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Clôtures des rivières du Morvan

Les agriculteurs ne lâchent rien

Comme elle s'€™y était engagée la veille au soir, Michèle Kirry, la péfète de la Nièvre, est venue rencontrer les agriculteurs du Morvan, mercredi 11 septembre, à la sous-préfecture de Château-Chinon. Dans une ambiance courtoise, une réunion a eu lieu à l'€™étage, durant une heure, avec une délégation syndicale. Mercredi dernier, les Morvandiaux ont fait monter la pression: ils sont allés manifester bruyamment devant la Maison du Parc naturel régional à Saint-Brisson.
Par Emmanuel Coulombeix
Les agriculteurs ne lâchent rien
Dans une ambiance courtoise et souriante, les agriculteurs, la préfète, le sous-préfet et le directeur adjoint des territoires se sont quittés, non sans que les premiers aient enlevé les clôtures qui obstruaient provisoirement l'entrée de la sous-préfectu
La pression monte crescendo. Le projet de clôturer une dizaine de cours d'€™eau du Morvan, sur 47 communes de la Nièvre, de la Côte d'€™Or et de la Saône-et-Loire (lire Terres de Bourgogne du 13/09) ne laisse aucun agriculteur indifférent. Et l'€™enquête publique, décidée par les préfets des trois départements, suit son cours: le commissaire-enquêteur a vu leur nombre affluer, pour exprimer le refus, lors des permanences du 11 septembre à Château-Chinon et du 16 septembre à Moulins-Engilbert. La détermination des adhérents de la FDSEA58 et des JA58, malgré l'€™entrevue de conciliation avec la préfète de la Nièvre le 11 septembre à Château-Chinon, est intacte, à tel point d'€™ailleurs qu'€™ils sont allés, en nombre, avant-hier, manifester leur colère devant la Maison du Parc naturel régional du Morvan, à Saint-Brisson (voir notre prochaine édition). Le Syndicat mixte du PNR est en effet à l'€™origine de ce projet, posé sur des bases de volontariat dans le cadre d'€™un Contrat de territoire prévu sur cinq ans, mais dont les agriculteurs redoutent qu'€™il ne crée un précédent dangereux avec, à terme, l'€™obligation pour tous de s'€™y soumettre. La «mise en défens» par exemple imposerait de respecter un espace de 2 mètres autour des éventuelles clôtures le long des rivières, ce qui nuirait grandement au travail des exploitants dans les prés concernés. Et par-dessus tout, les agriculteurs craignent que ces nombreux kilomètres de barbelés, forcément sinueux s'€™ils doivent borner le lit des cours d'€™eau, ne soient la porte ouverte à l'€™embroussaillement et à la fermeture des parcelles et à de longs et coûteux travaux d'€™entretien dont ils refusent d'€™assumer la charge. Voilà pour le fond.

Légalité de la procédure
en cause
Sur la forme, les paysans morvandiaux s'€™estiment aussi floués en catimini. Ils l'€™ont dit à Michèle Kirry lors de la réunion d'€™une heure à la sous-préfecture, après le lui avoir écrit le 6 septembre. Si le projet émane du PNR, celle-ci a fait part des obligations légales concernant un projet d'€™origine publique (le PNR est un syndicat mixte) mais a reconnu qu'€™il y a avait eu, pour le moins, un manque de concertation. Jean-Pierre Condamine, Didier Ramet, Alexandre Lorré, Michel Prévotat, parmi d'€™autres, lui ont par exemple fait grief d'€™une publication de l'€™avis d'€™enquête dans la presse régionale le 29 août tandis que le même avis prévoyait des permanences du commissaire-enquêteur dès le 26 août à Luzy, où donc aucun agriculteur n'€™a pu aller faire de remarque. De même, selon les représentants de la FDSEA et des JA, les avis n'€™auraient pas été affichés dans les délais impartis (15 jours avant les permanences) dans toutes las mairies concnernées. La représentante de l'€™Etat a dit qu'€™elle allait étudier la légalité des conditions dans lesquelles la procédure a été lancée. Et Michèle Kirry, qui a voulu détendre l'€™atmosphère, a aussi proposé de provoquer une réunion entre les agriculteurs et le commissaire-enquêteur d'€™une part et une rencontre entre les agriculteurs et les responsables du Parc naturel régional du Morvan, de l'€™autre. Si, dans un sourire symbolique, la cinquantaine d'€™agriculteurs qui était restée devant l'€™entrée de la sous-préfecture a déroulé puis remballé des barbelés devant le portail, empêchant provisoirement la préfète de regagner Nevers, ils n'€™ont pour autant pas décidé de baisser la garde. Prévoyant d'€™aller annoter les registres d'€™enquête dans chacune des communes concernées, ils se sont donné rendez-vous pour une grande manifestation, le 18 septembre, à la Maison du Parc. Et, de fait, nombreux, tracteurs et banderoles ont envahi Saint-Brisson, mercredi après-midi.