Climat
Le Ceser lance l’alerte
«Vivre ensemble le changement climatique», c’est agir ensemble pour éviter que les désordres que l’on connaît actuellement sur les plans climatique, économique, géopolitique ne s’aggravent dans des proportions échappant à tout contrôle... En invitant à passer du constat à l’action lors d’une conférence-débat organisée le 24 novembre à l’Université de Bourgogne à Dijon et, en conviant Jean Jouzel (GIEC) et Allain Bougrain-Dubourg (LOP) à enrichir la réflexion, le Conseil économique, social et environnemental de Bourgogne s’inscrit dans la dynamique de la Cop 21.
Les bouleversements climatiques ignorent les frontières et la préservation de l’environnement est l’affaire de tous ; le Ceser de Bourgogne a donc largement invité la société civile, les étudiants, les lycéens, l’Université, les collectivités territoriales, les associations et tous ceux qui se sentent concernés par ces questions, en Bourgogne et en Franche-Comté, à réfléchir ensemble aux actions à mener pour limiter dès maintenant l’emballement des températures et les phénomènes extrêmes dus au changement climatique.
Du constat...
D’abord le constat, un constat sans appel, dressé par Jean Jouzel (CEA et GIEC) «le réchauffement est bien là, il est quantifiable et mesurable». 2014 a été l’année la plus chaude enregistrée sur la planète et 2015 est en passe de la détrôner. Si cette évolution reste relativement tempérée sous nos latitudes, ailleurs elle se traduit par des cyclones, des sécheresses sans précédent, un emballement de tous les extrêmes propre à ébranler les plus sceptiques. Car malheureusement, tout le monde n’est pas encore convaincu de l’urgence climatique et de la nécessité de passer du constat à l’action. Et même quand les discours marquent une certaine prise de conscience chez les politiques, les actions restent nettement en deçà des bonnes intentions, quand elles ne les contredisent pas carrément.
Pourtant, insiste Jean Jouzel, «c’est un réchauffement sans précédent et sans équivoque qui concerne l’atmosphère et les mers». Et il est lourd de conséquences : fonte des glaces, élévation du niveau des mers (le Bengladesh a les pieds dans l’eau et certaines îles paradisiaques ont du être abandonnées) acidification des océans (les coraux meurent, une partie du krill aussi et la base de la chaîne alimentaire est menacée). Pour nous Européens, tout va (encore) très (trop) bien madame la marquise... Mais pour combien de temps ? Car, «tous les voyants sont au rouge et nous n’échapperons pas aux conséquences de l’emballement climatique». La difficulté c’est que la prise de conscience du grand public et donc, les actions positives des politiques, ne se réalisent qu’à l’occasion d’événements extrêmes. Nous nous trouvons dans la position de la grenouille qui sent lentement la température du bocal s’élever et qui prendra conscience du danger trop tard. Pour éviter de subir le sort d’un grenouille trop cuite, le GIEC s’est fait lanceur d’alerte et les politiques ont défini un objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°, ce qui «nous laisse encore une marge d’adaptation». Au-delà de ce seuil, le réveil sera brutal, nous risquons de subir une effet cocotte-minute. 2° cela suppose déjà un freinage d’urgence par rapport à nos émissions actuelles de gaz à effets de serre et autres perturbateurs climatiques... mais «c’est techniquement possible et économiquement viable» affirme Jean Jouzel.
Préservation de l’environnement, réduction des émissions de gaz à effet de serre et croissance économique ne sont pas inconciliables. «Les questions environnementales font partie intégrante des facteurs de croissance, mais une croissance différentes de celle d’aujourd’hui» argumente le scientifique. Un comportement environnemental induit à penser autrement, à innover et au bout du compte on s’y retrouve économiquement. Pour le Ceser de Franche-Comté, «les exemples porteurs d’espoir et d’innovation ne manquent pas». L’économie n’est pas tout, ou plutôt elle pâtit également gravement de l’insécurité géopolitique, des mouvements de populations massifs, de l’insécurité alimentaire, des conflits et du terrorisme. Les Ceser, comme les grands témoins de cette conférence-débat, insistent ainsi sur le fait que le terrorisme se nourrit du désespoir de populations contraintes à la misère par une pression climatique qui anéantit leur environnement et l’équilibre social de contrée entières.
...A l’action
«Relever le formidable défi du dérèglement climatique» c’est un challenge à la mesure des ambitions des jeunes générations et Allain Bougrain-Dubourg, président de LOP et défenseur de la biodiversité, les y encourage fortement, car, se confie-t-il «J’ai un peu honte pour ma génération et celles qui l’ont précédée, de vous laisser une planète aussi fragile». L’homme, dont l’histoire ne pèse même pas une seconde à l’échelle du temps cosmique, a réussi en quelques millénaires à éradiquer de nombreuses grandes espèces, à faire des coupes sombres dans la biodiversité... bref, à scier la branche sur laquelle il est assis. Car «nous ne sommes qu’un élément de cette biodiversité, un maillon de la chaîne du vivant, même pas essentiel et dont l’existence dépend étroitement de tout cet ensemble» alerte Allain Bougrain Dubourg.
Quand le dernier grand singe aura disparu, le grand primate que nous restons pourrait bien s’éradiquer lui-même en détruisant un environnement sans lequel il ne saurait survivre. L’environnement ce n’est pas seulement une nature à contempler ou à exploiter, c’est aussi un ensemble de «services gratuits» rendus à l’humanité. «40% de l’économie mondiale» dépendent de ces services liés à la biodiversité, une biodiversité en recul de 60% ! Nous dilapidons, nous gaspillons et nous abîmons ce formidable patrimoine commun des hommes. Seulement, «mentalement, historiquement, nous sommes habitués à nous servir sans modération et sans contrepartie. A force de nous placer au-dessus de la chaîne du vivant, nous oublions notre fragilité et notre dépendance à l’environnement». Constat sans appel là aussi et invitation «à passer du constat à l’action» à s’engager dans les association, à agir collectivement et individuellement, «à ne pas se laisser faire, ni laisser faire». Prophétisant que «plus de biodiversité, c’est plus d’économie réelle et de croissance», Allain Bougrain Dubourg engage l’humanité à «se réconcilier avec la nature» et à se mobiliser, car sa survie à plus ou moins long terme en dépend, face à une évolution climatique en grand risque de dérapage.
Du constat...
D’abord le constat, un constat sans appel, dressé par Jean Jouzel (CEA et GIEC) «le réchauffement est bien là, il est quantifiable et mesurable». 2014 a été l’année la plus chaude enregistrée sur la planète et 2015 est en passe de la détrôner. Si cette évolution reste relativement tempérée sous nos latitudes, ailleurs elle se traduit par des cyclones, des sécheresses sans précédent, un emballement de tous les extrêmes propre à ébranler les plus sceptiques. Car malheureusement, tout le monde n’est pas encore convaincu de l’urgence climatique et de la nécessité de passer du constat à l’action. Et même quand les discours marquent une certaine prise de conscience chez les politiques, les actions restent nettement en deçà des bonnes intentions, quand elles ne les contredisent pas carrément.
Pourtant, insiste Jean Jouzel, «c’est un réchauffement sans précédent et sans équivoque qui concerne l’atmosphère et les mers». Et il est lourd de conséquences : fonte des glaces, élévation du niveau des mers (le Bengladesh a les pieds dans l’eau et certaines îles paradisiaques ont du être abandonnées) acidification des océans (les coraux meurent, une partie du krill aussi et la base de la chaîne alimentaire est menacée). Pour nous Européens, tout va (encore) très (trop) bien madame la marquise... Mais pour combien de temps ? Car, «tous les voyants sont au rouge et nous n’échapperons pas aux conséquences de l’emballement climatique». La difficulté c’est que la prise de conscience du grand public et donc, les actions positives des politiques, ne se réalisent qu’à l’occasion d’événements extrêmes. Nous nous trouvons dans la position de la grenouille qui sent lentement la température du bocal s’élever et qui prendra conscience du danger trop tard. Pour éviter de subir le sort d’un grenouille trop cuite, le GIEC s’est fait lanceur d’alerte et les politiques ont défini un objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°, ce qui «nous laisse encore une marge d’adaptation». Au-delà de ce seuil, le réveil sera brutal, nous risquons de subir une effet cocotte-minute. 2° cela suppose déjà un freinage d’urgence par rapport à nos émissions actuelles de gaz à effets de serre et autres perturbateurs climatiques... mais «c’est techniquement possible et économiquement viable» affirme Jean Jouzel.
Préservation de l’environnement, réduction des émissions de gaz à effet de serre et croissance économique ne sont pas inconciliables. «Les questions environnementales font partie intégrante des facteurs de croissance, mais une croissance différentes de celle d’aujourd’hui» argumente le scientifique. Un comportement environnemental induit à penser autrement, à innover et au bout du compte on s’y retrouve économiquement. Pour le Ceser de Franche-Comté, «les exemples porteurs d’espoir et d’innovation ne manquent pas». L’économie n’est pas tout, ou plutôt elle pâtit également gravement de l’insécurité géopolitique, des mouvements de populations massifs, de l’insécurité alimentaire, des conflits et du terrorisme. Les Ceser, comme les grands témoins de cette conférence-débat, insistent ainsi sur le fait que le terrorisme se nourrit du désespoir de populations contraintes à la misère par une pression climatique qui anéantit leur environnement et l’équilibre social de contrée entières.
...A l’action
«Relever le formidable défi du dérèglement climatique» c’est un challenge à la mesure des ambitions des jeunes générations et Allain Bougrain-Dubourg, président de LOP et défenseur de la biodiversité, les y encourage fortement, car, se confie-t-il «J’ai un peu honte pour ma génération et celles qui l’ont précédée, de vous laisser une planète aussi fragile». L’homme, dont l’histoire ne pèse même pas une seconde à l’échelle du temps cosmique, a réussi en quelques millénaires à éradiquer de nombreuses grandes espèces, à faire des coupes sombres dans la biodiversité... bref, à scier la branche sur laquelle il est assis. Car «nous ne sommes qu’un élément de cette biodiversité, un maillon de la chaîne du vivant, même pas essentiel et dont l’existence dépend étroitement de tout cet ensemble» alerte Allain Bougrain Dubourg.
Quand le dernier grand singe aura disparu, le grand primate que nous restons pourrait bien s’éradiquer lui-même en détruisant un environnement sans lequel il ne saurait survivre. L’environnement ce n’est pas seulement une nature à contempler ou à exploiter, c’est aussi un ensemble de «services gratuits» rendus à l’humanité. «40% de l’économie mondiale» dépendent de ces services liés à la biodiversité, une biodiversité en recul de 60% ! Nous dilapidons, nous gaspillons et nous abîmons ce formidable patrimoine commun des hommes. Seulement, «mentalement, historiquement, nous sommes habitués à nous servir sans modération et sans contrepartie. A force de nous placer au-dessus de la chaîne du vivant, nous oublions notre fragilité et notre dépendance à l’environnement». Constat sans appel là aussi et invitation «à passer du constat à l’action» à s’engager dans les association, à agir collectivement et individuellement, «à ne pas se laisser faire, ni laisser faire». Prophétisant que «plus de biodiversité, c’est plus d’économie réelle et de croissance», Allain Bougrain Dubourg engage l’humanité à «se réconcilier avec la nature» et à se mobiliser, car sa survie à plus ou moins long terme en dépend, face à une évolution climatique en grand risque de dérapage.
Cop 21 Une première journée dédiée à l’agriculture
Le coup d’envoi de la Cop 21 a concerné l’agriculture. L’occasion de lancer officiellement le programme 4 pour 1000 sur le stockage du carbone dans les sols, mais aussi de présenter les initiatives du secteur de l’agriculture et de la forêt retenues dans l’Agenda des solutions. Le projet 4 pour 1000, lancé par la France, a déjà convaincu une quarantaine d’Etats et des organisations internationales. Selon les scientifiques, l’augmentation annuelle de 0,4% de la séquestration du carbone dans les sols permettrait, à l’horizon 2030, la compensation totale des gaz à effets de serre produits par la planète. Ce projet, selon le ministre de l’Agriculture français, qui en faisait la présentation à la Cop 21, poursuit le double objectif de lutter contre le réchauffement climatique et de garantir la sécurité alimentaire. Ce dernier argument montre que des ambitions environnementales ne sont pas contradictoires avec le développement de la productivité agricole. Le ministre de l’Agriculture se donne un an pour travailler au sein d’un comité de pilotage international «à gouvernance inclusive -mêlant gouvernements, investisseurs et ONG»- afin qu’à l’ouverture de la Cop 22, fin 2016, une «plateforme» permettant la mise en oeuvre de projets concrets soit opérationnelle. Lors des premières journées de la Cop 21, en dépit d’appels unanimes à sauver la planète par des actions urgentes contre le réchauffement climatique, des lignes de fracture sont apparues entre Pays du Nord et Pays du Sud, ces derniers craignant que la contrainte d’interdire le recours aux énergies fossiles -en dépit des réserves restantes- handicape la croissance des pays en développement.