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Interbev Bourgogne Franche-Comté

Le transport des animaux accidentés en questions et réflexions

Le conseil d’administration d’Interbev Franche-Comté s’est réuni à Beaune le 11 décembre dernier. La présence et la participation de la Draaf ont souligné l’importance de certains dossiers d’actualité, dont les nouvelles dispositions dans le transport des animaux blessés vers l’abattoir.
Par Anne-Marie Klein
Le transport des animaux accidentés en questions et réflexions
La Draaf, représentée notamment par son directeur et deux autres agents, a participé aux réflexions du conseil d’administration d’Interbev BFC. Ce conseil d’administration fut aussi l’occasion de présenter une nouvelle collaboratrice : Caroline Mousseron,
Un sujet sanitaire sur fond de bien-être animal a mobilisé l’attention des membres du Conseil d’administration d’Intervev Bourgogne Franche-Comté : le transport d’un animal vivant blessé vers un abattoir. L’évolution des textes et la nécessité de remplir un certificat vétérinaire d’information (CVI) avant le transport appellent quelques explications et la clarification des rôles des différents intervenants dans la procédure que sont : le détenteur de l’animal, le vétérinaire de ferme, le transporteur et l’abattoir où la décision finale peut souvent être le fait d’un autre vétérinaire. D’où la présence renforcée lors de ce conseil d’administration d’Interbev BFC de la Draaf, d’un représentant du groupement technique vétérinaire et de Pascal Martens pour le GDS.

À la recherche d’un consensus
«C’est un vrai sujet de filière», constate le président d’Interbev BFC,  Jean-Pierre Fleury ; un sujet qui peut générer des controverses et qui nécessite donc de dissiper certains malentendus, de préciser certains termes, «de prendre une position claire et de s’entendre sur une position commune».
Les éleveurs se trouvent souvent déstabilisés face à ce type de problème alors que les règles de la transportabilité des animaux évoluent et se compliquent. Les autres intervenants ne sont pas moins sollicités et impactés : les vétérinaires de terrain sont sous pression, le ramassage demande des aménagements et la situation n’est pas simple dans les outils d’abattage, qui n’ont pas toujours la possibilité de traiter ces animaux blessés.
Avant toute discussion, les services de la Draaf ont donc entrepris de revenir à la lettre des textes réglementaires sur la gestion des animaux accidentés et l’abattage en ferme, afin d’en préciser les objectifs et le sens. D’abord, il s’agit de répondre à deux enjeux majeurs : la sécurité sanitaire de la carcasse et la protection animale. L’animal accidenté doit être apte au transport, le vétérinaire de la ferme dressant un certificat (CIV) portant mention du lieu de départ, des circonstances de l’accident (le transport vers l’abattoir doit intervenir en moins de 48 heures après l’accident) et stipulant que l’animal était en bonne santé avant l’accident. Ce certificat est établi à partir des déclarations de l’éleveur, qui doit par ailleurs prévenir l’abattoir des circonstances et de la nature de l’accident. À ce stade chaque intervenant a sa responsabilité propre : le détenteur de l’animal, le vétérinaire de ferme, le transporteur et l’abattoir. Mais encore faut-il que l’abattoir soit en capacité de traiter ces «bêtes d’urgence», en fonction de ses équipements et de ses pratiques. Une enquête terrain diligentée par la Draaf devrait permettre de recenser les structures d’abattage adaptées à ces cas d’urgence.

Transportable ou pas transportable ? Qui décide ?
Le vétérinaire de ferme se prononce sur le transport en fonction de la blessure, de la distance entre le lieu de prise en charge de l’animal et l’abattoir, des conditions de transport ; ce premier examen ante mortem doit déterminer si l’animal est transportable ou non. Pour des animaux non transportables, la seule solution reste l’abattage à la ferme, dont les conditions restent à préciser, surtout en ce qui concerne la préservation et le transport de la carcasse, pour éviter des pertes financières trop importantes pour l’éleveur.
La vraie question reste celle de la transportabilité, ce qui conduit certains acteurs à réfléchir au principe d’un camion civière pour éviter que les animaux blessés soient euthanasiés purement et simplement. Il faudrait aussi codifier le niveau de blessures : plaies, fractures (qui peuvent être soulagées par une contention uniquement et sans trop de souffrance), les tours de rein… Et clarifier les relations entre le vétérinaire en ferme qui dresse le certificat et le vétérinaire à l’abattoir qui peut avoir une autre interprétation. Ces différences de jugement peuvent être source de conflits. Jean-Pierre Fleury a donc proposé la mise en place d’une réunion entre vétérinaires afin d’établir quelques règles communes.
Beaucoup d’éléments doivent être précisés : le nombre d’animaux concernés par les accidents, type d’accidents, capacité de traitement des bêtes d’accidents dans les abattoirs, conditions de transport, etc. Mais certains acteurs souhaitent aussi orienter la réflexion sur la mise en place d’actions de prévention : équipement des locaux, évaluation des risques potentiels, conduite d’élevage… Tout en sachant que ces accidents restent exceptionnels 2 à 3 bêtes accidentées par semaine sur 450 à 500 bovins/semaine.

2019 : quelles perspectives de marchés ?

En 2018 la moindre disponibilité en broutards a joué favorablement sur les prix qui se sont redressés (charolais U 350 kg + 4% - charolais U 450 kg + 2% - limousine U 270 kg + 4%). Dans le même temps le JB italien a repris des couleurs mais reste sous la pression d’une plus grande disponibilité d’animaux venant d’autres pays européens. En France comme en Allemagne et en Italie, les prix du JB manquent de ressort.
Du fait de la sécheresse impactant l’ensemble du continent européen en 2018, les abattages de vaches (allaitantes et laitières) ont augmenté en Europe, avec pour conséquence une chute importante du prix des vaches O.
L’évolution des tendances de consommation joue également sur les prix, avec des achats de ménages en baisse en fréquence, comme en volume (- 2,6%). En revanche, la restauration hors domicile est en fort développement (effet fast-food et engouement pour le burger) et la viande conquiert encore des parts de marchés dans les plats préparés. Effet pervers de cette tendance : les morceaux nobles sont moins demandés, alors que la transformation augmente sa part d’achat de viande à bas prix, ce qui renforce les tensions sur les prix et se traduit par des cotations en baisse pour les vaches, toutes catégories confondues.

Les experts ne prévoient pas d’embellie en 2019 puisque la décapitalisation devrait se poursuivre (- 4%) dans les élevages allaitants du fait d’un manque de stocks fourragers, de difficultés de trésorerie, d’une rentabilité insuffisante. La spirale infernale continue…