Accès au contenu
Agriculture biologique

«Il faut favoriser les petites structures»

Aline Baumann est productrice de fruits issus de l’agriculture biologique à Saint-Pierre le Moutier. L’occasion de revenir avec elle sur l’origine de son installation et sur ses projets d’avenir.
Par Théophile Mercier
«Il faut favoriser les petites structures»
Aline Baumann dans sa serre de groseille.
Aline Baumann est une bio convaincue. Installée depuis 2013 à Saint-Pierre-Pierre-le-Moûtier au lieu-dit les Verrières, elle gère une production d’arbres fruitiers mais aussi un atelier de transformation pour la confiture. L’agriculture biologique a toujours fait partie de son plan de développement. «C’est une volonté personnelle» dit-elle. «Je suis convaincu que l’on peut se passer des produits phytosanitaires et avoir une production plus raisonnée» martèle-t-elle. «Les petits fruits» sont loin des surfaces indispensables aux grandes cultures.

Aline Bauman ne dispose que de 1 ha pour l’ensemble de sa production. Dans son verger, on trouve 3 000 plants de fraises, 150 plants de framboises, 10 plants de rhubarbe et 30 plants de groseilles et cassis. Native de Lorraine et plus précisément des Vosges, Aline Bauman n’a pas non plus oublié d’y planter six mirabelliers, le fruit phare de la région Grand-Est. Seule entorse à son modèle, la culture de champignons en agriculture conventionnelle. Ce qui se justifie par les «difficultés à trouver du substrat bio dans la Nièvre. Le seul qui serait disponible se trouve en Bretagne. Je préfère donc en acheter à une heure de chez moi, et il est garanti sans OGM».

Une production très diversifiée que cette cultivatrice soigne aux petits oignons. «Pour toutes mes cultures, je pratique le paillage systématique. Par exemple, pour les framboisiers sous serre, je leur mets de la laine de mouton au pied qui est bien plus chaude que le foin. Cela permet de garder au frais plus longtemps et de limiter l’arrosage. C’est plus économique». Nous explique-t-elle. Pour ce qui est des fraises, elle utilise de la bâche nantaise «qui se déplie plus facilement que les autres modèles» estime-t-elle.

De forts débouchés en circuits courts.
Pour écouler sa production, Aline Bauman mise tout sur le circuit court et la vente directe. Elle vend ses fraises et ses confitures au magasin de producteur «Secret de Paysans» à Coulange-les-Nevers. Elle traite également avec certains boulangers-pâtissiers et participe à des marchés. L’avenir pour elle est plutôt positif. «Je constate une forte demande en bio de la part du consommateur. Et le nombre d’installations ne cesse d’augmenter». Elle souhaiterait planter davantage de fruits, «mais le problème c’est encore et toujours la réserve foncière. Il y a peu de terres disponibles pour ce type de production, alors que l’on a tout intérêt à privilégier les petites structures». Elle déplore que «tout le monde surfe sur le bio sans mettre vraiment les moyens».

Des pistes de solutions ? : «Il faudrait que l’on communique beaucoup mieux pour se distinguer de la grande distribution», en insistant sur les atouts de bio et en détaillant les pratiques, ce serait un moyen de valoriser «les vrais bios» par rapport à certaines imitations.

Le bio dans la Nièvre

D’après les chiffres communiqués par le Gabni, 26 nouvelles fermes se sont converties en bio dans notre département depuis le début de l’année. Ce chiffre porte à 212, le nombre d’exploitations ayant fait le choix de se tourner vers ce type d’agriculture. Dans le détail, 35 % des fermes sont en polyculture-élevage, 20 % en élevage, 12 % en grandes cultures et 11 % en maraîchage. Le reste se répartit entre l’arboriculture et la viticulture. Globalement, le Gabni constate une évolution positive du nombre de surfaces bio depuis au moins trois ans. Il faudra attendre la rentrée de septembre et la publication des chiffres de 2018, pour s’assurer que cette tendance se vérifie sur un plus long terme.