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Tech&Bio, le 27 mai à Aiserey (21), c’est pour bientôt

Grandes Cultures : l’innovation passe par Tech&Bio

En attendant Tech&Bio, le 27 mai prochain à Aiserey en Côte d’Or, ces quelques témoignages d’agriculteurs engagés dans des démarches bio ou en système mixte, montrent qu’il n’y a pas qu’une seule forme d’engagement, mais une pluralité de systèmes, en fonction des parcours de chacun et des choix stratégiques assumés.
Par Ma signature
Grandes Cultures :  l’innovation passe par Tech&Bio
(71) Converti de fraîche date, à 58 ans : un virage assumé
En conversion depuis un an, M. Sassot, producteur de grandes cultures en Saône-et-Loire, dans le canton de Saint-Germain-du-Bois, s’est toujours intéressé aux pratiques alternatives, mais c’est presque à la fin de sa carrière (il a 58 ans) qu’il a sauté le pas de la conversion, tout en reconnaissant que «les aides représentent un lélément déterminant pour la sécurisation du passage en système bio». Bien avant sa conversion il a effectué de nombreuses visites sur des exploitations bio et il a pu évaluer les résultats des essais conduits. Sa situation géographique et les spécifités de ses sols (limons blancs battants) l’amènent à trouver des solutions pratiques permettant à ses terres d’exprimer leur potentiel. La réflexion autour du choix des productions n’est pas encore tout à fait finalisée dans cette phase de recherche.
Vu le contexte agronomique, le labour reste une pratique incontournable comme le drainage. La culture du blé et de soja, constitue la base de l’assolement, complétée par de l’avoine, de l’épeaûtre, de l’orge d’hiver, des légumineuses...

(21) En système mixte, le bio aide bien à faire «boullir la marmite»
Installé à Fenay depuis 2013,
Frédéric Marin a repris une exploitation qui fonctionnait déjà en système mixte. En 2015, le système bio occupe une trentaine d’hectares, destinés à la production de luzerne, d’épeautre, de soja, de légumes de plein champ, de légumes diversifiés en maraîchage. La production bio est valorisée par la vente directe et la cueillette au champ pour la partie légumes. La majeure partie de la sole reste cultivée de façon conventionnelle, car l’agriculteur travaille avec deux fermes voisines en assolement commun. Les cultures en conventionnel -colza, blé, orge, moutarde et lin- sont conduites de façon raisonnée et selon un travail du sol classique (charrue et décompactage). «Le système mixte, bien équilibré trouve sa rentabilité» et, vu que son installation est encore récente, Frédéric Marin n’envisage pas de changement à court terme. «Pour le moment, une bonne partie de la plus-value est réalisée grâce à la vente directe qui participe à 40% au CA global». Cette activité est d’ailleurs en développement constant du fait d’une demande de produits locaux en développement elle aussi.

(70) Quand souffle «l’esprit filière»...
L’esprit filière, c’est ce qui motive Alain Guyard, agrobio grandes cultures, installé à Bouant et Feurg, près de Gray. C’est ce qui l’a conduit à s’engager dans la construction d’une filière blé-farine-pain, garante d’autonomie puisqu’elle assure «la maîtrise de toute la chaîne de production et de toute la chaîne de valeur». Sept agriculteurs bio bénéficient ainsi d’un contrat de production sur cinq ans, pour produire des blés de qualité et tracés, qui vont alimenter le meunier, à l’initiative de la filière. Le partenariat s’est étendu à l’élevage, avec la production et la vente de mélanges de céréales bio à façon, ce qui permet d’écouler 1000 tonnes de mélanges à l’année. Pour les éleveurs, les économies de charges sur les matériels sont significatives. Les prix de récoltes sont déconnectés des prix du marché mondial, les céréaliers comme les éleveurs engagés dans la démarche, y trouvent donc leur compte et gagnent en visibilité sur le moyen terme. Attention toutefois, prévient Alain Guyard, «il faut produire en fonction de la demande et du marché, en quantité, comme en qualité». «Attention aussi en agriculture biologique à maîtriser finement tous les paramètres agronomiques et toutes les étapes, c’est cette maîtrise technique qui permet le maintien d’une agriculture de dimension familiale».

Rendez-vous à Aiserey le 27 mai

Tech&Bio, organisé par les Chambres d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté, s’adress à tous les agriculteurs. Ce salon entend diffuser et partager les connaissances et les savoir-faire autour de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. Agriculteurs en polyculture-élevage, comme producteurs en grandes cultures, en système biologique ou conventionnel, tous sont concernés par ces évolutions vers des solutions techniques innovantess, qui seront présentées là dans toute leur diversité. Sur ce site implanté en partenariat avec le groupe Dijon Céréales, les visiteurs pourront participer à des ateliers techniques, suivre des conférences, assister à des démonstrations techniques, visiter la plateforme d’expérimentation Artémis. Des visites pour découvrir les activités du Moulin Decollogne et du laboratoire Cérela, sont aussi organisées. De la production à la transformation, en passant par la commercialisation, c’est toute une filière à découvrir sur un site d’exception.