Bientôt la fermeture de la chasse
Les dégâts de sangliers augmentent, l'inquiétude aussi
La fermeture de la chasse est prévue pour le 28 février prochain. Sur certains secteurs du département, les inquiétudes grandissent en même temps que se multiplient les attaques de sangliers dans les prés. Les conséquences pour les agriculteurs sont économiques autant que culturales et la FDSEA58 demande aux Pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités.
Corbigny, le long de la route qui mène à Château-Chinon. Dans un pré longeant un bois, Patrick Dorlet, éleveur aux Granges, se désole. Une de ses parcelles, imbibée de toute l'humidité laissée par les intempéries de ce début d'hiver (pluie et neige), est devenue un vrai capharnaüm. Des mottes de terres apparentes jonchent le sol, de façon disparate mais régulière, vestiges des attaques de sangliers. «Cette année, ils n'ont rien à se mettre sous la dent. Il n'y a pas de glands dans le bois et ils viennent donc chercher dans les prés de quoi se nourrir» témoigne l'éleveur corbigeois qui n'est pas un cas isolé. Dans le secteur cinq autres agriculteurs se plaignent des stigmates laissés aux prés. Sans parler des pénétrations sulfureuses dans les bâtiments d'élevage où les «cochons» viennent consommer l'ensilage au cornadis. Outre le risque sanitaire, les conséquences sont culturales: «partout où ils retournent la terre, les sangliers entraînent une poussée de chardons et de chiendent au printemps». Et, autre impact, économique cette fois: « cela nous oblige à traîter avec un antidicot à la sortie de l'hiver». Ses 15 hectares servent à produire du foin, tardivement, en juin, avant le lâcher des vaches, tout aussi tardivement, vers le 14 juillet, mais là, Patrick Dorlet évoque la perte d'au moins 1 hectare, vu le désordre visible sur ses prés.
[INTER]3-4 familles de sangliers[inter]
L'éleveur estime le nombre de ses hôtes indélicats à une bande de 3-4 familles de sangliers. Il a fait appel à la Société des chasseurs de l'aqueduc de Montreuillon, la société locale, qui a obtenu fin janvier 2 bagues supplémentaires (ndlr: en plus des 30 déjà accordées) de la part de la Fédération départementale des chasseurs. Une goutte d'eau pour Patrick Dorlet qui, une fois n'est pas coutume, va déposer un dossier de demande d'indemnisation à cette même fédération. «Quand je vais acheter mon permis de chasse, on ne m'en fait pas cadeau. Les bagues aussi coûtent cher (autour de 50 euros). Je ne vois pas pourquoi je ferais des cadeaux» résume, fataliste, l'agriculteur corbigeois qui parle d'«indemnisation de misère, pour un coût d'étaupeuse à 40 euros de l'heure». Et Patrick Dorlet met en cause la Fédération des chasseurs «qui veut garder des sangliers pour l'an prochain et qui décourage des chasseurs qui ont bien du mérite d'encore exercer leur coûteux loisir».
[INTER]Questionnement des acteurs de terrain ... [inter]
Stéphane Lafranchise, directeur de la FDSEA58, s'est de son côté rendu, lundi dernier sur les parcelles de Patrick Bruandet à Balleray, où il a pu constater le même paysage de dévastation et faire état, en compagnie de responsables locaux de chasse, de pratiques fédérales ne visant manifestement pas à véritablement assurer la régulation des populations. Et si le plan de gestion, mis en place il y a deux ans, se devait d'introduire une souplesse dans l'attribution des bagues, Patrick Bruandet, représentant des agriculteurs au CTL (Comité Technique Local) ainsi que le président de chasse local dénoncent des pratiques laissant légitimement apparaître un questionnement sur la manière dont sont gérées les affaires: «Malgré nos demandes successives de bagues, aucun signal positif ne nous est donné. Depuis deux dimanches, nous ne pouvons plus chasser alors que les dégâts explosent, et sommes contraints de rester à la cabane pour jouer aux cartes» déplore ce passionné, conscient des dommages subis par Patrick Bruandet. «Tout se fait en petit comité» dénonce pour sa part l'agriculteur, précisant que la dernière réunion du CTL s'est tenue le 7 décembre et que deux vagues d'attribution ont eu lieu depuis, sans concertation partagée. Ayant comptabilisé une centaine de «cochons» sur un territoire d'environ 5000 hectares, les deux locaux craignent une explosion incontrôlable des dégâts avec les mises bas des laies prévues dans les semaines à venir et l'arrêt de la pression de chasse après le 28 février. «Il faut que des dispositions soit rapidement prises», réclame Patrick Bruandet, sans quoi des comportements réactionnaires risquent d'émailler le quotidien tranquille de ce coin des Amognes. Des propos, relayés par nombre d'agriculteurs nivernais ces dernières semaines, excédés et désormais sur la brèche..
[INTER]3-4 familles de sangliers[inter]
L'éleveur estime le nombre de ses hôtes indélicats à une bande de 3-4 familles de sangliers. Il a fait appel à la Société des chasseurs de l'aqueduc de Montreuillon, la société locale, qui a obtenu fin janvier 2 bagues supplémentaires (ndlr: en plus des 30 déjà accordées) de la part de la Fédération départementale des chasseurs. Une goutte d'eau pour Patrick Dorlet qui, une fois n'est pas coutume, va déposer un dossier de demande d'indemnisation à cette même fédération. «Quand je vais acheter mon permis de chasse, on ne m'en fait pas cadeau. Les bagues aussi coûtent cher (autour de 50 euros). Je ne vois pas pourquoi je ferais des cadeaux» résume, fataliste, l'agriculteur corbigeois qui parle d'«indemnisation de misère, pour un coût d'étaupeuse à 40 euros de l'heure». Et Patrick Dorlet met en cause la Fédération des chasseurs «qui veut garder des sangliers pour l'an prochain et qui décourage des chasseurs qui ont bien du mérite d'encore exercer leur coûteux loisir».
[INTER]Questionnement des acteurs de terrain ... [inter]
Stéphane Lafranchise, directeur de la FDSEA58, s'est de son côté rendu, lundi dernier sur les parcelles de Patrick Bruandet à Balleray, où il a pu constater le même paysage de dévastation et faire état, en compagnie de responsables locaux de chasse, de pratiques fédérales ne visant manifestement pas à véritablement assurer la régulation des populations. Et si le plan de gestion, mis en place il y a deux ans, se devait d'introduire une souplesse dans l'attribution des bagues, Patrick Bruandet, représentant des agriculteurs au CTL (Comité Technique Local) ainsi que le président de chasse local dénoncent des pratiques laissant légitimement apparaître un questionnement sur la manière dont sont gérées les affaires: «Malgré nos demandes successives de bagues, aucun signal positif ne nous est donné. Depuis deux dimanches, nous ne pouvons plus chasser alors que les dégâts explosent, et sommes contraints de rester à la cabane pour jouer aux cartes» déplore ce passionné, conscient des dommages subis par Patrick Bruandet. «Tout se fait en petit comité» dénonce pour sa part l'agriculteur, précisant que la dernière réunion du CTL s'est tenue le 7 décembre et que deux vagues d'attribution ont eu lieu depuis, sans concertation partagée. Ayant comptabilisé une centaine de «cochons» sur un territoire d'environ 5000 hectares, les deux locaux craignent une explosion incontrôlable des dégâts avec les mises bas des laies prévues dans les semaines à venir et l'arrêt de la pression de chasse après le 28 février. «Il faut que des dispositions soit rapidement prises», réclame Patrick Bruandet, sans quoi des comportements réactionnaires risquent d'émailler le quotidien tranquille de ce coin des Amognes. Des propos, relayés par nombre d'agriculteurs nivernais ces dernières semaines, excédés et désormais sur la brèche..