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Bien-être animal

Entretenir le dialogue avec la société civile

Le dialogue autour du bien-être animal est parfois difficile, il est pénible pour les éleveurs d’entendre «les abolitionnistes» demander la fin de l’élevage. Cependant, il est nécessaire d’entretenir le dialogue avec la société civile, notamment les associations Welfariste, pour transmettre la parole de l’éleveur en pensant à la majorité de consommateurs qui mangent de la viande.
Par Actuagri
Le questionnement sur le «statut» de l’animal, dans les années 2010, a entraîné une montée en puissance du sujet de sa place dans la société, depuis 2015, il est d’ailleurs défini comme un être doué de sensibilité. Les réflexions sur le bien-être, notamment en élevage, ont donc dépassé la sphère des «professionnels» et des «militants», pour s’immiscer dans le débat public. Marie-Gabrielle Miossec, journaliste de la France agricole et auteure d’un hors-série sur le sujet de «la fin de l’élevage»*, raconte que deux types d’associations, qui pour certaines d’entre elles existaient depuis de nombreuses années, se sont développées. Si elles disent toutes deux défendre le bien-être animal le moyen d’y arriver peut les opposer. Il existe donc des associations dites abolitionnistes, à l’image de 269 LIFE et L214 qui sont pour la fin de l’élevage et «la libération de l’animal». Les autres se disent «Welfaristes», à l’image de CIWF, elles sont pour des pratiques «plus vertueuses». «Nous travaillons à améliorer les conditions d’élevage, de transport et d’abattage», explique Léopoldine Charbonneaux, directrice de CIWF France. C’est généralement avec ces dernières que les professionnels dialoguent le plus régulièrement. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, note que les premières avec «des actions radicalisées» ont parfois tendance à braquer les éleveurs.

«Saisir toute occasion donnée de s’exprimer»
La présidente de la FNSEA qui dit souffrir de ces attaques précise tout de même que le repli n’est pas la bonne solution. «La parole de l’éleveur est perçue comme sincère, elle est attendue, il faut se saisir de toute occasion donnée de s’exprimer», conseille-t-elle. Elle recommande notamment d’utiliser ces temps de parole pour dénoncer certaines contrevérités véhiculées parfois largement. Les welfaristes et les abolitionnistes en plus de s’opposer sur l’objectif et la manière de faire passer les messages, les unes dialoguant, les autres ayant tendance à organiser des actions coup de poing, diffèrent aussi dans leur fonctionnement. Marie-Gabrielle Miossec explique donc que les équipes des associations Welfaristes sont principalement composées d’agronomes et de vétérinaires, tandis que les abolitionnistes ont plus tendance à recruter des spécialistes de la communication digitale. Pour la journaliste, cela traduit une différence dans les méthodes de travail, les premières cherchant des solutions dites «de fond» et les deuxièmes sont plus enclines à communiquer largement sur des messages et des actions chocs. La visibilité médiatique des abolitionistes est d’ailleurs plus importante que celle des welfaristes, même si d’après Marie-Gabrielle Miossec ces dernières ont parfois bénéficié de la popularité de L214, par exemple. Christiane Lambert, en dépit de cette grande visibilité médiatique des abolitionnistes et qui fait parfois souffrir les éleveurs, appelle tout de même à l’optimisme ; « il ne faut pas être tétanisé par 3-4 % de détracteurs, mais penser à la majorité des consommateurs qui aiment la viande et reconnaissent le travail des éleveurs».

*France Agricole – Hors-série d’août 2018 : Relation homme animal,
réponse à ceux qui veulent abolir l’élevage.