Formation Certiphyto
De la contrainte à l'utile
Une centaine de stagiaires ont été formés en 2012, par la Chambre d'agriculture de la Nièvre, dans le cadre de la préparation du Certiphyto. Ce document, qui sera obligatoire en octobre 2014, est la garantie d'un bon usage des produits phyto-sanitaires par les agriculteurs. Marie-Luce Soudière, l'animatrice de la Chambre, a prévu une trentaine de dates nouvelles en 2013 mais elle peut aussi en prévoir d'autres pour des groupes volontaires (12 stagiaires minimum) dans telle ou telle commune du département.
Le Certiphyto, c'est une obligation à laquelle se soumettent parfois les agriculteurs nivernais à reculons. Mais, une fois le stage passé, les avis sont unanimes: [I]«c'est utile, même si tout le contenu n'est pas forcément entièrement pertinent pour tel ou tel, en fonction de sa propre situation personnelle. De toute façon, cela permet un échange entre professionnels qui osent dépasser leurs freins psychologiques et qui discutent entre eux»[i] s'enthousiasme Marie-Luce Soudière, la conseillère spécialisée de la Chambre d'agriculture qui organise les formations Certiphyto. L'an dernier, elle a eu sous sa responsabilité une centaine d'agriculteurs nivernais, durant des stages de deux jours comportant quatre modules: [I]«les risques pour la santé, les risques pour l'environnement, la réglementation et les techniques culturales alternatives»[i]. Au total, près de 40% des agriculteurs du département ont déjà obtenu leurs certificats.
[INTER]«Mieux se protéger»[inter]
Comme près de 80% des stagiaires, c'est surtout apprendre à mieux protéger sa santé qu'a apprécié Pascal Boucomont, polyculteur-éleveur à Chantenay-Saint-Imbert, lors d'une des dernières session à l'antenne de Decize. Ne tarissant pas d'éloge sur «les grandes qualités pédagogiques et d'animation de la conseillère», l'exploitant a aussi apprécié que le stage lui ait permis [I]«de réfléchir sur la prévention»[i]. Puis d'en tirer des conclusions. [I]«Aussitôt après, je me suis équipé de gants en nitrile et de masques et puis cela a changé ma façon de travailler»[i] assure-t-il.
[I]«Cela éveille, cela allume des lumières et, d'une obligation, on fait quelque chose d'utile même si, dans mon cas personnel, moi qui ne fait que très peu de céréales et qui ne suis pas chimiste, les contrôles techniques sur les pulvérisateurs, çà me dépasse un peu»[i] modère-t-il. Pascal Boucomont mesure tout de même le chemin parcouru et se montre très sensibilisé: [I]«On voit des gens malades, des cancers partout. Moi, quand j'ai commencé à 18 ans, je mélangeais à la main l'Herbalt S, un désherbant en poudre dont on faisait de la bouillie. C'est essentiel de mieux se protéger»[i]. Le Certiphyto peut y contribuer.
[INTER]«Tout le monde ne peut pas suivre»[inter]
Cultivateur près de Clamecy, où il a reçu la formation Certiphyto, Philippe Leroy ne nie pas non plus tout l'intérêt qu'il a éprouvé à suivre les enseignements de la Chambre, ne serait-ce que [I]«par le fait de causer entre collègues»[i], mais il nuance un peu le propos: [I]«Moi, j'ai trouvé que c'était utile mais mes voisins, non. Bien sûr, on apprend beaucoup mais si on les écoute, çà peut revenir très cher. C'est évidemment essentiel de se mettre à jour et en conformité avec la réglementation mais tout le monde ne peut pas suivre. Les mises aux normes, les aires de lavage des pulvérisateurs, les bacs de rétention... sont des investissements lourds, surtout avec l'augmentation du prix des pulvérisateurs, et c'est toujours à notre charge. Il y en a marre de tous ces ajouts à la réglementation. Peut-être qu'on paie les excès de certains mais la France va parfois bien plus loin que ce que réclame l'Europe. Nous en sommes au même point que l'élevage»[i] s'indigne-t-il. Et une obligation, en particulier, l'a choqué: [I]«on nous impose de passer des buses anti-dérives le long des cours d'eau mais ce serait bien mieux de traîter quand il n'y a pas de vent, tout simplement»[i]. Et de conclure, pragmatique: [I]«Cela, ce n'est pas le Certiphyto qui nous l'apprendra. Une formation ne changera jamais les gens et ne remplacera jamais le bon sens»[i]! Aussi important soit-il, l'exercice Certiphyto connaît aussi ses limites. Reste que la prise de conscience, elle, n'a pas de prix.
[INTER]«Mieux se protéger»[inter]
Comme près de 80% des stagiaires, c'est surtout apprendre à mieux protéger sa santé qu'a apprécié Pascal Boucomont, polyculteur-éleveur à Chantenay-Saint-Imbert, lors d'une des dernières session à l'antenne de Decize. Ne tarissant pas d'éloge sur «les grandes qualités pédagogiques et d'animation de la conseillère», l'exploitant a aussi apprécié que le stage lui ait permis [I]«de réfléchir sur la prévention»[i]. Puis d'en tirer des conclusions. [I]«Aussitôt après, je me suis équipé de gants en nitrile et de masques et puis cela a changé ma façon de travailler»[i] assure-t-il.
[I]«Cela éveille, cela allume des lumières et, d'une obligation, on fait quelque chose d'utile même si, dans mon cas personnel, moi qui ne fait que très peu de céréales et qui ne suis pas chimiste, les contrôles techniques sur les pulvérisateurs, çà me dépasse un peu»[i] modère-t-il. Pascal Boucomont mesure tout de même le chemin parcouru et se montre très sensibilisé: [I]«On voit des gens malades, des cancers partout. Moi, quand j'ai commencé à 18 ans, je mélangeais à la main l'Herbalt S, un désherbant en poudre dont on faisait de la bouillie. C'est essentiel de mieux se protéger»[i]. Le Certiphyto peut y contribuer.
[INTER]«Tout le monde ne peut pas suivre»[inter]
Cultivateur près de Clamecy, où il a reçu la formation Certiphyto, Philippe Leroy ne nie pas non plus tout l'intérêt qu'il a éprouvé à suivre les enseignements de la Chambre, ne serait-ce que [I]«par le fait de causer entre collègues»[i], mais il nuance un peu le propos: [I]«Moi, j'ai trouvé que c'était utile mais mes voisins, non. Bien sûr, on apprend beaucoup mais si on les écoute, çà peut revenir très cher. C'est évidemment essentiel de se mettre à jour et en conformité avec la réglementation mais tout le monde ne peut pas suivre. Les mises aux normes, les aires de lavage des pulvérisateurs, les bacs de rétention... sont des investissements lourds, surtout avec l'augmentation du prix des pulvérisateurs, et c'est toujours à notre charge. Il y en a marre de tous ces ajouts à la réglementation. Peut-être qu'on paie les excès de certains mais la France va parfois bien plus loin que ce que réclame l'Europe. Nous en sommes au même point que l'élevage»[i] s'indigne-t-il. Et une obligation, en particulier, l'a choqué: [I]«on nous impose de passer des buses anti-dérives le long des cours d'eau mais ce serait bien mieux de traîter quand il n'y a pas de vent, tout simplement»[i]. Et de conclure, pragmatique: [I]«Cela, ce n'est pas le Certiphyto qui nous l'apprendra. Une formation ne changera jamais les gens et ne remplacera jamais le bon sens»[i]! Aussi important soit-il, l'exercice Certiphyto connaît aussi ses limites. Reste que la prise de conscience, elle, n'a pas de prix.
Les dates du 1er trimestre
La Chambre d'agriculture a prévu une trentaine de dates de formations au Certiphyto d'ici la fin 2013. Ci-dessous, les rendez-vous prévus au premier trimestre:
- Lundi 28 janvier à Clamecy
- Jeudi 14 février à Nevers
- Mardi 19 février à Nevers (Certiphyto maraîchage)
- Jeudi 7 mars à Corbigny
- Mardi 19 mars à Decize
- Mardi 26 mars à Moulins-Engilbert