SAFER
Le marché foncier agricole et rural résiste à la crise
En avril, la Safer Bourgogne a dressé l'état des lieux du marché foncier de l'espace rural bourguignon en 2008, à partir des ventes qu'elle a réalisées et des informations transmises par les notaires. Après quelques belles années, le foncier rural résiste plutôt bien à la crise et le marché du foncier agricole en particulier semble préservé pour le moment.
Pour bon nombre de Français, la terre reste une valeur refuge, la situation du marché foncier rural, en pleine crise économique, traduit encore cette tendance. Ce marché résiste plutôt bien à la crise, puisque en 2008, le nombre des ventes reculent de 1% seulement et de 10% en valeur. Face au foncier non-agricole, le foncier agricole (terres agricoles et vignes) tire encore bien son épingle du jeu. Les autres marchés de l'espace rural ( forêt, terrains destinés à l'artificialisation, etc.) marquent plutôt le pas et subissent fin 2008 et début 2009 les effets de la crise économique et financière.
[INTER]Foncier agricole : un marché local et tendu[inter]
1%, c'est la part des surfaces agricoles en transaction en 2008 en Bourgogne. Autant dire que le marché du foncier agricole reste limité et surtout tendu, avec une demande toujours aussi soutenue face à une offre qui reste limitée. Ce marché agricole continue sa progression, en nombre de vente (+7%), en surface (+7%) et en valeur (+4%), par rapport à 2007. Le tiers des ventes concerne des surfaces de moins de 1 ha. Localement, les situations peuvent révéler de fortes disparités tant en volumes qu'en surfaces et en prix. Les ventes en volume augmentent ainsi de 20% dans la Nièvre (après avoir connu un net recul en 2007) et de 15% en Saône-et-Loire. En Côte d'Or, la hausse des volumes reste soutenue comme chaque année depuis 2004 (essentiellement sur de petites surfaces). Et pour la première fois depuis 2003, le département de l'Yonne a le marché le plus fermé des quatre départements bourguignons (-13% en surfaces).
Près des 3/4 des ventes se font au profit de résidents du canton (dont plus de la moitié des résidents de la commune), avec une forte progression des acquisitions par les fermiers. La part des fermiers dans les transactions est de plus de 50% en Côte d'Or et dans l'Yonne et de moins de 40% dans la Nièvre et la Saône-et-Loire, pour une moyenne de surfaces de 5,3 ha.
Les fortes tensions sur le marché du foncier agricole ne sont pas sans conséquence sur les prix des terres et des prés libres, non bâtis. L'ensemble des départements subissent une augmentation des prix, particulièrement pour les terres de culture. En dépit des difficultés du secteur, les prix se maintiennent sur les terres d'élevage. Au final l'augmentation entre 2 et 4,5% reste cependant modérée.
[INTER]L'artificialisation des terres agricoles marque le pas[inter]
@texte courant:Les zones péri-urbaines et les terres les plus riches de la région, dans les plaines à proximité des grands centres urbains, sont les plus menacées. L'artificialisation des sols représente environ 3% des surfaces vendues en 2008 (contre 4% en 2007) mais 18% de la valeur du foncier rural régional (contre 13% en 2007). Le marché diminue donc en surface de plus de 30% en un an, tout en poursuivant sa progression en valeur (+16%). La baisse des transactions s'explique par la diminution des projets publics, responsables de la forte progression des transactions entre 2006 et 2007. en Bourgogne l'artificialisation revient à multiplier par 15 le prix de la terre agricole (par 20 au plan national).
[INTER]Marché des vignes : hausses en surface et en valeur[inter]
En valeur, le marché de la Côte d'Or représente plus de 70% du marché régional, il est trois fois plus important en valeur que celui de la Saône-et-Loire, pour des surfaces nettement inférieures. Par rapport à 2007, les marché des vignes est en progression dans la Nièvre, contrairement à l'Yonne où il a fortement baissé (-26% en surface, -53% en valeur).
La tendance générale semble toutefois au ralentissement pour 2009, car le fléchissement des exportations entraîne un tassement des transactions.
[INTER]Marché des forêts : baisse en surface et en valeur[inter]
Entre 2007 et 2008, en dépit d'un nombre de ventes relativement stable, le marché a fortement diminué en surface (-20%) et en valeur (-30%). Ce recul est particulièrement marqué en Côte d'Or (-27% en surface, -50% en valeur) et dans l'Yonne (-44% en surface, -55% en valeur). Les ventes de plus de 50 ha représentent les 3/4 du marché, avec pour la plus remarquée une vente de plus de 1000 ha dans la Nièvre en 2008.
28% des surfaces forestières en transactions sont acquises par des agriculteurs (20% en 2007). En Côte d'Or ce chiffre est de 51%, contre 15% dans la Nièvre. Le territoire du Parc régional du Morvan abrite le marché foncier forestier le plus actif de la région avec 3/4 des ventes concernant des opérations de moins de 2 ha.
[INTER]La petite maison de campagne ne fait plus recette[inter]
Pour la première fois depuis cinq ans, le marché rural résidentiel (biens bâtis libres de moins de 5ha), qui avait augmenté de 58% depuis 2003, baisse en valeur en 2008 (- 26%). Les ventes baissent aussi en nombre (-19%) et en surface (-15%). Les ventes sont plus nombreuses dans le Morvan et en Bresse, plus rares en Côte d'Or, où l'habitat est plus groupé. La baisse du prix est la plus marquée en Saône-et-Loire, mais c'est là que les ventes sont les plus nombreuses.
Les achats par les étrangers continuent à diminuer (6% en 2008), parmi les acheteurs, les hollandais sont les plus nombreux, on les retrouve dans plus d'une vente sur deux concernant des ressortissants étrangers. Au contraire, les Suisses désertent ce marché. Deux achats sur trois se font dans la Nièvre et plus particulièrement dans le Morvan.
[INTER]Un net ralentissement au début 2009[inter]
Ces données ont été recueillies et analysées par la Safer à partir des ventes qu'elle a réalisées et des déclarations des notaires. Si les chiffres de 2008 restent plutôt rassurants, M. Hilaire, directeur de la Safer Bourgogne observe "un net ralentissement sur les quatre premiers mois de 2009, en nombre, en valeur et en surface". Le nombre de ventes a ainsi chuté de 25% en quelques mois. Toutefois constate la Safer "la Bourgogne ne s'en sort pas si mal pour le moment, elle est plutôt moins touchée que d'autres régions par ce fléchissement général et l'agriculture résiste bien, en dépit des problèmes rencontrées par les fermes d'élevage".
Ce "baromètre" annuel reste en tout cas un bon indicateur de la santé économique et financière du marché rural. Un marché qui tousse un peu pour le moment sous l'effet d'un petit coup de froid et qui espère éviter la grosse grippe ces prochains mois.
[INTER]Foncier agricole : un marché local et tendu[inter]
1%, c'est la part des surfaces agricoles en transaction en 2008 en Bourgogne. Autant dire que le marché du foncier agricole reste limité et surtout tendu, avec une demande toujours aussi soutenue face à une offre qui reste limitée. Ce marché agricole continue sa progression, en nombre de vente (+7%), en surface (+7%) et en valeur (+4%), par rapport à 2007. Le tiers des ventes concerne des surfaces de moins de 1 ha. Localement, les situations peuvent révéler de fortes disparités tant en volumes qu'en surfaces et en prix. Les ventes en volume augmentent ainsi de 20% dans la Nièvre (après avoir connu un net recul en 2007) et de 15% en Saône-et-Loire. En Côte d'Or, la hausse des volumes reste soutenue comme chaque année depuis 2004 (essentiellement sur de petites surfaces). Et pour la première fois depuis 2003, le département de l'Yonne a le marché le plus fermé des quatre départements bourguignons (-13% en surfaces).
Près des 3/4 des ventes se font au profit de résidents du canton (dont plus de la moitié des résidents de la commune), avec une forte progression des acquisitions par les fermiers. La part des fermiers dans les transactions est de plus de 50% en Côte d'Or et dans l'Yonne et de moins de 40% dans la Nièvre et la Saône-et-Loire, pour une moyenne de surfaces de 5,3 ha.
Les fortes tensions sur le marché du foncier agricole ne sont pas sans conséquence sur les prix des terres et des prés libres, non bâtis. L'ensemble des départements subissent une augmentation des prix, particulièrement pour les terres de culture. En dépit des difficultés du secteur, les prix se maintiennent sur les terres d'élevage. Au final l'augmentation entre 2 et 4,5% reste cependant modérée.
[INTER]L'artificialisation des terres agricoles marque le pas[inter]
@texte courant:Les zones péri-urbaines et les terres les plus riches de la région, dans les plaines à proximité des grands centres urbains, sont les plus menacées. L'artificialisation des sols représente environ 3% des surfaces vendues en 2008 (contre 4% en 2007) mais 18% de la valeur du foncier rural régional (contre 13% en 2007). Le marché diminue donc en surface de plus de 30% en un an, tout en poursuivant sa progression en valeur (+16%). La baisse des transactions s'explique par la diminution des projets publics, responsables de la forte progression des transactions entre 2006 et 2007. en Bourgogne l'artificialisation revient à multiplier par 15 le prix de la terre agricole (par 20 au plan national).
[INTER]Marché des vignes : hausses en surface et en valeur[inter]
En valeur, le marché de la Côte d'Or représente plus de 70% du marché régional, il est trois fois plus important en valeur que celui de la Saône-et-Loire, pour des surfaces nettement inférieures. Par rapport à 2007, les marché des vignes est en progression dans la Nièvre, contrairement à l'Yonne où il a fortement baissé (-26% en surface, -53% en valeur).
La tendance générale semble toutefois au ralentissement pour 2009, car le fléchissement des exportations entraîne un tassement des transactions.
[INTER]Marché des forêts : baisse en surface et en valeur[inter]
Entre 2007 et 2008, en dépit d'un nombre de ventes relativement stable, le marché a fortement diminué en surface (-20%) et en valeur (-30%). Ce recul est particulièrement marqué en Côte d'Or (-27% en surface, -50% en valeur) et dans l'Yonne (-44% en surface, -55% en valeur). Les ventes de plus de 50 ha représentent les 3/4 du marché, avec pour la plus remarquée une vente de plus de 1000 ha dans la Nièvre en 2008.
28% des surfaces forestières en transactions sont acquises par des agriculteurs (20% en 2007). En Côte d'Or ce chiffre est de 51%, contre 15% dans la Nièvre. Le territoire du Parc régional du Morvan abrite le marché foncier forestier le plus actif de la région avec 3/4 des ventes concernant des opérations de moins de 2 ha.
[INTER]La petite maison de campagne ne fait plus recette[inter]
Pour la première fois depuis cinq ans, le marché rural résidentiel (biens bâtis libres de moins de 5ha), qui avait augmenté de 58% depuis 2003, baisse en valeur en 2008 (- 26%). Les ventes baissent aussi en nombre (-19%) et en surface (-15%). Les ventes sont plus nombreuses dans le Morvan et en Bresse, plus rares en Côte d'Or, où l'habitat est plus groupé. La baisse du prix est la plus marquée en Saône-et-Loire, mais c'est là que les ventes sont les plus nombreuses.
Les achats par les étrangers continuent à diminuer (6% en 2008), parmi les acheteurs, les hollandais sont les plus nombreux, on les retrouve dans plus d'une vente sur deux concernant des ressortissants étrangers. Au contraire, les Suisses désertent ce marché. Deux achats sur trois se font dans la Nièvre et plus particulièrement dans le Morvan.
[INTER]Un net ralentissement au début 2009[inter]
Ces données ont été recueillies et analysées par la Safer à partir des ventes qu'elle a réalisées et des déclarations des notaires. Si les chiffres de 2008 restent plutôt rassurants, M. Hilaire, directeur de la Safer Bourgogne observe "un net ralentissement sur les quatre premiers mois de 2009, en nombre, en valeur et en surface". Le nombre de ventes a ainsi chuté de 25% en quelques mois. Toutefois constate la Safer "la Bourgogne ne s'en sort pas si mal pour le moment, elle est plutôt moins touchée que d'autres régions par ce fléchissement général et l'agriculture résiste bien, en dépit des problèmes rencontrées par les fermes d'élevage".
Ce "baromètre" annuel reste en tout cas un bon indicateur de la santé économique et financière du marché rural. Un marché qui tousse un peu pour le moment sous l'effet d'un petit coup de froid et qui espère éviter la grosse grippe ces prochains mois.