Climat
La forêt sous haute surveillance
Gouverner, c'est prévoir... La forêt française n'échappe pas à la règle. Les effets des changements climatiques génèrent leur lot d'incertitudes et conduisent depuis plusieurs années déjà les gestionnaires privés et publics à participer à un réseau national de surveillance des espaces forestiers.
Dans les années 90, les pluies acides, le dépérissement de certaines forêts et de quelques massifs forestiers européens avaient sonné l'alarme : il fallait placer la forêt sous haute surveillance, observer les évolutions en cours, émettre des bulletins de santé et donner l'alerte quand cela s'avère nécessaire.
Le Département de la santé des forêts est né de cette première prise de conscience. Il a vingt ans maintenant et récolte les fruits de son attention à la préservation des forêts. Cinq échelons régionaux et un échelon national «veillent au grain». La Bourgogne est ainsi rattachée à l'échelon inter-régional Massif Central Bourgogne, basé à Clermont-Ferrand. Depuis la révision générale des politiques publiques, le département santé des forêts a été officiellement intégré à la Direction générale de l'alimentation. En Bourgogne, on compte une dizaine de correspondants-observateurs plus ou moins «spécialisés» forêts privées ou forêts publiques.
[INTER]Un réseau de surveillance de proximité[inter]
Sur le terrain, en première ligne, ces correspondants-observateurs tissent un réseau de surveillance de proximité. Ils observent les conséquences des aléas climatiques et des calamités en tous genres, surveillent les bobos récurrents, les petites bêtes qui grignotent, les ennemis de l'intérieur, mais de plus en plus souvent de l'extérieur aussi, portés par les vents chauds du réchauffement climatique et les tempêtes.
Les correspondants-observateurs, formés et informés, parcourent les forêts de leur département. Sélectionnés sur la base du volontariat, ils viennent de la DDAF (ou des DDEA), du CRPF, de l'ONF ; ils font aussi le lien entre les forestiers (privés ou publics) et la recherche. Leur mission est réputée d'intérêt public, car quand la santé des forêts va, le commerce suit. Plus vite l'alerte est donnée et la stratégie d'intervention définie, moins les conséquences économiques se feront sentir.
Dans la forêt privée, où la multiplicité des propriétaires limite quelques fois la capacité de réaction, il n'est pas toujours facile de structurer les interventions. Certains correspondants-observateurs, trouvent même la tâche d'autant plus compliquée qu'ils sont aussi appelés à gérer des conséquences «psycho-sociologiques» bien éloignées techniquement du seul contexte sanitaire. Les calamités engendrent des drames humains que l'on ne peut ignorer. Autre difficulté, un dépérissement observé peut avoir des raisons multifactorielles. L'homme à pied, les yeux levés vers les cimes, trouve alors le secours de l'observation par avion ou même par satellite.
Anticiper les changements climatiques
De la santé des forêts aujourd'hui dépend la productivité forestière de demain, une productivité qui s'inscrit dans un environnement forcément durable et économiquement viable. Sans parler de la diversité biologique qu'il faut préserver, ainsi que toutes les activités liées à l'espace forestier (tourisme, loisirs, etc.). Le correspondant-observateur est la clé de voûte du dispositif de veille sur la santé des forêts. Un dispositif dont on attend aussi qu'il réponde à une nécessité de plus en plus pressante : l'anticipation des changements climatiques et de leurs effets.
A cette fin, une réseau mixte technologique vient d'être officiellement lancé à Paris pour répondre aux attentes des gestionnaires de la forêt (privés et publics), qui souhaitent disposer de plus d'informations pour anticiper les changements. Le réseau RMT (Réseau mixte technologiques) devra dresser un état des lieux de la ressource hydrique, produire des cartes climatiques régionales, évaluer les risques d'incendie, veiller à la conservation des ressources génétiques, travailler sur l'adaptation des essences au climat...
Face à l'incertitude qu'il va bien falloir apprendre à gérer aussi, le RMT a du pain sur la planche et un budget de 100 000 euros/an d'ici 2010 pour le financement des projets.
Le Département de la santé des forêts est né de cette première prise de conscience. Il a vingt ans maintenant et récolte les fruits de son attention à la préservation des forêts. Cinq échelons régionaux et un échelon national «veillent au grain». La Bourgogne est ainsi rattachée à l'échelon inter-régional Massif Central Bourgogne, basé à Clermont-Ferrand. Depuis la révision générale des politiques publiques, le département santé des forêts a été officiellement intégré à la Direction générale de l'alimentation. En Bourgogne, on compte une dizaine de correspondants-observateurs plus ou moins «spécialisés» forêts privées ou forêts publiques.
[INTER]Un réseau de surveillance de proximité[inter]
Sur le terrain, en première ligne, ces correspondants-observateurs tissent un réseau de surveillance de proximité. Ils observent les conséquences des aléas climatiques et des calamités en tous genres, surveillent les bobos récurrents, les petites bêtes qui grignotent, les ennemis de l'intérieur, mais de plus en plus souvent de l'extérieur aussi, portés par les vents chauds du réchauffement climatique et les tempêtes.
Les correspondants-observateurs, formés et informés, parcourent les forêts de leur département. Sélectionnés sur la base du volontariat, ils viennent de la DDAF (ou des DDEA), du CRPF, de l'ONF ; ils font aussi le lien entre les forestiers (privés ou publics) et la recherche. Leur mission est réputée d'intérêt public, car quand la santé des forêts va, le commerce suit. Plus vite l'alerte est donnée et la stratégie d'intervention définie, moins les conséquences économiques se feront sentir.
Dans la forêt privée, où la multiplicité des propriétaires limite quelques fois la capacité de réaction, il n'est pas toujours facile de structurer les interventions. Certains correspondants-observateurs, trouvent même la tâche d'autant plus compliquée qu'ils sont aussi appelés à gérer des conséquences «psycho-sociologiques» bien éloignées techniquement du seul contexte sanitaire. Les calamités engendrent des drames humains que l'on ne peut ignorer. Autre difficulté, un dépérissement observé peut avoir des raisons multifactorielles. L'homme à pied, les yeux levés vers les cimes, trouve alors le secours de l'observation par avion ou même par satellite.
Anticiper les changements climatiques
De la santé des forêts aujourd'hui dépend la productivité forestière de demain, une productivité qui s'inscrit dans un environnement forcément durable et économiquement viable. Sans parler de la diversité biologique qu'il faut préserver, ainsi que toutes les activités liées à l'espace forestier (tourisme, loisirs, etc.). Le correspondant-observateur est la clé de voûte du dispositif de veille sur la santé des forêts. Un dispositif dont on attend aussi qu'il réponde à une nécessité de plus en plus pressante : l'anticipation des changements climatiques et de leurs effets.
A cette fin, une réseau mixte technologique vient d'être officiellement lancé à Paris pour répondre aux attentes des gestionnaires de la forêt (privés et publics), qui souhaitent disposer de plus d'informations pour anticiper les changements. Le réseau RMT (Réseau mixte technologiques) devra dresser un état des lieux de la ressource hydrique, produire des cartes climatiques régionales, évaluer les risques d'incendie, veiller à la conservation des ressources génétiques, travailler sur l'adaptation des essences au climat...
Face à l'incertitude qu'il va bien falloir apprendre à gérer aussi, le RMT a du pain sur la planche et un budget de 100 000 euros/an d'ici 2010 pour le financement des projets.