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Section départementale des Anciens exploitants de la FDSEA 58

Dernière assemblée générale sous la présidence de Jean Monais

C'€™est avec une pointe d'€™émotion que Jean Monais a lu son discours, pour la dernière fois, lors de l'€™AG des Anciens exploitants de la FDSEA58 qui s'€™est tenue mardi à Pouilly-sur-Loire. L'€™ancien agriculteur de Beaulieu a présidé aux destinées de la section depuis 9 ans. Il continuera de s'€™intéresser de près au sujet des retraites agricoles.
Par Emmanuel Coulombeix
Dernière assemblée générale sous la présidence de Jean Monais
Près de 150 anciens exploitants se sont retrouvés mardi à Pouilly-sur-Loire pour leur AG annuelle.
Cent cinquante adhérent(e)s se sont retrouvés à Pouilly-sur-Loire, mardi, pour la dernière AG des Anciens présidée par Jean Monais. Quelques responsables professionnels avaient tenu à participer à cet événement, au premier rang desquels figuraient Jean-Pierre Condamine, président de la FDSEA58, Dominique Bossong, président de la MSA Bourgogne, Bernrard Révol, responsable à Groupama Rhône-Alpes Auvergne et Paul Billonet, secrétaire adjoint de la SNAE et président de la SRAE Bourgogne Franche-Comté. Tous ont rendu hommage à la gentillesse et à la ténacité du président Monais, qui présidait la section de la Nièvre depuis 2004. Si l'€™ancien agriculteur de Beaulieu laisse la présidence, il continuera à porter un regard aigu sur le sujet des retraites agricoles, sujet dont il a fait son cheval de bataille et qu'€™il continuera de porter, avec ses amis de la SDAE, dans le département. Ne serait-ce que parce que Jean Monais éprouve le sentiment «qu'€™on se moque de nous. Il faudrait au moins que François Hollande tienne ses promesses de candidat. Il a étalé ses engagements sur les cinq ans de son mandat mais dans cinq ans, combien serons-nous encore en vie?» s'€™interroge-t-il. Et d'€™enfoncer le clou: «on enregistre 50 000 décès par an. Nous serons
250 000 de moins en 2017 et comment aurons-nous survécu ?» D'€™ailleurs, l'€™ancien responsable constate amèrement que «les politiques nous écoutent mais ne nous entendent pas. Les parlementaires nous ont reçu cette année mais ils n'€™ont fait que des promesses et rien de concret. On se moque de nous. Pour preuve, il n'€™y a aucun élu ici aujourd'€™hui». Jean Monais déplore aussi les idées reçues qui circulent sur le compte des Anciens. Avec Paul Billonet, il évoque cette récrimination de Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, qui leur a récemment «reproché d'€™avoir quelques hectares de terres. Mais nous ne les avons pas volés. J'€™appartiens à une génération qui s'€™est endettée et qui n'€™a connu que les emprunts pour se constituer un capital. Aujourd'€™hui, je préférerais posséder un simple pavillon et une bonne retraite» insiste-t-il. Tout comme les milliers d'€™agriculteurs qui touchent en moyenne 715 euros par mois, soit moins que le seuil de pauvreté, établi en France à 787 euros.

Bilan et satisfactions
Jean Monais n'€™en oublie pas de tirer un bilan de ses années de présidence et d'€™adresser un conseil aux actifs et aux plus jeunes. «Ils devraient accepter une hausse de leurs cotisations. Il vaut mieux verser 700-800 euros par mois pendant 20 ans que de vouloir se créer un capital qui rapporte de moins en moins. Depuis 21 ans que je suis en retraite, les intérêts de mon capital ont fondu de 14% à 2%». Et l'€™ex-président reconnaît une déception: «j'€™aurais aimé que l'€™on obtienne une meilleure retraite. On s'€™est battu pour çà mais nous n'€™avons souvent obtenu que des miettes, des petites avancées gagnées d'€™années en années mais c'€™est long». Et de regretter qu'€™aujourd'€™hui, «en agriculture, on nous pousse vers l'€™individualisme. Notre génération, après la guerre, s'€™était retroussée les manches. Alors que d'€™un côté nous faisions passer nos rendements de 35 quintaux à 65 quintaux, de l'€™autre nous créions des structures collectives, des Cuma et nous prenions les conseils phytosanitaires et de conduite agricole de la chambre d'€™agriculture collectivement. Aujourd'€™hui, c'€™est trop chacun pour soi et -résultat- on nous reproche de trop produire». Si sur le fond, Jean Monais aurait aimé faire mieux, il n'€™en a pas moins retenu de nombreuses satisfactions. Son militantisme «a été enrichissant et m'€™a fait connaître beaucoup de gens intéressants. Avec mon épouse, nous nous sommes fait beaucoup d'€™amis et çà je l'€™apprécie. Et puis au cours de ma présidence, j'€™ai été bien entouré et beaucoup aidé. Les deux directeurs de la FDSEA xque j'€™ai connus - Régis Amiotte et Stéphane Lafranchise- ont été formidables et ont assuré un secrétariat exceptionnel. Et puis les organisations professionnelles agricoles -MSA, Groupama, Crédit agricole- ont été de bons soutiens. Je crois que les Anciens, dans le département, ont une bonne côte» conclut Jean Monais. Charge à son prochain successeur, qui n'€™est pas encore désigné, de reprendre le flambeau avec la même jeunesse et le même allant. Et cette dose de sagesse qui, servie par un regard bleu perçant, savait toucher ses interlocuteurs. Sans détour.