Visite du préfet à Corbigny
L'avenir de l'abattage régional en question
Daniel Matalon, le préfet de la Nièvre, était à Corbigny vendredi dernier pour visiter les installations dédiées à l'élevage et pour rencontrer les élus. Lui faisant visiter l'abattoir municipal, dont la SICAVYL est fermière, Philippe Tournand, le directeur, a alerté le représentant de l'Etat sur l'avenir économique de l'abattage régional français.
A côté des Viandes du Nivernais -l'atelier de désossage qui appartient à la SICAVYL, l'abattoir de Corbigny, à l'entrée de la ville, appartient à la commune qui le loue au groupement d'éleveurs. C'est donc Philippe Tournand, directeur de la SICAVYL, qui a fait visiter la structure au représentant de l'Etat, vendredi dernier, en présence du sous-préfet de Clamecy et du maire de Corbigny. Avant de faire un petit tour au marché au cadran voisin, le préfet s'est plongé durant une heure dans la problématique de l'abattage français, le directeur de la SICAVYL lui dressant un tableau économique de la filière relativement incertain. Chiffres à l'appui, le responsable a par exemple fait part d'une baisse de l'activité de l'abattoir de Corbigny correspondant à près de 25% de son chiffre d'affaires depuis le début 2012, invoquant [I]«une baisse de la demande et une augmentation des accidents de paiement»[i]. Le préfet a bien entendu que cette [I]«mauvaise conjoncture»[i], concernant [I]«un outil de proximité qui a abattu 3200 tonnes de boeuf, de porc et d'agneau en 2011»[i], est liée [I]«à notre cœur de métier -les bouchers locaux- qui nous oblige, pour faire du volume, à vendre la viande de plus en plus loin»[i]. Avec souvent le risque de se retrouver en concurrence avec d'autres abattoirs locaux. La Nièvre, à elle seule, compte ainsi trois abattoirs locaux (Corbigny, Cosne-sur-Loire et Luzy).
[INTER]Commission régionale des abattoirs[inter]
Un constat que Philippe Tournand précise avec encore plus d'interrogations quant [I]«aux nécessaires mises aux normes qui imposent de grands investissements à nos structures»[i]. C'est notamment le cas de l'abattoir de Corbigny qui, depuis 2007, a déboursé plus d'un million d'euros et prévoit encore 150 000 euros pour le traitement des effluents. [I]«Ceux qui ne s'adapteront pas sont voués à disparaître»[i] a reconnu Daniel Matalon tout en confiant [I]«tout le bien qu'il avait entendu de cet abattoir»[i]. Si le directeur de la SICAVYL a voulu parler des filières régionales dans leur ensemble, c'est qu'il a constaté que [I]«les hommes politiques réclament tous des ronds pour investir dans leurs propres abattoirs»[i] ce qui lui paraît [I]«anti-économique»[i]. Reconnaissant que son diagnostic n'est [I]«pas politiquement correct»[i], Philippe Tournand considère que l'abattage français ne pourra pas se passer d'une [I]«restructuration»[i] en profondeur, les petites structures étant de plus en plus tiraillées entre la baisse de la consommation et les impératifs sanitaires. Il a redit au préfet de la Nièvre qu'il attendait avec impatience la réunion des Commissions régionales d'abattoirs, déléguées aux préfets de Région par le ministère de l'Agriculture, pour poser le débat avec les entreprises et les élus.
[INTER]Commission régionale des abattoirs[inter]
Un constat que Philippe Tournand précise avec encore plus d'interrogations quant [I]«aux nécessaires mises aux normes qui imposent de grands investissements à nos structures»[i]. C'est notamment le cas de l'abattoir de Corbigny qui, depuis 2007, a déboursé plus d'un million d'euros et prévoit encore 150 000 euros pour le traitement des effluents. [I]«Ceux qui ne s'adapteront pas sont voués à disparaître»[i] a reconnu Daniel Matalon tout en confiant [I]«tout le bien qu'il avait entendu de cet abattoir»[i]. Si le directeur de la SICAVYL a voulu parler des filières régionales dans leur ensemble, c'est qu'il a constaté que [I]«les hommes politiques réclament tous des ronds pour investir dans leurs propres abattoirs»[i] ce qui lui paraît [I]«anti-économique»[i]. Reconnaissant que son diagnostic n'est [I]«pas politiquement correct»[i], Philippe Tournand considère que l'abattage français ne pourra pas se passer d'une [I]«restructuration»[i] en profondeur, les petites structures étant de plus en plus tiraillées entre la baisse de la consommation et les impératifs sanitaires. Il a redit au préfet de la Nièvre qu'il attendait avec impatience la réunion des Commissions régionales d'abattoirs, déléguées aux préfets de Région par le ministère de l'Agriculture, pour poser le débat avec les entreprises et les élus.