Fertiliser pour voir loin
La Chambre d'agriculture de Côte-d'Or a accueilli des adhérents du Gerfab sur sa parcelle d'essais bio, à Rouvres-en-Plaine. La fertilisation était au cœur des discussions.
Le Geda « bio » de Côte-d'Or compte une soixantaine d'adhérents dans le département et se réunit une dizaine de fois par an. Un de ses rendez-vous avait lieu le 9 juin à Rouvres-en-Plaine. Vincent Maurice et ses collègues conseillers de la Chambre d'agriculture ont présenté plusieurs tendances après quatre années de cultures sur une plateforme s'intéressant à la fertilisation (différents systèmes correspondant à quatre stratégies de fertilisation sont évalués au niveau technico-économique, les marges sont calculées avec un suivi annuel des bilans PK).
Des légumineuses
La meilleure marge brute, pour commencer, est obtenue dans un système sans fertilisation mais avec beaucoup de légumineuses qui se sont chargées elles-mêmes d'apporter de l'azote. « Ce système sans fertilisation PK est toutefois fragile, car les sols vont s'appauvrir au fil du temps. Aucun de nos systèmes, même avec fertilisation, n'arrive à équilibre en termes de phosphore. Il en manque peu mais il en manque », fait remarquer Vincent Maurice. Le conseiller de la Chambre cite alors la calculette PhosphoBio, mise en place par Arvalis, qui montre que la zone à risque concernant ce même phosphore, intervient généralement entre 4 et 8 rotations dans les systèmes sans fertilisation : « l'idéal, pour la parcelle d’essai, est donc de fertiliser, davantage que ce que nous avons fait. Pour nos essais, nous avons mis une tonne de bouchons 9-5-0 /ha en deux fois en quatre ans. Sur un autre système, les apports on été de 500kg de bouchons/ha puis de 6 tonnes/ha de fumier de bovins. Avec le fumier, nous étions excédents en potasse, qui est moins problématique que le phosphore car il y en a beaucoup dans nos sols. Mais il manquait encore un peu de phosphore pour être à l'équilibre ».
La « ferti » pour équilibrer
Sans fertilisation, des carences vont donc intervenir selon notre interlocuteur : « le conseil que nous pourrions donner dans ce cas de figure est donc de fertiliser pour équilibrer les bilans PK à l’échelle de la rotation. Ces apports ne doivent pas être raisonnés en charges opérationnelles, mais plutôt en charges de structure, censées entretenir les sols dans la durée. Avec de la fertilisation PK, l'agriculteur ne va pas voir directement une augmentation de rendements l'année N, mais il va s'éviter une baisse les années suivantes. Telle pourrait être la conclusion de notre expérimentation que nous allons poursuivre ».