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Section des anciens exploitants

Encore et toujours le niveau des retraites agricoles

Une large part de l'€™assemblée générale de la SDAE de la Nièvre, réunie le 28 juin à Saint-Honoré-les-Bains, a été consacrée à la problématique des retraites agricoles. Aude Fernandez, une juriste salariée de la FNSEA, spécialisée sur ce dossier, est venue de Paris faire le point sur l'€™avancement des engagements du nouveau pouvoir en place.
Par Emmanuel Coulombeix
Encore et toujours  le niveau des retraites agricoles
Près de 130 adhérents de la section des anciens exploitants agricoles de la FDSEA58 se sont réunis le 28 juin à Saint-Honoré-les-Bains.
C'€™est Jean Monais, le président de la section qui, dans un discours aux accents très politiques, a lancé la discussion. [I]«Désormais élus, certains ne pourront plus se retrancher derrière le flambeau quotidiennement agité pendant cinq ans»[i] a-t-il introduit en soulignant que [I]«la précarisation des retraités de l'€™agriculture fut bien au cours des dernières années, le fruit d'€™une complaisance politique... malsaine et n'€™ayant pour objectif que la seule et unique victoire au soir du 6 mai dernier»[i]. D'€™une obédience ou de l'€™autre. Les oreilles du chef de l'€™Etat ont dû siffler... Venue de Paris annoncer les dernières nouvelles, Aude Fernandez, chargée de mission à la FNSEA sur le dossier, a rappelé que François Hollande, qui n'€™était encore que candidat, s'€™était engagé par écrit, le 17 avril dernier, à respecter six engagements, dont trois principaux. Le plus important consistera à attribuer, d'€™ici 5 ans, une retraite minimum égale à au moins 75% du SMIC à tout exploitant qui comptabilisera tous ses trimestres de cotisation. [I]«La loi sur la RCO du gouvernement Jospin en 2002 avait déjà établi ce principe mais elle n'€™avait jamais été appliquée puisque les pensions n'€™avaient pas augmenté aussi vite que le SMIC»[i] a dit la juriste. En attendant, cette mesure, attendue comme un moyen [I]«de rendre leur dignité aux agriculteurs»[i] a été chiffrée: 150 millions d'€™euros d'€™ici cinq ans.
[INTER]500 millions à 1 milliard[inter]
Deuxième mesure emblématique réclamée par les retraités, la disparition du seuil de 17,5 ans dans le régime agricole pour pouvoir bénéficier des minimas agricoles est considérée comme une mesure d'€™équité par rapport aux autres régimes. Cette promesse est déjà actée: elle coûtera 10 millions d'€™euros. Le troisième engagement-phare sera le plus coûteux. Estimé entre 300 et 500 millions d'€™euros sur cinq ans, il consistera à accorder des points gratuits aux conjoints et aux aides familiaux, sur le même principe que les droits gratuits accordés aux chefs d'€™exploitation. Le plan Sarkozy de 2009 l'€™avait déjà chiffré entre 100 et 120 millions d'€™euros par an et là encore les responsables, bien que vigilants, se montrent optimistes sur la réalisation prochaine de cette promesse de campagne du président de la République. Avec trois autres engagements complémentaires, le budget des retraites agricoles devrait donc s'€™envoler d'€™ici 2017 de 500 millions à 1 milliard d'€™euros, partiellement financés par la dynamique démographique qui voit plus d'€™anciens exploitants mourir que de jeunes anciens faire valoir leurs nouveaux droits. D'€™ici-là, Jean Monais l'€™a rappelé: [I]«il est temps sur ce sujet, tout comme sur celui de la dépendance, qu'€™une véritable volonté politique soit affichée»[i]!