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Afdi Bourgogne

Le travail mené à Madagascar porte ses fruits

Du 9 au 20 novembre un groupe d’agriculteurs et de représentants professionnels malgaches emmenés par AFDI, a sillonné la Bourgogne (Côte d’Or, Saône-et-Loire et Yonne). L’occasion de faire le point sur les actions de développement en cours et à venir.
Par Anne-Marie Klein
Le travail mené à Madagascar porte ses fruits
Les agriculteurs malgaches et leurs représentants (ici à Bretenière) en visite sur différents sites régionaux, ont pu échanger avec les professionnels français, s’informer du fonctionnement de certaines structures coopératives et d’établissements d’enseig
On retiendra leurs prénoms français... ils s’appellent Angeline, Julienne, Fanja, Laure, Abdel, Gérard, Eric, Marcel... Tous passés par la formation Afdi et en charge maintenant de responsabilités au sein des structures malgaches. En dix ans et plus, ils ont participé activement à la construction de SOA, syndicat malgache indépendant d’organisations agricoles, à l’animation du Cram (centre régional des agriculteurs malgaches) et des Clam (cercles locaux), à toute une structuration du tissu agricole malgache, appuyé par Afdi, ses formations, ses animateurs, ses techniciens et les professionnels bénévoles qui se rendent périodiquement sur le terrain.

Le chemin parcouru est évident et s’il reste encore beaucoup à faire, il faut aussi déjà comme le souligne Christian Olivier (AFDI Côte d’Or), «préparer l’avenir et le passage de relais à de nouvelles générations». Il est réconfortant pour Afdi «de voir là le résultat de son travail et de son implication sur le terrain». Les paysans malgaches, pour ceux qui sont organisés en Cram ont pris leur avenir en main, ils sont capables de défendre un projet ou d’orienter une politique agricole, l’Etat malgache a joué le jeu , «le travail mené tous ensemble porte ses fruits» résume Christian Olivier. «La stratégie Afdi d’expérimentation terrain, avec la mise en place d’une démocratie participative prouve donc son efficacité, assure des actions ciblées et des résultats concrets».

Échange, coopération, dialogue
Cette visite de responsables et agriculteurs malgaches à Bretenière et sur certains sites bourguignons, a aussi été l’occasion de mesurer l’efficacité du fonds de développement agricole, dispositif mis en place il y a cinq ans et fonds d’aide alimenté par différents bailleurs, dont l’Europe (Feader), les Nations Unies, l’agence française de développement, l’Etat malgache à hauteur de 10%, etc. Un financement indispensable pour faire décoller les projets et assurer leur pérennité. La participation active des représentants des paysans malgaches et des paysans eux-mêmes dans la gestion de ce fonds apparaît comme un gage de sa bonne utilisation. Le principe de base du fonctionnement en France comme à Madagascar reste l’échange, d’autres fédérations nationales malgaches sont donc aussi invitées au dialogue et à la coopération en fonction des dossiers et des compétences de chacun.

Sur le terrain, la réalité reste complexe et très diverses. Certaines zones particulièrement difficiles du fait des conditions climatiques difficiles accumulent les handicaps  : sécheresse, enclavement, insécurité alimentaire, infertilité des sols... Ce qui amènent de grandes difficultés quant à la mise en place d’une organisation agricole efficace et pérenne. Sur ces zones difficiles «Afdi tape dans le dur» et doit participer à de gros programmes d’aide de l’Union européenne, hors de tout appui professionnel sur le terrain.
Pour structurer au mieux, encore faut-il bien connaître la réalité du terrain. Le syndicat SOA est donc passé à l’action en menant une grande enquête terrain, pour engranger des références sur les exploitations familiales malgaches. Le constat, même si l’échantillon est relatif, est sans appel et donne la mesure de ce qui reste à faire et des actions à mener  : pour plus de 50% des exploitations familiales malgaches, les revenus de l’agriculture ne couvrent pas les besoins alimentaires de base, ce qui génère une grand insécurité alimentaire. Les résultats des exploitations pâtissent de nombreuses contraintes  : les aléas climatiques, l’accès au marché, l’accès aux financements...Une éclaircie cependant dans ce sombre tableau  : les membres des organisations professionnelles s’en sortent plutôt mieux que les autres, à tout point de vue : technique, financier, vie quotidienne.

Les grandes dates du partenariat Afdi avec le Cram de Madagascar

1996 : création du Cram avec 8 Clam sur du conseil technico-économique
2003 :  début de l’approvisionnement groupé
2009 : appui au développement des services économiques
2010 : mise en place d’une antenne Afdi BFC à Fianarantsoa pour le renforcement de la gouvernance et des leaders
2013 : orientation vers la multiplication et la commercialisation des semences
2014 : échanges sur la stratégie de développement de la filière semences
En 2015, Madagascar compte 20 organisations paysannes de base (Clam), dont 16 actives et regroupe 280 adhérents répartis au niveau des 12 communes rurales dans les quatre districts de la Région Haute Matsiatra.