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Traits Auxois

Incessamment sous peu

Cinq poulinages sont imminents à Perrigny-lès-Dijon, dans l'élevage de Cyrille Decosne.

Par AG
Incessamment sous peu
Heike, 10 ans, était à terme depuis quatre jours lors de cette photo, prise le 15 avril.

Certains ont eu lieu en mars, voire fin février. Pour les plus tardifs, ce sera peut-être en juillet, mais le « gros » des poulinages, en Trait Auxois, c'est maintenant. En débarquant dans la cour de ferme de Cyrille Decosne, la semaine dernière à Perrigny-lès-Dijon, nous nous attendions à voir au moins un poulain. Que nenni ! « Désolé, il n'y a encore rien pour le moment », nous apprend l'éleveur de 52 ans. « Cinq de mes juments sont pleines, l'une d'elles est arrivée à terme le 11 avril mais l'animal peut porter son petit encore un mois, voire exceptionnellement 40 jours après cette date. Il faudra donc repasser ! ».

Pour le maintien de la race

À défaut d'un carnet rose, nous poursuivons l'entrevue avec ce propriétaire de 15 chevaux. Cinq poulinages : c'est généralement le « score » annuel de Cyrille Decosne. Comme tous les éleveurs de Traits Auxois, celui-ci attache une très grande importance aux naissances : « nous œuvrons tous, à notre échelle, au maintien de cette race à faible effectif. L'an passé, il y a eu moins de 90 poulains et pouliches, cela doit être le plus bas niveau jamais enregistré, donc rien n'est évident. Chaque éleveur Trait Auxois est donc d'autant plus important. Personne ne doit être mis de côté, nous devons tout faire pour garder un nombre de poulinages le plus élevé possible ». Ses cinq futurs « petits » ont-ils déjà un petit nom réservé ? « Non ! », répond l'éleveur, qui ne fait son choix qu'une fois le poulinage réalisé. « Peut-être par superstition, je ne les cherche pas avant. Quand on prévoit des choses à l'avance, rien ne se passe comme prévu. Il m'est déjà arrivé des pépins, comme il y a deux ans, avec un étalon qui n'avait pas donné satisfaction ». Cyrille Decosne a cette année entière confiance en son nouveau reproducteur, Lover d'Huilly, qui a sailli les cinq juments précédemment évoquées. « Je l'avais acheté juste après le sevrage à Florian et Léane Bizouard. Il a déjà eu plusieurs très belles pouliches, dont certaines ont été valorisées à l'étranger. Lover avait même décroché les championnats jeunes et adultes à Semur en 2023 et 2025 ».

Une grande passion

Cyrille Decosne nous informe « ne rien gagner » avec ses quinze Traits Auxois. « Je ne perds pas d'argent non plus, je fais en sorte d'être à l'équilibre. Cet élevage est avant toute chose une grande passion pour moi. Quelques belles ventes me permettent de combler les frais que l'activité engendre. Rien n'est toutefois garanti : si la viande se vendait très bien en 2022, ce n'est plus le cas aujourd'hui ». D'où vient cette passion ? Notre interlocuteur réfléchit et partage son « passé » : « en tout cas, cela ne vient pas de mes parents qui n'avaient pas de chevaux. J'ai été apprenti puis salarié à l'Abbaye de Cîteaux à partir de 1989. À l'époque, nous avions l'habitude de broyer 60 ha de refus derrière les vaches montbéliardes. Un frère de l'Abbaye avait émis l'hypothèse d'acquérir des chevaux pour valoriser ces parcelles en question. L'idée d'en avoir pour moi-même est un peu venue de là ! Aussi et surtout : par la suite, j'ai longtemps côtoyé un marchand de chevaux, c'est surtout lui qui m'a transmis la passion. J'ai débuté l'élevage avec des Comtois, je suis même monté à 12 animaux ! Quand j'étais jeune, j'allais très régulièrement à la Saint-Martin où il y avait des Traits Auxois des familles Bizouard et Dupaquier. J'ai changé de race et j'ai acheté mes deux premiers Auxois chez eux en 1996. Je me suis installé agriculteur en 2000 à Perrigny et depuis, j'ai développé mon cheptel ». Le Côte-d'orien termine la rencontre en informant la tenue de l'assemblée générale de l'Union nationale du cheval de Trait Auxois ce samedi 25 avril, à Pouilly-en-Auxois.