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Désherbage

De nouvelles pistes pour le désherbage électrique

La technologie de désherbage électrique développée par le constructeur néerlandais Andela a récemment fait l'objet d'une démonstration en Haute-Saône. Testée dans une parcelle de soja, cette solution sans herbicide mise sur une destruction systémique des adventices grâce à un courant de très haute tension.

Par Alexandre Coronel
De nouvelles pistes pour le désherbage électrique
La machine en action : les peignes de métal souple épousent la surface du sol et établissent un circuit électrique avec la partie aérienne des plantes présentes, dont les racines sont exposées au champ électrique par un disque sous haute tension.

Face à la réduction des solutions chimiques disponibles et à l’apparition de résistances chez certaines adventices, les techniques alternatives suscitent l'intérêt. La société Stecomat, importatrice des désherbeurs électriques Andela, a récemment effectué une démonstration de son matériel à Pesmes, en Haute-Saône. Elle s’est déroulée dans une parcelle de soja au stade trois feuilles. L’outil agit sur les adventices présentes dans l’inter-rang. Traversée par un courant pouvant atteindre 10 000 volts, la plante voit ses tissus végétaux rapidement détruits. Le principe repose sur l’échauffement des cellules provoqué par le passage de l’électricité à travers l’ensemble de la plante. L’action ne se limite pas aux parties aériennes mais atteint également le système racinaire. C’est un désherbage électrique « systémique ». Quelques minutes après le passage de l’appareil, les participants pouvaient observer une perte de turgescence et un début de flétrissement des adventices touchées. Les échanges ont porté sur l’efficacité de la technique face aux adventices les plus difficiles à maîtriser. Pour Émeric Courbet, conseiller grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône « l’effet observé sur les prêles, les graminées ou sur le liseron ou le chardon est intéressant ». Ces espèces figurent parmi les plus compliquées à gérer dans certaines rotations lorsque les possibilités de désherbage chimique se réduisent.

Structuration du sol préservée

Le constructeur met en avant l’absence de travail du sol. La méthode ne perturbe pas la structure du terrain et limiterait les risques de repiquage ou de multiplication de certaines adventices vivaces. Les participants ont interrogé le démonstrateur sur les conséquences pour la pédofaune. Andela affirme que l’action du courant reste concentrée sur les végétaux ciblés et n’affecte pas la vie biologique souterraine. Les besoins en puissance varient de 120 à 170 chevaux selon les configurations. La machine embarque une génératrice de 180 kW alimentée par la prise de force du tracteur. La vitesse de travail se situe entre 2 et 6 km/h, selon la densité de végétation et les conditions d’intervention, avec des largeurs allant d’1 à 12 mètres, avec des adaptations possibles pour les cultures en lignes, les cultures sarclées ou les pommes de terre. Reste la question économique. Avec un prix d’entrée de 119 000 euros, l’investissement est conséquent. Ses promoteurs estiment que cette technologie pourrait trouver sa place dans les exploitations confrontées à de fortes contraintes réglementaires, notamment en zones de captage d’eau potables, ou pour un usage partagé entre agriculteurs réalisant des cultures à forte valeur ajoutée pour lesquelles un désherbage soigné s’impose. Encore émergente, la technique devra confirmer ses performances dans la durée et dans différents contextes culturaux.