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Dérèglement climatique

Le Morvan en quête de réflexion

Un groupe de producteurs du Morvan s'est retrouvé le 24 mai à la Maison du Parc, à Saint-Brisson, pour évoquer le changement climatique, ses conséquences, ses latences, et les façons de faire face. L'occasion de produire un film video, à partir de leurs témoignages, afin de sensibiliser les instituts techniques, la recherche, les professionnels et d'envisager des actions collectives.
Par EMMANUEL COULOMBEIX
Le Morvan en quête de réflexion
Le groupe de producteurs du Morvan réuni pour témoigner des effets du dérèglement climatique.
Le constat, encore vérifié avec la sécheresse de 2011, est le suivant: «des hivers plus doux et plus humides et des étés plus chauds et plus secs». Telles sont les données d'une équation que le Morvan, comme d'autres régions françaises, va rencontrer de plus en plus fréquemment. Face à ce que les professionnels appellent «le déréglement climatique», un groupe de producteurs, accompagné par le PNR et quatre Pays en partenariat avec la CRAB et le SEDARB, ont décidé de prendre les devants. De réaliser l'état des lieux dans leurs métiers respectifs et de témoigner. Après deux premières réunions en mars et avril, un éleveur, un apiculteur, un viticulteur, un céréalier et un producteurs de sapins de Noël se sont donc mis autour d'une table, pour faire le diagnostic et en évoquer les conséquences à plus ou moins long terme. Des vendanges avec quinze jours d'avance, une menace accrue du frelon asiatique pour les abeilles quand la chaleur s'invite dans la saison: les problèmes latents, encore relativement virtuels dans le Morvan, inquiètent de ce côté-ci de la Bourgogne.

[INTER]Diversité des systèmes de production[inter]
Face au constat, les producteurs ont décidé de témoigner. Au travers d'un film video produit par un consultant, Philippe Devis, déjà à l'origine d'une contribution au Plan climat du Parc naturel régional depuis 2008. Vincent Houis, animateur de l'association des sapins de Noël, Gilles Lemée et Guy de Bontin, éleveurs dans la Nièvre et en Saône-et-Loire, Jean-Yves Deschamps, viticulteur à Vézelay et Jean-Louis Durand, apiculteur dans l'Yonne, ont ainsi offert leurs pensées face caméra. L'objectif est simple: convaincre les professionnels, agriculteurs et associations, mais aussi les instituts de recherche de trouver des solutions aux problèmes qui viendront à se poser. Changements dans les systèmes et les itinéraires techniques, envisager des actions collectives, faire le lien avec les autres secteurs d'activité, l'aménagement du territoire et tout autre partenaire qui peut un jour avoir à subir les aléas climatiques. Les pistes ne manquent pas. Suite aux réunions de ce groupe de travail, Daniel Sauget, l'élu référent du PNR, rappelle les trois grandes priorités pour l'agriculture morvandelle: «conserver un système d'élevage extensif respectueux de l'environnement, développer une filière de proximité d'engraissement des bovins et une complémentarité entre systèmes d'élevage en Morvan et systèmes de cultures péri-morvandelles, réduire l'utilisation des engrais minéraux et développer la culture des légumineuses». Le film vidéo sera à voir, prochainement, dans toutes les bonnes réunions organisées par le Parc.