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Jeunes agriculteurs de la Nièvre

La continuité, c'€™est maintenant !

Le nouveau président de JA58, Alexandre Lorré, a tout juste 23 ans. Très tôt, il s'est investi dans le syndicalisme agricole, alors qu'il est encore en quête de terres pour s'installer. Dans un entretien, il dresse les grands axes de sa nouvelle responsabilité. Sans bouleversement.
Par PROPOS RECUEILLIS PAR EMMANUEL COULOMBEIX
La continuité, c'€™est maintenant !
Alexandre Lorré est aide familial sur l'exploitation de son père, à Epiry.
[G]Terres de Bourgogne: Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter rapidement?
Alexandre Lorré:[g] [I]«J'ai 23 ans, je suis aide familial sur l'exploitation familiale de mon père, Gilles Lorré, à Epiry. Après un BEP agricole, j'ai obtenu un BAC Pro CGEA en juin 2007 au lycée agricole de Château-Chinon. Dès la fin de mes études, je suis revenu dans la ferme familiale. Et puis, en 2007, lors des élections des JA du canton de Corbigny, j'ai été très vite désigné président cantonal».[i]

[G]TDB: Qu'est-ce qui vous a poussé vers le syndicalisme?
A.L.:[g] [I]«Je suis rentré aux JA comme tous ceux qui le font avec un esprit de convivialité et de camaraderie. C'est comme cela que j'ai découvert le syndicalisme qui m'a renforcé dans l'envie que j'avais de m'impliquer à la fois dans la vie au niveau cantonal mais aussi pour la défense de la profession. Ce qui me motivait le plus, c'était l'encouragement aux installations. Et puis, le rêve de devenir éleveur n'est pas venu par hasard: il a toujours été omniprésent, hérité comme un virus familial. Je veux dire que l'agriculture est le plus beau métier du monde et la profession la plus indispensable: nourrir les hommes».[i]

[G]TDB: Le fait d'être aide familial ne vous gêne-t-il pas statutairement au sein de JA58?
A.L.:[g][I] «Il n'y a pas d'incompatibilité statutaire, sachant qu'effectivement je souhaite m'installer le plus rapidement possible en bovins et en ovins mais qu'il est difficile de trouver des terres disponibles! Et puis, je dispose tout de même déjà d'un numéro de cheptel: j'ai eu ma première vache à 13 ans, mes premiers moutons à 15 et aujourd'hui, j'ai 4 vaches charolaises, 4 génisses de 18 mois et 2 jeunes veaux ainsi que 5 brebis mères Texel. J'exerce un peu ma passion même si ce n'est pas suffisant pour en vivre».[i]

[G]TDB: Comment envisagez-vous votre présidence?
A.L.:[g][I] «Etre président départemental, c'est juste être porte-parole d'un réseau qui se doit de défendre les JA, dans toutes les productions nivernaises, quelles qu'elles soient. J'entends, avec mon équipe, assumer la continuité de la représentativité des jeunes au sein des OPA. La structure a connu un fort renouvellement des générations et un rajeunissement des membres du bureau mais nous voulons continuer sur les bases actuelles: donner notre position à chaque fois que ce sera bon et légitime de la donner. Nous sommes un bon noyau dur avec une excellente entente entre nous: c'est un impératif pour créer une dynamique commune forte. Et pour continuer, en terme d'animation, à soutenir les finales de labours et de jugements de bétail dans les cantons».[i]

[G]TDB: Et pour les élections de chambre l'an prochain?
A.L.:[g][I] «Nous avons envie de nous impliquer au sein de la Chambre d'agriculture de la Nièvre mais nous n'avons pas encore défini notre position. Nous plaidons de toute façon pour une meilleure prise en compte de la vision et de la politique des JA».[i]

[G]TDB: Quels sont les dossiers prioritaires?
A.L.:[g][I] «Hormis l'installation, qui est notre fil conducteur principal, nous voulons défendre la profession. Par exemple, dans les négociations de la future PAC, pour que celle-ci soit protectrice de nos agriculteurs. C'est capital de préserver les agriculteurs et par-là même la production. Cela passe par la défense du foncier agricole: nous perdons 600 ha de terres par an dans la Nièvre. C'est un vrai gaspillage. Il est essentiel que le préfet écoute et non entende la voix de la CDCEA à laquelle nous participons (commission de consommation des terres agricoles). Et puis, il est inadmissible que notre profession soit incapable de répercuter ses coûts de production sur le prix de vente de nos produits. Nous continuerons à nous mobiliser contre les marges abusives de la grande distribution. Nous venons juste de retrouver les cours d'il y a 20 ans, alors que les charges explosent, et que les prix sont encore loin d'être décents. Et, autre priorité, nous voulons défendre la cartographie des zonages défavorisés simples, qui conditionnent l'obtention de l'indemnité compensatoire de handicap (ICHN) et que le projet de révision de l'Europe vient remettre en cause dans la Nièvre».[i]