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Daniel Matalon sur deux exploitations

Le préfet de la Nièvre a été reçu par les Jeunes Agriculteurs

C'€™est devenu une habitude: depuis trois ans, les JA58 organisent des journées de découverte sur plusieurs de leurs exploitations, à l'€™intention de tout nouveau préfet arrivé dans le département. Le 8 mars, Daniel Matalon est venu accompagné d'€™une forte délégation des services de l'€™à‰tat, visiter la ferme de Jérôme Gauthier à Châtillon-en-Bazois puis de François Couteaudier à Ville-Langy.

Par Emmanuel Coulombeix
Le préfet de la Nièvre a été reçu par les Jeunes Agriculteurs
Fabrice Prévotat a accueilli le préfet sur l'exploitation de Jérôme Gauthier (au centre) à Châtillon-en-Bazois.
C'€™est entouré du sous-préfet de Château-Chinon, Alain-Michel Ngouoto, du directeur adjoint de la DDCSPP, Bernard Form, et du nouveau DDT adjoint, Hubert Goglins, que le préfet Matalon s'€™est présenté en fin de matinée sur l'€™exploitation de Jérôme Gauthier. Là, une vingtaine de jeunes agriculteurs, épaulés par Bernard Gauthier, le président de la Sicafome, à‰ric Bertrand, le président de la Chambre d'€™agriculture et Agathe Gruet, conseillère élevage, l'€™attendaient pour un tour de la ferme, avant un déjeuner convivial. Le représentant de l'€™à‰tat répondait ainsi à l'€™invitation de Fabrice Prévotat, président des JA58, qui a pris l'€™habitude, avec tout nouveau préfet, de lui faire faire visiter la ferme Nièvre. Cela avait été le cas par deux fois avec le préfet Nicolas Quillet et son successeur, Daniel Matalon, a souhaité pérenniser «ce moment de découverte, d'€™attention partagée et de convivialité». L'€™occasion, tout en touchant du doigt des systèmes de production différents, d'€™entendre aussi les inquiétudes, les problèmes et les revendications des jeunes sur le terrain.

[INTER]Deux JA, deux réalités différentes[inter]
Cette fois-ci, les JA58 avaient choisi de distinguer le centre Nivernais, d'€™abord à Châtillon-en-Bazois, puis à Ville-Langy. Daniel Matalon a ainsi pu comparer deux systèmes de production bien différents. Chez Jérôme Gauthier, il a d'€™abord vu un troupeau de 70 vaches charolaises et de 140 brebis charollaises. Installé depuis 2004 en hors cadre familial, Jérôme a expliqué comment il vend ses broutards alourdis et ses agneaux d'€™herbe ainsi qu'€™une quinzaine de veaux sous la mère croisés Montbéliard/Limousin. Sur ses 140 hectares, 47 sont semés de colza, triticale et maÏs ensilage, dont un tiers est auto-consommé. La pause à Châtillon-en-Bazois a permis à Bernard Gauthier de présenter l'€™activité du marché au cadran, que le préfet se dit curieux d'€™aller visiter, une fois la période de réserve électorale passée, et à Agathe Gruet de dresser le tableau chiffré de l'€™agriculture du département. Après le repas, changement de dimension. A Ville-Langy, attendaient Patrick Tetard, vice-président d'€™Axereal, et Guillaume Lebois, technicien de la Cialyn, chez François Couteaudier. D'€™abord aide familial sur l'€™exploitation familiale depuis 2000, puis installé au départ en retraite de son père, François totalise 250 vêlages dans des grands bâtiments qui ont été construits en 2000. Il tend à diminuer son cheptel de Salers, ayant pratiqué la sélection génétique vêlage facile sur ses charolaises, qu'€™il tend à uniformiser sur l'€™exploitation. Le jeune éleveur, qui est aussi conseiller municipal auprès du maire présent lors de la visite, règne sur 460 hectares, dont 160 ha de céréales auto-consommées.

[INTER]Messages et «parler vrai»[inter]
A l'€™écoute, et répétant qu'€™il était là pour [I]«parler vrai»[i] et prôner [I]«le maintien de l'€™agriculture sur le terrain»[i], Daniel Matalon s'€™est entretenu avec les jeunes tout au long de la visite. Des messages ont pu être échangés et l'€™équipe de Fabrice Prévotat ne s'€™en est d'€™ailleurs pas privée. Alexandre Lorré a ainsi lourdement insisté sur le problème de l'€™installation, notamment en proposant le rajout de points de retraite ou de la défiscalisation pour inciter les cédants à transmettre à des jeunes. Il y a eu moins de 70 installations en 2011 dans la Nièvre. Les JA58 ont ensuite alerté le préfet sur le gaspillage du foncier agricole, en lui demandant d'€™enrayer ce problème. 600 hectares agricoles disparaissent chaque année dans le département, que ce soit à cause de l'€™urbanisme, des réseaux de communication ou des projets industriels. Enfin, les jeunes, évoquant la future PAC, ont fait part de leurs inquiétudes quant aux zones défavorisées, aux productions spécialisées telles que l'€™élevage et au découplage des aides. En montrant leur environnement de travail, ils ont voulu [I]«apprendre à mieux connaître le préfet pour mieux savoir gérer les difficultés à venir»[i]. Les uns comme les autres sont appelés à très vite se revoir.