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Certiphyto par la voie D

Des stages courus d'avance

Les sessions de formation au Certiphyto de la Chambre d'agriculture se suivent et les stages font le plein. Les agriculteurs semblent conscients des bienfaits de ce module pour leur propre santé autant que pour la prévention à l'égard du milieu.
Par Emmanuel Coulombeix
Des stages courus d'avance
Matthieu Noroy, conseiller «grandes cultures», est satisfait du nombre de participants inscrits aux différents stages Certiphyto organisés par la Chambre d'agriculture.
Corbigny, le 24 février dernier à 16h45. Une quinzaine d'agriculteurs sortent de la salle de réunions de la Maison de Pays où ils viennent de conclure un stage de deux jours, non consécutifs, visant à obtenir le Certiphyto par la voie D. Tous sont satisfaits de la mission accomplie. A l'issue de ces deux jours de préparation théorique et pratique, ils vont pouvoir recevoir le précieux sésame. Surtout, ils ont pu faire le point sur leurs connaissances des produits phytosanitaires, leurs risques, leurs usages et la façon de s'en protéger. Tel est bien l'objectif de la Chambre d'agriculture de la Nièvre qui, propose cette formule, nombre à de ses ressortissants. Le succès ne s'est pas démenti non plus, la semaine passée, à Suilly-la-Tour, où seize agriculteurs ont suivi le stage.

[I]Formation théorique et pratique[i]
«L'intérêt de cette session est d'autant plus grand qu'elle est gratuite et, pour le moment pas encore obligatoire» confie Julien Robin, 24 ans, polyculteur à Vitry Laché et qui était inscrit à Corbigny.[I]«Cela nous permet de nous mettre à jour sur la connaissance des phytosanitaires et de nous tenir au courant des pratiques vertueuses»[i]. Avec l'intervention de Pierre-Marie Joseph-François, de la MSA, puis d'Emilien Durigon, animateur régional de l'UIPP, les stagiaires ont pu réviser leurs bases théoriques. Et puis les vérifier sur le terrain, pratiquement, en visitant le local phyto et l'aire de remplissage d'une exploitation. Comment stocker et manipuler les produits, apprendre les bons gestes n'est pas quelque chose d'inné. [I]«Il y a toujours à apprendre et c'est intéressant de comparer ce qu'on nous demande et nos pratiques quotidiennes»[i] dit le jeune agriculteur qui, à l'issue des deux jours, confesse ne pas avoir à trop changer ses habitudes. Principal changement qu'il envisage chez lui : [I]«vérifier que je rende bien les produits les plus dangereux les plus inaccessibles»[i]! Et cela même si «c'est plus facile de faire le classement sur le papier mais que ce n'est pas forcément le plus pratique pour nous».

[I]Obligatoire en 2015 ?[i]
Pour l'instant, la formation Certiphyto proposée par la Chambre est expérimentale et gratuite. C'est un argument positif qui plaide en sa faveur auprès des agriculteurs. S'ils sont si nombreux aux différentes sessions ce n'est pas dû au hasard. Aujourd'hui, par la voie D et en deux jours, les agriculteurs acquièrent un certificat qui sera valable dix ans alors que l'administration évoque une obligation à partir de 2015 et une validité ramenée à 5 ans. Un raisonnement que ne manquent pas de tenir les agriculteurs qui préfèrent ainsi prendre les devants, tant que cela leur est plus facile. [I]«Les trois stages qui ont déjà eu lieu en 2011 et la dizaine en 2010 n'ont pas désempli»[i] constate Matthieu Noroy, du service grandes cultures de la Chambre d'agriculture. [I]«Tout le monde se sent concerné même si certains points les intéressent plus que d'autres»[i] reconnaît-il. Il est loin le temps où les agriculteurs manipulaient leurs phytos avec de simples gants. Beaucoup d'entre eux ont déjà pris l'habitude d'utiliser la cotte et le masque de protection individuels. Cette reconnaissance du savoir-faire est donc promise à de beaux jours. Obligatoire ou pas, Certiphyto relève le niveau de prévention des risques, valide les bonnes pratiques déjà mises en œuvre et lève les doutes éventuels des stagiaires.