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Bio Bourgogne

«J’ai redécouvert le métier d’agriculteur...»

Bio Bourgogne a organisé une journée sur le thème de l’engraisseur à l’herbe et la phytothérapie. L’élevage de Laurent Pacquet, éleveur et engraisseur à Langeron a servi de cadre à cet événement.
Par Théophile Mercier
«J’ai redécouvert le métier d’agriculteur...»
Laurent Paquet (au centre de la photo) a présenté la manière avec laquelle il utilise la phytothérapie sur ses animaux.
Convivial et constructif. Tel est le bilan de cette journée thématique organisée par Damien Nicolas, conseiller élevage à Bio Bourgogne. Laurent Pacquet, éleveur et engraisseur sur la commune de Langeron, a ouvert les portes de son exploitation (voir encadré). Une journée en deux temps avec d’abord une matinée consacrée à l’engraissement et l’autonomie fourragère.

Un tour de plaine sur les parcelles de l’éleveur a été organisé. L’objectif était de découvrir les différents types de cultures et de céréales semées sur l’année par Laurent Pacquet. Le petit groupe, composé pour la plupart d’agriculteurs nouvellement convertis à l’agriculture biologique, a pu observer +0, des semis d’orge, de triticale, du pois fourrager, de luzerne sous couvert d’orge de printemps et de la luzerne. Le temps fort de cette journée fut incontestablement l’après-midi où Laurent Pacquet a présenté la manière dont il utilise la phytothérapie. Ce dernier s’inspire d’un ouvrage intitulé «Aromathérapie pour les ruminants» publié par nos confrères de la «France Agricole». De manière générale, la phytothérapie est utilisée en agriculture biologique pour stimuler les défenses immunitaires des bovins. «L’arbre à thé» et le «Ravintsara» sont deux produits couramment utilisés.
Laurent Pacquet se sert par exemple de la tisane de noyer pour gérer la digestion difficile de ses bêtes. Il a également conseillé à ses collègues d’utiliser du «CP détox», une sorte de cocktail de plantes distillées en cas notamment de diarrhée et pour relancer l’appétit des animaux. «J’utilise ce produit 100 ml matin et soir pendant 5 jours» a-t-il indiqué. Ce dernier fait partie des rares éleveurs du département à ne pas faire appel aux vétérinaires. «Cette année, je n’ai pas eu de problèmes sanitaires. Pour faire fuir les mouches, j’utilise de la pierre à l’ail. C’est radical pour la gestion parasitaire» estime-t-il.
D’autres journées de ce type vont être organisées dans le courant de l’année par Bio Bourgogne.

Contact
Damien Nicolas, animateur, conseiller en élevage biologique.
25 boulevard Léon Blum, 58000 Nevers
Tel : 03 86 36 94 25 - Port : 06 30 02 24 01

Un éleveur tourné vers l’avenir

Laurent Paquet est installé depuis 2007 sur la commune de Langeron (58). Il est à la tête d’une exploitation de 170 hectares et 100 vaches allaitantes.
Il fait partie de la Cuma Wrap dont l’ambition de départ est de mieux valoriser l’herbe et de gagner sur la rentabilité économique des exploitations des adhérents. Ils se sont d’abord équipés collectivement d’une faucheuse-conditionneuse dont la particularité est de regrouper les andains et d’une remorque autochargeuse. «Nous avons gagné en qualité de fourrage car nous ne sommes pas obligés d’attendre que le foin sèche. Nous pouvons le ramasser au moment où il est de bonne qualité» explique-t-il. Ensuite à titre personnel, Laurent Pacquet s’est équipé d’un bol mélangeur dans lequel il met aussi bien des rations de fibres en été, que du fourrage et du foin. «Cela me permet d’habituer mes bêtes à manger de tout» détaille l’éleveur. Ce dernier expérimente notamment de la culture de betterave pour améliorer la digestion de ces animaux. À terme, son objectif est de réduire son cheptel à 80 vaches au lieu de 100 actuellement. «Étant en Agriculture Biologique, je n’ai pas de filière sur le maigre. Je suis donc obligé de trouver une autre solution. D’où la nécessité de finir toutes mes bêtes» expose l’engraisseur. Grâce à sa planification d’engraissement et de vente, il peut réaliser une plus-value sur le kilo de carcasse.
Ce dernier pratique également le pâturage tournant tous les huit jours pour mieux valoriser ses pâtures.
Côté cultures, il s’est aussi lancé dans le non-labour. «Mon but est de me servir des éléments naturels pour m’en sortir. L’idée est de recouvrir le sol en permanence pour faire une matière verte» détaille-t-il. Il a donc opté pour un couvert à cycle court et ce dernier est choisi en fonction de la culture précédente. À terme, cette technique lui permet d’économiser en temps de travail mais également en mécanisation.