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Démographie

La Bourgogne pourra-t-elle relever le défi ?

Les derniers chiffres de l'€™Insee sont formels : la croissance démographique marque le pas en Bourgogne et le déséquilibre entre les territoires s'€™accentue. La région semble écartelée entre des zones où la croissance démographique est soutenue par l'€™attractivité de pôles urbains proches de l'€™Ile de France ou de la région lyonnaise et des zones rurales où la démographie décline. La situation devient préoccupante et pose un réel défi en termes d'€™aménagement du territoire et de politiques publiques.
Par Anne-Marie Klein
La publication par l'€™Insee des chiffres de l'€™évolution démographique des territoires bourguignons de la précédente campagne de recensement [I]1999-2006[i], sont d'€™autant plus intéressants qu'€™ils constituent pour les collectivités territoriales et les services de l'€™à‰tat une base de données essentielle pour la définition ou l'€™infléchissement des politiques publiques. Les derniers chiffres de l'€™Insee Bourgogne montrent une certaine stabilité de la population bourguignonne (+0,16%), mais cette stabilité masque des situations très contrastées entre les territoires. Et surtout, le niveau de croissance de la démographie en Bourgogne apparaît très inférieur à la performance nationale (+0,69%). La croissance démographique marque donc le pas en Bourgogne et les écarts se creusent entre les territoires les plus dynamiques - souvent les mieux desservis par les grandes voies de circulation- et les espaces en décroissance. [INTER]Moins d'€™urbains, plus de «rurbains»[inter] Les territoires en croissance se situent pour la plupart autour des principales villes de Bourgogne. La densité de population s'€™accroît ainsi dans les espaces périurbains qui accueillent 29 000 habitants en plus en 7 ans. Une tendance à la hausse bien installée et particulièrement importante autour de Dijon et de Chalon-sur-Saône. Le pôle urbain de Dijon gagne 9000 habitants de plus en 7 ans, celui de Joigny augmente aussi, tandis que ceux de Sens, Auxerre et Beaune varient peu. Dans les centres urbains, la situation est plus contrastée, puisque la population a diminué dans dix des quinze villes les plus peuplées de la région. Cette tendance est à l'€™opposé de la situation nationale où l'€™on observe au contraire une progression de l'€™ensemble des villes-centres. Quelques agglomérations tirent leur épingle du jeu : Mâcon et Louhans regagnent des habitants, elles bénéficient de la proximité de la région lyonnaise et d'€™une partie de la Bresse. Dijon ville gagne aussi des habitants. [INTER]L'€™espace rural s'€™étoffe le long des grands axes[inter] L'€™espace rural n'€™est pas pour autant déserté, il bénéficie même d'€™un [G]regain d'€™attractivité[g], surtout dans les zones bien desservies par les grands axes de circulation, telles que l'€™autoroute A77, la N151, dans l'€™Ouest de la Nièvre et l'€™A6, sur l'€™axe Auxerre- Avallon-Beaune. Dans ces espaces, les décès l'€™emportent sur les naissances, mais l'€™attractivité du territoire compense suffisamment ce déficit. Cependant, pour la quasi-totalité des 25 pôles d'€™emplois ruraux de Bourgogne, la situation reste difficile puisqu'€™ils perdent régulièrement des habitants. Cette fois encore, constate l'€™Insee, la Bourgogne se situe à contre-courant de la tendance nationale qui voit une re-dynamisation de ces pôles d'€™emploi ruraux. Seuls Auxonne, Tournus et Cluny s'€™en sortent bien. Partout ailleurs la population est à la baisse, les pôles les plus touchés étant souvent les plus éloignés. On peut s'€™interroger sur les conséquences de cette situation : la contrainte démographique risque-t-elle à terme de menacer le dynamisme de la Bourgogne et la survie des entreprises ? L'€™évolution démographique montre que la Région devient de plus en plus une zone de transit, avec des zones de développement «satellites» des pôles francilliens et lyonnais. La Bourgogne se trouve ainsi confrontée à plusieurs défis démographiques : le vieillissement de sa population rurale, le renouvellement du tissu économique, un solde migratoire négatif dans certains bassins d'€™emplois. Mais la région bénéficie aussi d'€™un haut niveau d'€™infrastructures et peut s'€™appuyer sur des secteurs dynamiques comme l'€™agroalimentaire, les productions agricoles et forestières, les nouvelles technologies, le tourisme et les énergies renouvelables en plein développement... Les nombreux projets de territoires traduisent en tout cas à la fois une prise en compte des handicaps et une volonté de dépasser les contraintes démographiques et d'€™infléchir les tendances. Une ombre au tableau cependant, la restructuration des services publics et les réformes de l'€™à‰tat en cours, profitent rarement aux petites collectivités urbaines et aux habitants des territoires ruraux déjà en difficulté. [G][INTER]Des espaces inégalement peuplés[inter][g] Un tiers des Bourguignons (530 000) vivent en milieu rural et occupent les deux tiers du territoire, mais deux habitants sur trois (soit 1 100 000 Bourguignons) vivent dans un espace urbain ou périurbain (40% en pôle urbain et 27% dans le périurbain). La croissance régionale (0,16%) est bien en deçà de la moyenne nationale (0,69%) et de fait, le poids de la région diminue : en 2006, la population bourguignonne représentait 2,65% de la population nationale, contre 2,75% en 1999. Dans les zones en décroissance, les décès sont supérieurs aux naissances et le solde migratoire est négatif, puisque les départs d'€™habitants l'€™emportent sur les arrivées. La faible attractivité de ces territoires amplifie la décroissance de leur population. L'€™Insee range dans cette dernière catégorie le Saint-Florentinois et Tonnerrois dans l'€™Yonne, le Montbartois et Châtillonnais en Côte d'€™Or, l'€™Autunois, [I]le Bourbonnais-Charolais-Brionnais[i] en Saône-et-Loire, ainsi que le Sud et l'€™Est Nivernais (Châtillon-en-Bazois, Decize et Morvan). [G][S]Le compte est bon... [s][g] Avec 1,628 837 million d'€™habitants, la [G]densité de population[g] reste faible en Bourgogne (52 ha/km2), ce qui la classe au 19ème rang des régions françaises. En 2006, la Côte d'€™Or comptait 517 168 habitants, la Nièvre 222 220, la Saône-et-Loire 549 361 et l'€™Yonne 340 088. Les projections 2007 prévoient une légère augmentation de la population en Côte d'€™Or (518 000), en Saône-et-Loire (549 500) et dans l'€™Yonne (341 000), seule la Nièvre est en décroissance (221 500). En 2008 la population Bourgogne devrait compter 1 631 000 habitants.