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Assemblée générale de la Sicagemac

Le marché de Corbigny renoue avec les bénéfices

Les adhérents de la Sicagemac , qui gèrent le marché au cadran de Corbigny, se sont retrouvés en assemblée générale le 13 juin à l'€™abbaye de Corbigny et ont constaté que l'€™exercice 2012 a été clos sur une excédent financier. Alors que la structure avait dû éponger les déficits et augmenter le capital pour faire face, les années précédentes, cette fois-ci, elle envisage l'€™avenir avec une (relative) sérénité.
Par Emmanuel Coulombeix
Le marché de Corbigny renoue avec les bénéfices
Philippe Guillien s'est réjoui que le marché au cadran de Corbigny ait clos son exercice 2012 de façon «équilibrée».
Le cadran de Corbigny a clos l'€™exercice 2012 sur un bénéfice de près de 6800 euros. Un bon résultat si on le compare au déficit de 26800 euros qui avait été enregistré en 2011, selon M. Garnier, le commissaire aux comptes qui a délivré les chiffres aux adhérents de la Sicagemac réunis en assemblée générale le 13 juin à l'€™abbaye. Selon le président Philippe Guillien, «ce bénéfice de 6800 euros n'€™est pas mauvais mais ce n'€™est pas énorme pour éponger les déficits antérieurs». Toutefois, il se réjouit «qu'€™après toutes ces années difficiles, nous puissions présenter un exercice équilibré, qui s'€™explique par la remontée des cours de l'€™année dernière, pour vous, éleveurs, une hausse significative qui était très attendue». Ainsi, si le chiffre d'€™affaires du marché est réellement en hausse en 2012, par rapport à 2011, s'€™il passe de 323500 euros à 365000 euros, cela s'€™explique par la remontée des prix des animaux qui a produit ses effets à l'€™automne 2012. D'€™ailleurs, le nombre d'€™animaux présentés a même diminué, passant de 17221 à 16109 en 2012, et celui des animaux vendus a légèrement diminué: de 14861 en 2011 à 14523 l'€™an dernier. Ce sont donc bien les prix de vente en hausse qui justifient les bons comptes de l'€™exercice. «Quand on compare les prix moyens par animal de 2011 et de 2012, nous sommes passés de 939 euros (765 euros en 2011) à 1122 euros, soit 182 euros de plus par tête» se félicite Philippe Guillien qui, au passage, tacle le marché de Moulins-Engilbert: «il n'€™a connu une hausse moyenne que de 155 euros: c'€™est une bonne habitude à prendre que de vendre nos animaux plus chers qu'€™à Moulins-Engilbert!» Et de préciser: «cela s'€™explique aussi parce que nos animaux sont plus vieux et donc plus lourds».

Objectif: 18000 ventes/an
Le président du cadran qualifie ce constat «d'€™anecdotique» tant il est vrai que le volume des apports est sans commune mesure entre les deux marchés nivernais. «Nous n'€™avons pas l'€™ambition de concurrencer en volume Moulins-Engilbert qui s'€™érige en véritable marché national, avec plus de 54000 animaux par an quand nous n'€™en voyons que 15000» insiste-t-il en «déplorant que le nombre des bovins de 2012 a été à peu près le même qu'€™en 2011». Philippe Guillien dit «merci aux éleveurs qui apportent des animaux de qualité» et, en dépit d'€™une baisse globale de l'€™effectif bovin dans le département, se montre optimiste: «Cela fait plusieurs années que nous plaçons comme objectif un volume de 18000 têtes, il n'€™y a rien d'€™impossible, nous avons un potentiel énorme». La Sicagemac fait des démarches pour séduire de nouveaux apporteurs, soit des éleveurs qui habituellement ne commercialisent qu'€™une partie minoritaire de leur cheptel à Corbigny, soit des éleveurs du nord de la Nièvre et de l'€™Yonne qui passent par d'€™autres circuits. Les responsables du marché savent que la conjoncture, «dont nous ne sommes jamais responsables, ni à la hausse ni à la baisse» peut se retourner et fragiliser de nouveau la structure. Et ce n'€™est pas le marché des ovins, «qui nous rapporte 9000 euros et que nous ne conservons que pour rendre service à nos adhérents habituels», qui pourra infléchir un éventuel coup dur financier. Les années précédentes, la Sicagemac avait du faire des augmentations de capital pour éponger les déficits des exercices précédents.

Investissement «frileux»...
D'€™autant que le marché de Corbigny se montre prudent aussi dans sa politique d'€™investissement: «nous sommes un peu frileux puisque nous avons acheté une machine à café et que nous projetons de changer un frigo. Nous avons la chance que le marché soit solide et qu'€™il vieillisse bien mais peut-être que tôt ou tard nous devrons faire des aménagements tels que la couverture» envisage Philippe Guillien, prévoyant. Et là, en effet, un hypothétique résultat positif de 6000 euros par an se révèlerait un peu juste, hormis recours à l'€™emprunt. L'€™objectif est donc réaffirmé: «développer l'€™activité encore et toujours». Et regarder les perspectives avec un regard lucide et pro-actif, à commencer par les tendances du deuxième semestre 2013. «Fin 2012, il y a eu des tensions entre éleveurs et acheteurs parfois difficiles à gérer. Les ventes de broutards ont été mauvaises, passant de 3 euros du kilo en octobre à 2,40 euros en novembre-décembre» a rappelé le président de la Sicagemac. Et le même, aujourd'€™hui, considère que «les cours du maigre sont très favorables et ce, jusqu'€™à la fin de l'€™année, du fait d'€™une demande accrue de viande bovine en France et en Europe. Ce n'€™est pas demain que les insectes et les criquets remplaceront le charolais, même s'€™il y a, en revanche, des signaux plus difficiles sur l'€™export vers l'€™Italie et les Pays tiers». Et Philippe Guillien de conclure: «Ne rêvez pas! Vous ne vendrez pas de broutard à 3 euros/kg cet automne mais j'€™ai bon espoir à 2,70 euros».
L'€™intérêt économique du cadran de Corbigny ne s'€™était peut-être jamais autant mesuré que dans l'€™intérêt financier de ses adhérents.