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Agriculture biologique

Des productions végétales dans l'expectative

Bio Bourgogne Franche-Comté vient de publier les résultats de son Observatoire régional de l'agriculture biologique. Concernant les productions végétales, le maintien de bons prix masque en partie la mauvaise récolte 2024 et 2025 semble montrer des signes d'amélioration.

Par Berty Robert
Des productions végétales dans l'expectative
Bio BFC
Les grands chiffres des productions végétales bio en BFC en 2024.

Portant sur les données de l'année 2024, l'édition 2025 de l'Observatoire régional de l'agriculture biologique rappelle d'emblée combien l'année 2024 fut catastrophique, en termes de précipitations. Des conditions ayant « entraîné le salissement des parcelles et le développement des maladies cryptogamiques sur les productions végétales, débouchant sur de piètres rendements ». Cela dans un contexte plus général où la crise affectant les marchés du bio aura eu pour conséquence une baisse des surfaces. La BFC est ainsi repassée en dessous des 10 % de la SAU en bio. Toutefois, le nombre de fermes continue de progresser, mais avec beaucoup de petites structures sur des productions diversifiées. D'autre part, les ventes de produits bios semblent redémarrer depuis le premier semestre 2025. Dans ce cadre général, les productions végétales bios de BFC se trouvent majoritairement dans les départements de l'Yonne et de la Côte-d'Or. Les trois quarts de la Surface céréalière et oléoprotéagineuse (Scop) se trouvent sur ces deux départements.

Coup de mou

Après une progression quasi-constante du nombre d'hectares et de fermes depuis 2014, les productions céréalières bios ont subi un coup de frein à partir de 2022. En 2024 on comptait 56 000 ha et 660 fermes, contre 64 000 ha et 720 fermes en 2022. Entre 2023 et 2024, les surfaces en conversion bio ont baissé de 15,4 % sur la région. Faiblesse des prix payés et crise de la bio expliquent en grande partie ce « coup de mou » des productions végétales. Entre 2023 et 2024, plus de 3 000 ha de Scop bio ont été perdus dans l'Yonne et plus de 1 900 en Côte-d'Or. Globalement la moisson 2024 a été très décevante, pour ne pas dire catastrophique (moins 30 % par rapport à la moyenne sur 10 ans). Mais ce fut un mal pour un bien car cela a permis, en partie, aux prix de repartir à la hausse, sans pour autant compenser les mauvais résultats de production. Même si les stocks restaient importants, le prix du blé, sous réserve de qualité, a dépassé les 350 euros/t. Fin 2024 et début 2025, des ventes ont eu lieu à plus de 400 euros/t de blé, une aubaine pour ceux qui ont stocké. Si les mauvaises récoltes 2024 ont permis de faire repartir le prix à la hausse, ce ne sera pas le cas en 2025 au vu du nombre d’hectares qui couvre largement le marché français. Il sera donc nécessaire de trouver des marchés à l’export.

Mauvais rendements

Concernant la qualité des céréales, le poids spécifique du grain a été impacté, en particulier pour les orges. Les taux de protéines sont restés dans la moyenne alors qu’on aurait pu les espérer nettement supérieurs au vu des faibles rendements. Les rendements en blé tendre d'hiver ont à peine dépassé les 20 q/ha contre près de 30 q sur la moyenne 2014-2023. la différence était encore plus flagrante sur les orges de printemps avec un rendement 2024 de 12 q/ha contre une moyenne de 24 q sur la période 2014-2023. L’année 2025 avait nettement mieux débuté. Les semis d’automne comme de printemps ont, dans l’ensemble, bénéficié de bonnes conditions. La période sèche de mars a permis la préparation des sols et la poursuite des semis ainsi que des passages de désherbage mécanique. Cependant, cette sécheresse qui s’est prolongée tout le printemps a pu avoir un impact, surtout dans les zones à moindre potentiel. Malgré la canicule de juin, les cultures d’été ont bénéficié de bonnes conditions avec des pluies régulières dans de nombreux secteurs. Au bilan, malgré tout, les résultats économiques en 2024 se sont encore dégradés pour la troisième année consécutive.