Début des moissons
«Le rendement est conditionné par l'exposition au froid de février »
Certaines moissonneuses-batteuses sont de sortie depuis la fin juin dans la Nièvre. En raison des précipitations, les dates ont, selon les endroits du département, été plus ou moins retardées. Alors que le sec été 2011 avait mis un terme aux récoltes dès la mi-juillet, 2012 s'annonce aussi comme une année atypique. Dans une autre forme d'extrême. Témoignage d'Eric Lauseur, exploitant à Bitry, à la lisière de la Puisaye, et président du GDA Bourgogne Nivernaise.
Traditionnellement, le Nord-Ouest de la Nièvre lance les hostilités plus précocement que le reste du département. Cette année encore, le Donziais a vu démarrer les premiers battages d'orges, dès la fin juin et ce malgré les pluies de la fin du mois. Plus au nord, en Puisaye, les précipitations, disparates, ont quelque peu retardé le processus.
C'est d'ailleurs le cas d'Eric Lauseur qui a commencé à sillonner ses parcelles d'orge à partir du 29 juin, durant trois jours où le soleil a brillé, avant de marquer un temps d'arrêt: [I]«comme la météo était capricieuse et que les jours n'étaient pas chauds, nous avons repris les moissons plutôt en fin de journée et en soirée»[i] explique-t-il, ce 10 juillet, alors qu'il vient de récolter la parcelle d'essais [I]«stratégie azote»[i] qu'il a menée avec Sébastien Perret de la Chambre d'agriculture. Si le président du GDA Bourgogne nivernaise concède bien [I]«qu'il a beaucoup plu sur le secteur de Bitry, la pluviométrie ne s'est pas abattue à outrance ni d'un seul coup»[i]. Les épisodes humides ont été sporadiques et sont passés plus ou moins à côté, plutôt plus à Ciez où 60 mm en une heure ont été dénombrés, bien moins chez lui où les orges ont aussi été épargnées par la grêle du 15 juin.
[INTER]Impact du froid hivernal[inter]
Ce qui tracassait l'agriculteur de Bitry, c'était bien plus l'impact du gel de février sur les rendements. De ce côté-là, Eric Lauseur se dit [I]«agréablement surpris»[i]. Lui qui a préféré laisser ses cultures en l'état plutôt que de ressemer (1), obtient aujourd'hui un rendement d'orges de 67 quintaux par hectare, conforme à une année normale. Sébastien Perret confirme qu'en Bourgogne nivernaise, les résultats s'étalent habituellement de 65 à 70 q/ha, mais que cette année les variations d'une exploitation à l'autre s'échelonnent de 55 à 75 q/ha. [I]«La conduite n'intervient que marginalement, c'est l'exposition au froid et au sec qui a tout conditionné»[i] ajoute Eric Lauseur pour qui [I]«les zones où les températures sont tombées à -20° ont connu plus de dégâts que celles où il a fait -12°»[i]. La nature peut se montrer injuste et frustrante, aléatoirement, avec tel ou tel, selon son secteur. Heureusement que la fin de cycle a été plus propice avec de la pluie et du chaud tempéré, [I]«ni des températures à tout cramer ni trop fraîches»[i] enfonce le technicien de la Chambre. Eric Lauseur nuance le propos: [I]«j'ai l'impression que les saisons sont déréglées, qu'il n'y a plus d'alternance pluie-soleil «normale» comme avant et qu'il y a toujours un excès (froid, sec, eau) qui vient contrarier les prévisions des céréaliers»[i]. En attendant de pouvoir commencer le battage des blés (au moins autour du 20 juillet dans le secteur de Bitry au lieu du 14 juillet habituellement), le président du GDA ne traîne pas. Dès les orges récoltées, il rentre la paille pour le bétail et il déchaume pour aérer le sol en vue d'implanter le colza fin août. En général, les moissons se terminent autour du 25 juillet dans la Nièvre mais Eric Lauseur comme Sébastien Perret, cette année, prévoient un retard d'une quinzaine de jours, en Bourgogne nivernaise tout au moins.
(1) En orge, les agriculteurs ont ressemé 15% des surfaces du département et en blé, 10%, suite au gel de février.
C'est d'ailleurs le cas d'Eric Lauseur qui a commencé à sillonner ses parcelles d'orge à partir du 29 juin, durant trois jours où le soleil a brillé, avant de marquer un temps d'arrêt: [I]«comme la météo était capricieuse et que les jours n'étaient pas chauds, nous avons repris les moissons plutôt en fin de journée et en soirée»[i] explique-t-il, ce 10 juillet, alors qu'il vient de récolter la parcelle d'essais [I]«stratégie azote»[i] qu'il a menée avec Sébastien Perret de la Chambre d'agriculture. Si le président du GDA Bourgogne nivernaise concède bien [I]«qu'il a beaucoup plu sur le secteur de Bitry, la pluviométrie ne s'est pas abattue à outrance ni d'un seul coup»[i]. Les épisodes humides ont été sporadiques et sont passés plus ou moins à côté, plutôt plus à Ciez où 60 mm en une heure ont été dénombrés, bien moins chez lui où les orges ont aussi été épargnées par la grêle du 15 juin.
[INTER]Impact du froid hivernal[inter]
Ce qui tracassait l'agriculteur de Bitry, c'était bien plus l'impact du gel de février sur les rendements. De ce côté-là, Eric Lauseur se dit [I]«agréablement surpris»[i]. Lui qui a préféré laisser ses cultures en l'état plutôt que de ressemer (1), obtient aujourd'hui un rendement d'orges de 67 quintaux par hectare, conforme à une année normale. Sébastien Perret confirme qu'en Bourgogne nivernaise, les résultats s'étalent habituellement de 65 à 70 q/ha, mais que cette année les variations d'une exploitation à l'autre s'échelonnent de 55 à 75 q/ha. [I]«La conduite n'intervient que marginalement, c'est l'exposition au froid et au sec qui a tout conditionné»[i] ajoute Eric Lauseur pour qui [I]«les zones où les températures sont tombées à -20° ont connu plus de dégâts que celles où il a fait -12°»[i]. La nature peut se montrer injuste et frustrante, aléatoirement, avec tel ou tel, selon son secteur. Heureusement que la fin de cycle a été plus propice avec de la pluie et du chaud tempéré, [I]«ni des températures à tout cramer ni trop fraîches»[i] enfonce le technicien de la Chambre. Eric Lauseur nuance le propos: [I]«j'ai l'impression que les saisons sont déréglées, qu'il n'y a plus d'alternance pluie-soleil «normale» comme avant et qu'il y a toujours un excès (froid, sec, eau) qui vient contrarier les prévisions des céréaliers»[i]. En attendant de pouvoir commencer le battage des blés (au moins autour du 20 juillet dans le secteur de Bitry au lieu du 14 juillet habituellement), le président du GDA ne traîne pas. Dès les orges récoltées, il rentre la paille pour le bétail et il déchaume pour aérer le sol en vue d'implanter le colza fin août. En général, les moissons se terminent autour du 25 juillet dans la Nièvre mais Eric Lauseur comme Sébastien Perret, cette année, prévoient un retard d'une quinzaine de jours, en Bourgogne nivernaise tout au moins.
(1) En orge, les agriculteurs ont ressemé 15% des surfaces du département et en blé, 10%, suite au gel de février.