Entre quantité d'eau et changement climatique
Trois ans après la dernière réunion à destination des « irrigants », la Chambre d'agriculture de l'Yonne a renouvelé l'opération ce mardi 24 février, à Auxerre.
Après les discussions au sein de la salle, c'est Éric Saison, élu à la Chambre d'agriculture de l'Yonne qui ouvre le bal en annonçant le thème de la réunion : « la gestion quantitative de l'eau dans un contexte de changement climatique ». Avant d'entrer dans le vif, Emmanuel Jobard, responsable environnement et territoires à la Chambre d'agriculture de l'Yonne commence par une rapide partie sur le changement climatique. Le climat considéré comme « un système énergétique qui doit tendre vers un équilibre » est aujourd'hui mis à mal. Le Giec, crée à la fin des années quatre-vingt rassemble un groupe d'experts ayant effectué des scénarios, voire des modèles climatiques pour les années à venir. Grâce à la technologie, les vecteurs ont évolué et les modèles climatiques peuvent être « de plus en précis » et « nous disposons de leviers pour nous adapter au changement climatique ». En présentant des modèles climatiques assez « anxiogènes », il confie que « nous pouvons encore agir à notre niveau pour nous contraindre à limiter l'émission de gaz à effet de serre ». Pierré Loué, hydrogéologue au Conseil départemental, en profite donc pour faire un petit point sur l'irrigation dans l'Yonne. À ce jour, les irrigants icaunais prélèvent l'eau dans les nappes phréatiques et les cours d'eau. Il en profite pour faire un bilan par zone du département, en date du 15 février 2026. « La situation des nappes du nord de l'Yonne n'évolue pas en raison de leur inertie. Elles restent satisfaisantes, avec des niveaux proches de la moyenne », commence-t-il par énoncer avant de poursuivre. « Les nappes de la moitié sud-est de l'Yonne présentent des niveaux modérément bas par rapport à la référence historique. Cependant, elles affichent une évolution à la hausse », affirme-t-il par la suite. Avant de faire une prévision du niveau des nappes, Pierre Loué termine par les nappes du sud (Morvan). « Les nappes réactives du sud conservent des niveaux élevés, avec une tendance également orientée à la hausse », déclare-t-il.
Comprendre les règles de l'irrigation
En prévision, il annonce que l'état des nappes est globalement « favorable à la sortie d'hiver. Une forte incertitude demeure quant à la fin de la période de recharge et au comportement estival, notamment pour les nappes à faible inertie ». Selon les derniers chiffres de l'enquête irrigation réalisée entre 2016 et 2024, « le volume d'eau moyen utilisé pour l'irrigation dans l'Yonne est de 2,6 millions de m3 par an pour une surface irriguée annuelle de 3 000 ha. La surface irriguée moyenne par exploitation est de 50 ha ». Face à ces chiffres, Damien Brayotel, président de la FDSEA et élu à la Chambre d'agriculture, confie son interrogation quant aux restrictions imposées par l'État. « Les agriculteurs de l'Yonne n'utilisent que 1 % des ressources en eau disponibles par les cours d'eau et les nappes phréatiques, afin de produire convenablement et de préserver la souveraineté alimentaire. Nous essayons de faire bouger les choses, surtout quand il n'y a pas de problème de quantité d'eau, mais c'est très long », manifeste-t-il. Par la suite, Flavien Aviotte revient sur les règles de restrictions en période d'étiages et les modèles de gestion. En fin de réunion, Éric Saison, en profite pour faire un bilan. « Nous avons voulu réunir les irrigants de l'Yonne pour savoir s’il y avait des besoins de leurs parts, vu les nombreux échanges, ce fut tout de même productif. Nous sommes aussi là pour répondre aux besoins des agriculteurs, et souvent c'est du cas par cas », conclut-il.