Conférence agricoles et forestières
Défendre et valoriser toutes les agricultures bourguignonnes
Conférence régionale. La 5ème conférence régionale agricole s'est ouverte sur le thème des nouvelles pratiques Pour les soutenir et les encourager : des budgets, des aides et des exemples qui donnent à réfléchir. Et là aussi l'innovation reste le moteur d'un développement agricole «durable», sans exclure aucun type d'agriculture, conventionnelle ou bio, de proximité ou tournée vers les marchés extérieurs.
La 5ème conférence agricole réunie à l'initiative du Conseil régional, le 17 avril dernier, s'est voulue résolument constructive et partenariale. En insistant d'abord sur ce qui rassemble : une volonté commune de valorisation d'un potentiel agricole insuffisamment pris en compte sur les marchés et dans les circuits de distribution locaux , et une vision partagée d'une PAC qui, «sous prétexte de vouloir réparer les injustices d'hier en crée de nouvelles», selon la formule de François Patriat. Ce qui rassemble aussi, c'est le choix d'inscrire l'agriculture -toutes les agricultures bourguignonnes- dans une logique de développement durable et de développement économique, soutenue par la recherche et l'innovation.
Au moment où «la refonte des aides va impacter le paysage agricole français et donc bourguignon» François Patriat, président du Conseil régional, a rappelé les lignes de force de l'engagement de la Région pour développer «des agricultures durables, diversifiées et performantes, améliorer la qualité et la valorisation des produits, développer l'emploi et améliorer les conditions de travail».
[INTER]Pas d'agriculture sans innovation[inter]
Une ambition qui se chiffre à hauteur de 10 millions d'euros (7,98 M€ pour l'agriculture - 2,02 M€ pour la forêt) sous formes d'aides ou d'incitations directes. Mais un chiffre qui reste, selon Jacques Rebillard, vice-président en charge des dossiers agricoles, «mesuré». Les politiques régionales doivent donc prioritairement avoir un effet de levier et d'entraînement. «L'amélioration des système agricoles, qu'ils soient de proximité ou tournés vers les grands marchés, répond à un voeu collectif» a souligné Dominique Chambrette, président de la Chambre régionale d'agriculture. Il est clair pour lui qu'il ne peut pas y avoir «d'agriculture sans innovation et que les collectivités territoriales ne peuvent pas à elles seules pallier les insuffisances et les carences du système». Ces politiques, essentiellement tournées vers «l'accompagnement des exploitations», doivent donner l'élan nécessaire pour relever tous les défis auxquels l'agriculture se trouve aujourd'hui confrontée. Des défis sur les plans alimentaire, énergétique, environnementale, qualitatif, territorial... «Qui doivent souvent être relevés en même temps». Ce qui augmente nettement le niveau de complexité des solutions à trouver.
Il n'y a plus aujourd'hui un modèle de développement mais des modèles qui co-existent et d'autres encore à inventer... Cette certitude (et c'est bien la seule que l'on peut avoir) a conduit à illustrer le thème de la conférence régionale agricole «Vers de nouvelles pratiques agricoles et forestières» par une table ronde intitulée «Oser des pratiques innovantes». Les exemples choisies comme les orientations exprimées ont pu sembler à quelques participants à la conférence «un peu extrêmes». C'est un choix délibéré, assumé par le Conseil régional «en fonction des interrogations et des attentes d'une société soucieuse de pratiques plus acceptables».
[INTER]Pas de modèle unique[inter]
Mais pas question en Bourgogne d'imposer un modèle unique, chacun doit trouver sa voie en fonction des potentiels et des sols, l'exercice de la table ronde n'avait pas d'autre ambition que «de donner à réfléchir en ouvrant le débat sur certaines pratiques agricoles, qui ne sont bien souvent que des adaptations de techniques ancestrales, plutôt que de véritables innovations» a conclu Jacques Rebillard. Les innovations réclament elles des partenariats et un dialogue constant entre la recherche, les politiques et les professionnels, car les modèles ne font pas tout. Leur efficacité et leur pertinence s'évaluent d'abord à l'épreuve du terrain. Et pour oser des pratiques innovantes il faut déjà faire preuve de pas mal d'optimisme et encore plus de patience, car c'est un travail de longue haleine que cette adaptation des pratiques actuelles à de nouveaux modes d'intervention et à de nouveaux outils.
[G][INTER]Huit témoins en quête de solutions durables[inter][g]
Les huit invités à participer à la table ronde sur le thème «oser des pratiques innovantes» qu'ils soient céréalier, éleveur, maraîcher, viticultrice, forestiers ou chercheur... n'ont pas voulu s'ériger en exemple, mais seulement apporter leur pierre à l'édifice de la réflexion commune. Les agriculteurs présents ont ainsi retracé le parcours individuel ou familial qui les a conduits à opter pour des pratiques non conventionnelles où à faire évoluer leur métier.
Nicolas Bounon, céréalier en conversion agriculture biologique dans l'Yonne, à Vermenton, a replacé sa conversion dans la perspective d'une «évolution naturelle» de la ferme familiale qui «est passée par tous les stades», du conventionnel à l'agriculture raisonné. Jusqu'à ce que le jeune agriculteur intègre «la nécessité en soi» d'aller au bout de la logique en finalisant la conversion bio. Avec deux certitudes «quand on s'installe, c'est pour innover» et «l'intérêt du mode de culture biologique associé à une grande diversité de productions».
L'innovation pour Jean-François Ravault, éleveur de bovins viande AOC Bœuf de Charolles en Saône-et-Loire, ça a été «de passer du métier d'éleveur à celui de producteur de viande». Ce qui oblige à revenir aux fondamentaux de l'élevage : la nutrition et un «retour» à l'herbe d'une grande modernité.
Claire Naudin, viticultrice en Côte d'Or, connaît la situation inconfortable d'être pris entre deux feux, puisque son domaine est converti en partie seulement aux pratiques de la viticulture biologique. En dépit des difficultés et de deux années climatiques peu favorables, elle poursuit de front une production raisonnée et
une production bio. Son combat : faire lever les tabous «en acceptant une part d'expression de la maladie» et ouvrir le débat afin que «les nouvelles pratiques soient réellement prises en compte par les organismes officiels, que les références bougent et que les seuils évoluent et sortent des cadres établis».
Dans le domaine forestier c'est aussi «un questionnement permanent» que la gestion des incertitudes en fonction des évolutions du climat et l'adaptation à de nouvelles pratiques forestières. Olivier Pain (Société forestière de la caisse des dépôts et consignations) s'y emploie quotidiennement. Tandis que Tristan Susse (Association bourguignonne des experts forestiers) parie sur «un fonctionnement de la forêt le plus naturel possible, qui s'appuie sur la diversité des essences, des classes d'âges, des diamètres... mais avec une exigence : privilégier la qualité».
Enfin, la recherche, représentée par Jacques Canelli de l'Inra, insiste sur le fait que «les modèles ne font pas tout». La recherche et l'innovation sont le fruit d'une co-construction avec tous les acteurs, pour aboutir aux meilleures combinaisons, validées par les professionnels sur le terrain.
Hors de la région les exemples innovants sont nombreux aussi. Témoins, Serge Patrick Audollent, maraîcher en AMAP dans l'Ain et André-Marie Rochard, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire. Pour l'un comme pour l'autre, ces choix personnels ont abouti «à la conquête d'une plus grande autonomie». Avec à la clé un bilan positif, à la fois sur le plan personnel et professionnel.
Au moment où «la refonte des aides va impacter le paysage agricole français et donc bourguignon» François Patriat, président du Conseil régional, a rappelé les lignes de force de l'engagement de la Région pour développer «des agricultures durables, diversifiées et performantes, améliorer la qualité et la valorisation des produits, développer l'emploi et améliorer les conditions de travail».
[INTER]Pas d'agriculture sans innovation[inter]
Une ambition qui se chiffre à hauteur de 10 millions d'euros (7,98 M€ pour l'agriculture - 2,02 M€ pour la forêt) sous formes d'aides ou d'incitations directes. Mais un chiffre qui reste, selon Jacques Rebillard, vice-président en charge des dossiers agricoles, «mesuré». Les politiques régionales doivent donc prioritairement avoir un effet de levier et d'entraînement. «L'amélioration des système agricoles, qu'ils soient de proximité ou tournés vers les grands marchés, répond à un voeu collectif» a souligné Dominique Chambrette, président de la Chambre régionale d'agriculture. Il est clair pour lui qu'il ne peut pas y avoir «d'agriculture sans innovation et que les collectivités territoriales ne peuvent pas à elles seules pallier les insuffisances et les carences du système». Ces politiques, essentiellement tournées vers «l'accompagnement des exploitations», doivent donner l'élan nécessaire pour relever tous les défis auxquels l'agriculture se trouve aujourd'hui confrontée. Des défis sur les plans alimentaire, énergétique, environnementale, qualitatif, territorial... «Qui doivent souvent être relevés en même temps». Ce qui augmente nettement le niveau de complexité des solutions à trouver.
Il n'y a plus aujourd'hui un modèle de développement mais des modèles qui co-existent et d'autres encore à inventer... Cette certitude (et c'est bien la seule que l'on peut avoir) a conduit à illustrer le thème de la conférence régionale agricole «Vers de nouvelles pratiques agricoles et forestières» par une table ronde intitulée «Oser des pratiques innovantes». Les exemples choisies comme les orientations exprimées ont pu sembler à quelques participants à la conférence «un peu extrêmes». C'est un choix délibéré, assumé par le Conseil régional «en fonction des interrogations et des attentes d'une société soucieuse de pratiques plus acceptables».
[INTER]Pas de modèle unique[inter]
Mais pas question en Bourgogne d'imposer un modèle unique, chacun doit trouver sa voie en fonction des potentiels et des sols, l'exercice de la table ronde n'avait pas d'autre ambition que «de donner à réfléchir en ouvrant le débat sur certaines pratiques agricoles, qui ne sont bien souvent que des adaptations de techniques ancestrales, plutôt que de véritables innovations» a conclu Jacques Rebillard. Les innovations réclament elles des partenariats et un dialogue constant entre la recherche, les politiques et les professionnels, car les modèles ne font pas tout. Leur efficacité et leur pertinence s'évaluent d'abord à l'épreuve du terrain. Et pour oser des pratiques innovantes il faut déjà faire preuve de pas mal d'optimisme et encore plus de patience, car c'est un travail de longue haleine que cette adaptation des pratiques actuelles à de nouveaux modes d'intervention et à de nouveaux outils.
[G][INTER]Huit témoins en quête de solutions durables[inter][g]
Les huit invités à participer à la table ronde sur le thème «oser des pratiques innovantes» qu'ils soient céréalier, éleveur, maraîcher, viticultrice, forestiers ou chercheur... n'ont pas voulu s'ériger en exemple, mais seulement apporter leur pierre à l'édifice de la réflexion commune. Les agriculteurs présents ont ainsi retracé le parcours individuel ou familial qui les a conduits à opter pour des pratiques non conventionnelles où à faire évoluer leur métier.
Nicolas Bounon, céréalier en conversion agriculture biologique dans l'Yonne, à Vermenton, a replacé sa conversion dans la perspective d'une «évolution naturelle» de la ferme familiale qui «est passée par tous les stades», du conventionnel à l'agriculture raisonné. Jusqu'à ce que le jeune agriculteur intègre «la nécessité en soi» d'aller au bout de la logique en finalisant la conversion bio. Avec deux certitudes «quand on s'installe, c'est pour innover» et «l'intérêt du mode de culture biologique associé à une grande diversité de productions».
L'innovation pour Jean-François Ravault, éleveur de bovins viande AOC Bœuf de Charolles en Saône-et-Loire, ça a été «de passer du métier d'éleveur à celui de producteur de viande». Ce qui oblige à revenir aux fondamentaux de l'élevage : la nutrition et un «retour» à l'herbe d'une grande modernité.
Claire Naudin, viticultrice en Côte d'Or, connaît la situation inconfortable d'être pris entre deux feux, puisque son domaine est converti en partie seulement aux pratiques de la viticulture biologique. En dépit des difficultés et de deux années climatiques peu favorables, elle poursuit de front une production raisonnée et
une production bio. Son combat : faire lever les tabous «en acceptant une part d'expression de la maladie» et ouvrir le débat afin que «les nouvelles pratiques soient réellement prises en compte par les organismes officiels, que les références bougent et que les seuils évoluent et sortent des cadres établis».
Dans le domaine forestier c'est aussi «un questionnement permanent» que la gestion des incertitudes en fonction des évolutions du climat et l'adaptation à de nouvelles pratiques forestières. Olivier Pain (Société forestière de la caisse des dépôts et consignations) s'y emploie quotidiennement. Tandis que Tristan Susse (Association bourguignonne des experts forestiers) parie sur «un fonctionnement de la forêt le plus naturel possible, qui s'appuie sur la diversité des essences, des classes d'âges, des diamètres... mais avec une exigence : privilégier la qualité».
Enfin, la recherche, représentée par Jacques Canelli de l'Inra, insiste sur le fait que «les modèles ne font pas tout». La recherche et l'innovation sont le fruit d'une co-construction avec tous les acteurs, pour aboutir aux meilleures combinaisons, validées par les professionnels sur le terrain.
Hors de la région les exemples innovants sont nombreux aussi. Témoins, Serge Patrick Audollent, maraîcher en AMAP dans l'Ain et André-Marie Rochard, éleveur laitier dans le Maine-et-Loire. Pour l'un comme pour l'autre, ces choix personnels ont abouti «à la conquête d'une plus grande autonomie». Avec à la clé un bilan positif, à la fois sur le plan personnel et professionnel.