Action syndicale
L'élevage en danger : FDSEA et JA sur le pont
A l'appel de la FNSEA, près de 15000 agriculteurs se sont mobilisés dans les départements français le 12 avril dernier pour alerter l'Etat sur les difficultés de l'intégralité des filières d'élevage. La Nièvre était elle aussi sur le pont. Zèle environnemental et marges abusives des GMS étaient au menu de l'action conduite par la FDSEA et JA 58.
Une soixantaine d'éleveurs nivernais bovins viande et laitiers avaient fait le déplacement à Nevers, le 12 avril dernier dans le cadre de la journée d'action nationale en faveur de l'élevage initiée par la FNSEA et JA. Tiraillés entre une hausse exponentielle de leurs coûts de production, des prix à la production stagnants et une surcharge de contraintes réglementaires tuant toute initiative et tout esprit d'entreprendre, les producteurs ont, au travers trois étapes dans Nevers, exprimé leur mécontentement et leurs attentes auprès des Pouvoirs publics dont ils sollicitent une réaction appropriée aux enjeux de l'élevage. La possibilité de répercuter la hausse des charges dans leurs prix de vente, la fin de toute pression environnementale et fiscale, et une PAC structurée pour accompagner l'élevage. Autant de doléances déposées auprès de la préfète, Michèle Kirry, avant une grande manifestation nationale, le 23 juin à Paris.
[INTER]Environnement :On est au bout du bout ![inter]
Première étape des manifestants en cette matinée du 12 avril 2013, la délégation territoriale de l'Agence Régionale de Santé (ARS). Exaspérés par les excès de zèle de l'administration en matière environnementale, les éleveurs ont ouvertement affiché leur ras le bol quant à la course à la surenchère à laquelle semblent se livrer les services de l'àtat en matière environnementale. Après l'interdiction de curage des fossés, de défrichement, et de brûlage, l'ARS, agence jusqu'à présent quasi-inconnue par les organisations professionnelles, se positionne en force sur le registre du [I]«à qui mieux mieux »[i] ! Sévissant sur le canton de Montsauche, cette dernière multiplie les performances ces derniers temps, ayant apostrophé trois éleveurs en deux mois à propos de l'interdiction de pâturage, de remise en herbe d'une parcelle de sapins de Noël, ou encore de l'utilisation d'un bâtiment agricole. Sur ces trois dossiers, les échanges engagés avec André Lorraine, délégué territorial, ont débouché sur une prise de rendez-vous qui permettra de réexpertiser ces dossiers complexes avec la profession. Par ailleurs, la délégation présente s'étonna, en parallèle des discussions, du manifeste paradoxe d'interprétation des missions de l'ARS dans la Nièvre. Là où cette dernière affirme travailler pour la Préfecture, la représentation de l'àtat en département affirme le contraire. Il faudra envisager de se mettre d'accord ....
C'est ensuite jusqu'au parvis de la préfecture de la Nièvre, que la longue farandole de tracteurs et de véhicules agricoles s'étira. Sur place, Olivier Hoareau, président de la section laitière de la FDSEA, Emmanuel Bernard, président de la section bovine et Alexandre Lorré, président des JA y déposèrent le cahier de doléances de la profession avant que le cortège ne s'ébranle à nouveau en direction de Géant Casino et de ses rayons produits laitiers et viande.
[INTER]Répercuter la hausse des coûts de production [inter]
Sur place, changement d'ambiance. D'une relative cordialité jusqu'alors, les échanges se crispèrent quelque peu, attisés par la découverte d'une brique de lait entier «Casino» commercialisé à 1,12 € le litre, soit 4 fois le prix payé au producteur. A l'autre bout du magasin, les rayons viande étaient vidés de leur contenu et la marchandise sortie par delà les caisses par les éleveurs : du veau irlandais, du cheval canadien (même pas roumain !) et un directeur de magasin qui se contenta d'expliquer que son rôle était de distribuer la marchandise et qu'il ne pouvait pas apporter de précisions quant aux marges réalisées par son enseigne ! Ces dernières doivent néanmoins être confortables puisque permettant d'assurer les honoraires de l'huissière de justice mandatée par l'enseigne pour estimer les dommages de l'action, somme toute «gentillette», d'éleveurs assommés par les charges et par une distribution qui, quelques jours auparavant encore, n'avait pas réellement pris d'engagement quant à la répercussion à la consommation de la hausse des coûts de production des éleveurs. Le 23 juin prochain, c'est à Paris, que les éleveurs iront chercher des réponses à leurs attentes. Les clopinettes distribuées ces dernières semaines ne sont ni plus ni moins qu'un renoncement du ministre face aux enjeux se présentant pour le maintien de l'élevage. Du courage et du bon sens, c'est manifestement ce dont nos dirigeants politiques auront le plus besoin dans les semaines à venir.
[INTER]Environnement :On est au bout du bout ![inter]
Première étape des manifestants en cette matinée du 12 avril 2013, la délégation territoriale de l'Agence Régionale de Santé (ARS). Exaspérés par les excès de zèle de l'administration en matière environnementale, les éleveurs ont ouvertement affiché leur ras le bol quant à la course à la surenchère à laquelle semblent se livrer les services de l'àtat en matière environnementale. Après l'interdiction de curage des fossés, de défrichement, et de brûlage, l'ARS, agence jusqu'à présent quasi-inconnue par les organisations professionnelles, se positionne en force sur le registre du [I]«à qui mieux mieux »[i] ! Sévissant sur le canton de Montsauche, cette dernière multiplie les performances ces derniers temps, ayant apostrophé trois éleveurs en deux mois à propos de l'interdiction de pâturage, de remise en herbe d'une parcelle de sapins de Noël, ou encore de l'utilisation d'un bâtiment agricole. Sur ces trois dossiers, les échanges engagés avec André Lorraine, délégué territorial, ont débouché sur une prise de rendez-vous qui permettra de réexpertiser ces dossiers complexes avec la profession. Par ailleurs, la délégation présente s'étonna, en parallèle des discussions, du manifeste paradoxe d'interprétation des missions de l'ARS dans la Nièvre. Là où cette dernière affirme travailler pour la Préfecture, la représentation de l'àtat en département affirme le contraire. Il faudra envisager de se mettre d'accord ....
C'est ensuite jusqu'au parvis de la préfecture de la Nièvre, que la longue farandole de tracteurs et de véhicules agricoles s'étira. Sur place, Olivier Hoareau, président de la section laitière de la FDSEA, Emmanuel Bernard, président de la section bovine et Alexandre Lorré, président des JA y déposèrent le cahier de doléances de la profession avant que le cortège ne s'ébranle à nouveau en direction de Géant Casino et de ses rayons produits laitiers et viande.
[INTER]Répercuter la hausse des coûts de production [inter]
Sur place, changement d'ambiance. D'une relative cordialité jusqu'alors, les échanges se crispèrent quelque peu, attisés par la découverte d'une brique de lait entier «Casino» commercialisé à 1,12 € le litre, soit 4 fois le prix payé au producteur. A l'autre bout du magasin, les rayons viande étaient vidés de leur contenu et la marchandise sortie par delà les caisses par les éleveurs : du veau irlandais, du cheval canadien (même pas roumain !) et un directeur de magasin qui se contenta d'expliquer que son rôle était de distribuer la marchandise et qu'il ne pouvait pas apporter de précisions quant aux marges réalisées par son enseigne ! Ces dernières doivent néanmoins être confortables puisque permettant d'assurer les honoraires de l'huissière de justice mandatée par l'enseigne pour estimer les dommages de l'action, somme toute «gentillette», d'éleveurs assommés par les charges et par une distribution qui, quelques jours auparavant encore, n'avait pas réellement pris d'engagement quant à la répercussion à la consommation de la hausse des coûts de production des éleveurs. Le 23 juin prochain, c'est à Paris, que les éleveurs iront chercher des réponses à leurs attentes. Les clopinettes distribuées ces dernières semaines ne sont ni plus ni moins qu'un renoncement du ministre face aux enjeux se présentant pour le maintien de l'élevage. Du courage et du bon sens, c'est manifestement ce dont nos dirigeants politiques auront le plus besoin dans les semaines à venir.