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Après la mobilisation du 3 septembre

Les Pouvoirs publics s’engagent

Dès le départ , l’ampleur de la manifestation a marqué les esprits. Des kilomètres de convois, avec plus de 1700 tracteurs, ont convergé vers le centre du pouvoir: Palais Bourbon et Matignon. C’était gagné pour la mobilisation, mais beaucoup de manifestants sont restés sur leur faim, en dépit des annonces gouvernementales.
Par Ma signature
Les Pouvoirs publics s’engagent
Xavier Beulin accédant à la tribune pour livrer les annonces gouvernementales dévoilées en fin de matinée
Avec plus de 1700 tracteurs comptabilisés place de la Nation, au lieu des 1000 espérés, les agriculteurs ont fait la preuve d’une mobilisation d’envergure qui n’a pas fléchi du Palais Bourbon à Matignon, où une délégation emmenée par Xavier Beulin, président de la FNSEA et Thomas Diemer, président des JA, a été reçue pendant deux heures par le Premier ministre et Stéphane Le Foll.

La question des prix reste posée...
Le Premier ministre n’a pas manqué d’apporter des réponses en matière d’allègement de charges et de stabilisation des normes, mais de nombreux éleveurs attendaient aussi des engagements sur les prix qu’ils n’ont pas eu.
Certains ont manifesté bruyamment et fermement leur déception, alors que ce chantier est ouvert depuis juillet et que des engagements avaient été pris avec les distributeurs et les abatteurs sous l’égide du ministre de l’Agriculture.
Reste qu’il n’est pas du pouvoir d’un Premier ministre, quel qu’il soit, de fixer des prix et que le soutien des marchés relève de décisions communautaires. Les agriculteurs ont du mal à encaisser que ce soit eux qui paient le prix de l’embargo russe et que la commission européenne soit aussi «autiste» à leurs revendications.
La manifestation du 7 septembre à Bruxelles a confirmé leurs craintes (voir l’article ci-dessous).

Les principales mesures annoncées par Manuel Vals

- Trésorerie d’urgence : doublement des crédits, prévus par le plan de soutien de juillet pour la prise en charge des intérêts d’emprunts, qui sont portés à 100 M€.  Triplement de ceux prévus pour l’allègement des cotisations sociales, à 150 M€.
- Investissement : année blanche avec report du total des annuités de 2015 à 2016.
50M€ seront consacrés aux baisses des cotisations sociales, la cotisation minimum maladie passant de 833 à 457 €.
- Normes : aucune mesure nationale ne sera prise au-delà des obligations communautaires pendant six mois. Les professionnels agricoles seront associés plus en amont dans l’élaboration des mesures et pour une plus grande cohérence de la réglementation.
- Modernisation : les filières d’élevage bénéficieront d’un soutien renforcé, avec une hausse des crédits du ministère de l’Agriculture à hauteur de 30M€/an pendant trois ans. Les régions et la programmation communautaire contribueront aussi, à hauteur de 30M€ chacune, au total des aides publiques pour les investissements subventionnés dans les exploitations, soit 350M€ par an sur trois ans. La modernisation des outils d’abattage-découpe psse de 20 à 50 M€.
- D’autres mesures sont prévues par le gouvernement comme : le non remboursement de la DJA pour non atteinte du revenu prévu en 2014 ou 2015, le lancement d’une réflexion sur la fiscalité, la relance de la méthanisation, le développement du bioéthanol dans les carburants, la mobilisation de fonds de la BPI (banque publique d’investissement)...