le marché mondial est plus tendu que jamais et la France est un des seuls pays à produire plus, selon les prévisions.
Enfin, côté Pouvoirs publics, à l'heure où les plans sociaux se multiplient, avec un taux de chômage qui va augmenter, il faut éviter une explosion des prix alimentaires. A défendre le revenu des éleveurs, Stéphane Le Foll risque d'être un peu seul au sein du gouvernement et surtout de manquer singulièrement de moyens en pleins période de restrictions budgétaires.
Voilà autant de raisons pour lesquelles le président de la FNSEA vient de demander un rendez-vous avec le Président de la République.
Officiellement il s'agit de voir que peut être le rôle de la France dans une planète soumise à la flambée des prix et de parler d'un [I]«pacte»[i] possible sur la stabilité des matières premières agricoles [I]«car il n'est pas admissible de jouer avec la sécurité alimentaire des peuples»[i], dit Xavier Beulin. Mais il s'agit sans doute aussi de sensibiliser François Hollande à la difficile équation de cette flambée des prix pour le monde agricole et pour la France en général. Une issue en douceur est préférable pour tous plutôt qu'un été chaud.